CONTENTS
- 1. Qu’est-ce que la « loi d’interdiction d’Ilbe » ?

- - Contexte du dépôt du projet
- 2. Quelles sont les principales dispositions de la « loi d’interdiction d’Ilbe » ?

- - Création de la notion de « contenus de moquerie ou de haine »
- - Instauration de sanctions pénales
- - Renforcement de la responsabilité des exploitants de plateformes
- - Ordres de suspension de l’exploitation et de fermeture
- 3. Comment la « loi d’interdiction d’Ilbe » entend-elle préserver l’équilibre avec la liberté d’expression ?

- - Mesures à envisager alors que l’examen du projet reste à venir
1. Qu’est-ce que la « loi d’interdiction d’Ilbe » ?
La « loi d’interdiction d’Ilbe » désigne le projet de révision de la Loi sur la promotion de l’utilisation des réseaux d’information et de communication et la protection des informations (Loi sur les réseaux d’information et de communication), déposé à titre principal le 4 juin 2026 par Lee Hoon-ki, député du Parti démocrate de Corée.
Ce surnom lui a été donné parce qu’il s’agit d’un texte destiné à réglementer les publications moqueuses ou haineuses et la culture des mèmes malveillants qui se propagent sur certaines communautés en ligne, telles qu’Ilgan Best Jeojangso (Ilbe).

Contexte du dépôt du projet
La diffusion répétée et malveillante, sur Internet, de propos insultants, moqueurs, dégradants ou tournant en dérision certaines personnes ou certains groupes, ainsi que les victimes de catastrophes nationales ou sociales et leurs familles, est devenue un problème de société.
Les propos moqueurs ou caricaturaux visant l’ancien président Roh Moo-hyun, ainsi que les propos dégradants dirigés contre les victimes du Mouvement démocratique du 18 mai (5·18) et leurs familles, figurent parmi les exemples fréquemment cités.
À cet égard, la Loi sur les réseaux d’information et de communication qualifie déjà d’informations illicites les contenus qui portent atteinte à la réputation d’autrui en révélant des faits véridiques ou mensongers.
En outre, la loi révisée entrée en vigueur le 7 juillet 2026 a également qualifié d’informations illicites les informations incitant à la violence ou à la discrimination ou suscitant la haine en raison notamment de la race, de la nationalité, de la région, du sexe, du handicap, de l’âge, du statut social, du niveau de revenus ou de la situation patrimoniale.

Il a toutefois été régulièrement souligné que ces dispositions existantes ne suffisaient pas à réglementer les propos insultants répétés ou les représentations collectives caricaturales qui ne comportent aucune allégation factuelle précise.
La « loi d’interdiction d’Ilbe » vise précisément à combler cette lacune.
2. Quelles sont les principales dispositions de la « loi d’interdiction d’Ilbe » ?
Les principales dispositions de ce projet de révision de la Loi sur les réseaux d’information et de communication, dit « loi d’interdiction d’Ilbe », peuvent être réparties en quatre catégories.

