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Analyses de cas / Actualités juridiques

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Loi sur la répression des accidents graves | Analyse de la décision condamnant un employeur à une peine ferme de 2 ans d’emprisonnement avec travail pour infraction à cette loi

Au cours de la deuxième année d’application de la Loi sur la répression des accidents graves de la République de Corée, la peine la plus lourde a été prononcée dans la 15e décision rendue sur ce fondement.

Le représentant légal d’une société ayant enfreint cette loi a été condamné à une peine ferme de 2 ans d’emprisonnement avec travail.(tribunal de district d’Ulsan de la République de Corée, jugement rendu le 2024.4.4., affaire 2022고단4497)

Nous examinerons les principaux éléments et les enseignements des décisions ayant prononcé une peine ferme, ainsi que les facteurs pris en compte pour déterminer la peine.

CONTENTS
  • 1. Loi sur la répression des accidents graves, quels enseignements tirer des décisions prononçant une peine ferme ?
    • - Loi sur la répression des accidents graves, 2e décision confirmée par la Cour suprême
    • - Décision no 15 ayant récemment prononcé une peine ferme
  • 2. Loi sur la répression des accidents graves, quels sont les principaux facteurs de détermination de la peine ?
  • 3. La probabilité de peines d’emprisonnement avec travail contre les employeurs augmentera-t-elle ? Perspectives des prochaines décisions
    • - Loi sur la répression des accidents graves, stratégie de Daeryun

1. Loi sur la répression des accidents graves, quels enseignements tirer des décisions prononçant une peine ferme ?

La décision rendue le 4 avril constitue la 15e décision en la matière et prononce la peine la plus lourde à ce jour.

La première décision ayant prononcé une peine ferme, rendue en décembre 2023, était la 2e décision, confirmée par la Cour suprême de la République de Corée (arrêt du 2023.12.28., affaire 2023도12316).

Compte tenu du nombre encore limité de précédents concernant les infractions à la Loi sur la répression des accidents graves et de l’absence de lignes directrices judiciaires établies pour la détermination de la peine, chacune de ces décisions et de celles qui seront rendues ultérieurement devrait exercer une influence importante sur l’appréciation de la culpabilité et la détermination de la peine dans les affaires suivantes.

Loi sur la répression des accidents graves, 2e décision confirmée par la Cour suprême

La 2e décision fondée sur la Loi sur la répression des accidents graves et confirmée par la Cour suprême concernait le décès d’un salarié d’un prestataire auquel une société avait sous-traité la maintenance d’équipements dans une aciérie, après que ce salarié eut heurté un écran thermique.

Le représentant légal de la société, poursuivi pour infraction à la Loi sur la répression des accidents graves ayant entraîné un décès lié au travail, infraction à la Loi sur la sécurité et la santé au travail et homicide par imprudence professionnelle, a été condamné à une peine ferme de 1 an d’emprisonnement avec travail et placé en détention à l’audience. La société, poursuivie pour les deux premières infractions, a également été condamnée à une amende pénale de 100 millions de wons sud-coréens.

Décision no 15 ayant récemment prononcé une peine ferme

Dans la 15e décision, le tribunal a accordé une importance particulière au fait que le représentant légal n’avait pas pris les mesures nécessaires, notamment pour éliminer les facteurs de danger et de risque.

Il a également relevé l’absence de critères permettant d’évaluer si les responsables de la gestion de la sécurité et de la santé, entre autres, accomplissaient correctement leurs missions, l’absence de manuel destiné à faire face à un risque imminent d’accident grave et l’absence des mesures nécessaires à l’exécution des obligations prévues par la législation relative à la sécurité et à la santé, notamment la Loi sur la sécurité et la santé au travail. Sur ces fondements, le tribunal a retenu l’infraction à la Loi sur la répression des accidents graves ayant entraîné un décès lié au travail, a prononcé une peine ferme de 2 ans d’emprisonnement avec travail et a condamné la société à une amende pénale de 150 millions de wons sud-coréens.

2. Loi sur la répression des accidents graves, quels sont les principaux facteurs de détermination de la peine ?

La formation de jugement a considéré comme un facteur important pour la détermination de la peine le fait que les défauts de l’équipement étaient restés sans correction après les inspections de sécurité et que la formation à la sécurité était insuffisante. Bien que plusieurs inspections aient signalé les défauts de l’équipement ou les risques d’accident, aucune mesure d’amélioration particulière n’avait été prise. Les salariés n’avaient pas non plus été informés des dangers de l’équipement, et l’accident mortel s’était produit alors que celui-ci avait perdu sa fonction de protection.

Le tribunal a estimé que, même si un accord avait été rapidement conclu avec la famille endeuillée après l’accident et que des mesures correctives avaient été prises, ces circonstances ne permettaient pas de prononcer un sursis à l’exécution de la peine.

Cette décision est particulièrement importante en ce qu’elle indique que lorsqu’une société laisse subsister des facteurs de danger et de risque qu’elle a identifiés, sans prendre les mesures nécessaires pour les éliminer préalablement, et qu’un accident en résulte, cette omission peut constituer un facteur défavorable dans la détermination de la peine et conduire au prononcé d’une peine ferme contre son représentant.

Dans la 2e décision confirmée par la Cour suprême, celle-ci a notamment jugé qu’il semblait exister un problème structurel menaçant le droit à la sécurité du travailleur concerné.