Création de la notion de « contenus de moquerie ou de haine »
Le projet introduit un nouveau concept, distinct des informations diffamatoires reposant sur l’allégation de faits : celui de « contenus de moquerie ou de haine ».
Il les définit en les répartissant en deux grandes catégories.
Définition des contenus de moquerie ou de haine
2. Contenus insultant, raillant, dénigrant, méprisant ou tournant en dérision les victimes d’événements nationaux ou sociaux définis par décret présidentiel, ainsi que leurs familles
Ces contenus ne sont reconnus comme des « contenus de moquerie ou de haine » que s’ils sont diffusés de manière répétée par l’intermédiaire d’un réseau d’information et de communication, selon une durée, une fréquence, une ampleur de diffusion et des modalités de publication définies par décret présidentiel, et portent gravement atteinte à la dignité humaine ou aux droits de la personnalité.
Afin de ne pas restreindre excessivement la liberté d’expression, le projet précise toutefois que les critiques, débats et reportages légitimes d’intérêt public, les activités universitaires ou artistiques, ainsi que la satire et la parodie, sont exclus de cette catégorie.
Un contenu ne relève donc pas de la réglementation au seul motif qu’il suscite un sentiment de malaise : les conditions tenant à son caractère répété et à la gravité de l’atteinte doivent également être réunies.
Instauration de sanctions pénales
Si ce projet de révision est adopté, des dispositions pénales s’appliqueront également aux personnes qui publient ou diffusent de manière répétée et malveillante des contenus de moquerie ou de haine.
Si l’infraction est reconnue, elles pourront être condamnées à une peine d’emprisonnement avec travail de 5 ans au plus ou à une amende pénale de 50 000 000 de wons sud-coréens au plus.
Renforcement de la responsabilité des exploitants de plateformes
Les fournisseurs de services d’information et de communication et les entreprises qui administrent ou exploitent des forums ne devront pas laisser sans intervention, sans motif légitime, des contenus de moquerie ou de haine dont ils savent qu’ils sont publiés ou diffusés de manière répétée. Ils devront, si nécessaire, prendre les mesures suivantes :
- Suppression des informations concernées ou blocage de leur accès
- Limitation de leur visibilité ou restriction de leur référencement et de leur recommandation
- Restriction de l’utilisation du compte des utilisateurs ayant publié ou diffusé ces informations de manière répétée
- Restriction de la monétisation, notamment par la publicité, le parrainage ou le partage de revenus
Si une entreprise n’exécute pas, sans motif légitime, ces mesures ou un ordre de la Commission des communications et des médias audiovisuels de la République de Corée, une sanction pécuniaire administrative de type gwajinggeum pouvant atteindre 3 sur 100 (3 %) du chiffre d’affaires concerné pourra lui être imposée.
Lorsque ce chiffre d’affaires est inexistant ou difficile à déterminer, le projet prévoit qu’une sanction pécuniaire administrative de type gwajinggeum pouvant atteindre 1 000 000 000 de wons sud-coréens pourra être imposée.
Il convient toutefois de relever que ces mesures et sanctions ne seront pas appliquées automatiquement.
Le projet prévoit également qu’elles devront être limitées au strict nécessaire, après une appréciation globale de la teneur des informations, des circonstances de leur diffusion, de l’ampleur du préjudice, de leur caractère répété, de leur rapport avec l’intérêt public et de leurs effets sur la liberté d’expression.
Ordres de suspension de l’exploitation et de fermeture
Lorsqu’une entreprise n’exécute pas de manière répétée et sans motif légitime les ordres de la Commission des communications et des médias audiovisuels, ou qu’elle laisse sciemment ou par faute lourde se diffuser des contenus de moquerie ou de haine causant un préjudice et des répercussions sociales considérables, il pourra être ordonné, pour une durée maximale de 6 mois, de suspendre tout ou partie de l’exploitation du forum ou du service d’information et de communication concerné.
En outre, si des manquements identiques ou similaires se répètent malgré l’ordre de suspension et qu’il est établi qu’il est manifestement difficile d’empêcher la propagation du préjudice au moyen des mesures antérieures ou de la seule suspension de l’exploitation, un ordre de fermeture pourra également être prononcé.
Les critères, la durée et la procédure applicables aux ordres de suspension et de fermeture devront toutefois être précisés ultérieurement par décret présidentiel.
3. Comment la « loi d’interdiction d’Ilbe » entend-elle préserver l’équilibre avec la liberté d’expression ?
La « loi d’interdiction d’Ilbe » soulève également la question de son articulation équilibrée avec la liberté d’expression, droit fondamental essentiel dans une société démocratique.
Le projet prévoit donc d’apprécier globalement l’ampleur du préjudice, le caractère répété des contenus, leur intérêt public, ainsi que l’objectif et les modalités de l’expression, afin de déterminer s’ils relèvent des contenus de moquerie ou de haine.
Il repose sur l’idée que, si la liberté d’expression constitue un droit important, elle ne saurait protéger sans limite les propos portant gravement atteinte à la réputation, aux droits de la personnalité et à la dignité humaine d’autrui.

Mesures à envisager alors que l’examen du projet reste à venir
La « loi d’interdiction d’Ilbe » n’en est encore qu’au stade de la proposition et ne sera définitivement adoptée qu’après son examen par l’Assemblée nationale de la République de Corée.
Les critères d’appréciation des informations à caractère moqueur ou haineux, ainsi que le niveau des sanctions, pourraient donc encore être ajustés au cours des débats.
Toutefois, si ce projet de loi était adopté, il pourrait élargir le champ des sanctions pénales applicables aux affaires d’injure, de diffamation ou d’infraction à la Loi sur les réseaux d’information et de communication commises en ligne.
En conséquence, lorsqu’une publication ou sa diffusion est susceptible de donner lieu à un litige juridique, il est prudent d’en faire préalablement examiner les implications par un professionnel du droit.
Par ailleurs, les exploitants de plateformes doivent dès à présent vérifier leurs systèmes de surveillance ainsi que leurs procédures de signalement et de suppression, et mettre à jour leurs politiques internes.
Étant donné que des critères d’appréciation détaillés doivent être fixés par décret présidentiel après l’entrée en vigueur de la loi, il est recommandé de suivre en permanence les évolutions en la matière et de préparer à l’avance les mesures appropriées.
Le dispositif d’accompagnement du Cabinet d'avocats Daeryun
Au sein de Daeryun, 9e cabinet d’avocats de la République de Corée selon les déclarations de TVA déposées auprès du Service national des impôts coréen pour l’année 25, les avocats chargés des consultations assurent le 1er entretien avec les clients afin d’identifier et de classer précisément le domaine de spécialisation dont relève l’affaire.
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