Elle a souligné que si des accidents similaires s’étaient déjà produits durant le mandat du représentant de la société ou si, même en l’absence d’accident, de nombreuses violations de l’obligation de prendre des mesures de sécurité avaient été constatées lors de contrôles des autorités compétentes, la probabilité que ce représentant fasse l’objet d’une peine lourde serait relativement plus élevée. Il importe donc de vérifier que les mesures de sécurité prévues par la Loi sur la sécurité et la santé au travail sont correctement appliquées sur les lieux de travail et de remédier rapidement à toute insuffisance.

Les employeurs doivent mettre en place un dispositif leur permettant de corriger de manière préventive les insuffisances signalées à la suite d’inspections de sécurité ou de contrôles du travail, puis de vérifier en permanence que les améliorations ont été réalisées et qu’elles demeurent effectives.

3. La probabilité de peines d’emprisonnement avec travail contre les employeurs augmentera-t-elle ? Perspectives des prochaines décisions

Dans l’ensemble des affaires nos 1 à 15, le parquet a requis une peine d’emprisonnement avec travail et les juridictions ont prononcé une telle peine. Il paraît donc probable que les dirigeants responsables de la gestion continueront d’être condamnés à une peine d’emprisonnement avec travail plutôt qu’à une amende pénale.

Le nombre d’accidents du travail antérieurs, en particulier ceux ayant entraîné un décès, ainsi que l’existence d’antécédents pour des faits similaires résultant d’un manquement aux obligations de sécurité prévues par la Loi sur la sécurité et la santé au travail devraient notamment constituer des facteurs importants pour la détermination de la peine. Il convient donc de garder à l’esprit que le prononcé d’une peine ferme ne peut être exclu.

Dans la 2e affaire, entre autres, le tribunal s’est fondé sur un lien de causalité dit « à plusieurs niveaux », reliant le manquement aux obligations de protection de la sécurité et de la santé imposées par la Loi sur la répression des accidents graves à celui concernant l’exécution des mesures de sécurité prévues par la Loi sur la sécurité et la santé au travail.

S’agissant toutefois du nombre et du concours des infractions, le parquet soutenait que l’infraction à la Loi sur la répression des accidents graves, l’infraction à la Loi sur la sécurité et la santé au travail et l’homicide par imprudence professionnelle résultaient d’actes distincts ne présentant pas d’identité entre eux et constituaient donc un concours réel d’infractions. Le tribunal a néanmoins considéré qu’elles relevaient toutes d’un concours formel d’infractions.

Cette interprétation judiciaire concernant le concours des infractions et le lien de causalité devrait se maintenir dans les décisions ultérieures.(la peine prévue par la loi est aggravée lorsqu’un concours réel d’infractions est retenu)


Loi sur la répression des accidents graves, stratégie de Daeryun

Il semble par ailleurs que les juridictions n’aient, dans l’ensemble, pas encore rendu de décision détaillée sur la notion de dirigeant responsable de la gestion au sens de la Loi sur la répression des accidents graves ni sur l’interprétation de chacune des dispositions relatives aux obligations de garantir la sécurité et la santé prévues par cette loi.

Il conviendra d’observer attentivement les critères que les juridictions retiendront à cet égard dans les affaires futures. En outre, à l’exception de la décision rendue dans l’affaire no 2, les décisions concernées émanent de juridictions inférieures. Il faudra donc continuer à suivre l’orientation des décisions qui seront ultérieurement confirmées par la Cour suprême de la République de Corée.

Au sein de Cabinet d’avocats Daeryun, le pôle Droit du travail et Accidents du travail fournit des conseils juridiques sur les mesures à prendre par les entreprises pour se conformer à la Loi sur la répression des accidents graves, qui s’applique sans exception aux petites et moyennes entreprises comptant au moins 5 salariés. Il évalue également leurs systèmes de gestion de la sécurité et propose des mesures de gestion des risques.

Il propose également des stratégies de gestion de crise relatives aux sanctions susceptibles d’être infligées à l’employeur lorsqu’un accident grave survient dans une entreprise. Daeryun suit en permanence les évolutions relatives à la Loi sur la répression des accidents graves afin de proposer des mesures adaptées.

※ La Cour constitutionnelle de la République de Corée a récemment décidé de renvoyer devant sa formation plénière l’affaire (2024헌마287) portant sur une demande visant à faire constater l’inconstitutionnalité de l’article 3 et d’autres dispositions de la Loi sur la répression des accidents graves, introduite par la Fédération des petites et moyennes entreprises de Corée, d’autres organisations de PME, ainsi que des PME et de petits commerçants.
À compter du 27 janvier 2024, l’application de la Loi sur la répression des accidents graves a été étendue aux établissements comptant moins de 50 salariés. Les requérants soutiennent qu’en l’absence d’un lien de causalité clairement établi entre les causes d’un accident grave et la négligence du représentant de la société en matière de sécurité, cette loi pourrait conduire à sanctionner excessivement ce dernier et présenter ainsi un risque important d’inconstitutionnalité. Cette requête a été déposée devant la Cour constitutionnelle de la République de Corée le 1er avril 2024 par la Fédération des petites et moyennes entreprises de Corée, d’autres organisations de PME, ainsi que des dirigeants de PME comptant au moins 5 salariés permanents mais moins de 50, nouvellement assujetties à la loi depuis cette année.
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