Domaines de pratique

Stock-options

Les stock-options constituent un dispositif de rémunération couramment utilisé par les start-up et les entreprises de capital-risque pour recruter des talents clés et les fidéliser à long terme.

1. Stock-options | Définition

Dans un environnement d’entreprise où les rémunérations en numéraire sont limitées, les stock-options servent à motiver les dirigeants et salariés et à favoriser leur maintien à long terme dans l’entreprise en leur promettant une rémunération liée à la croissance future de celle-ci.

Juridiquement qualifiées de « droits d’option d’achat d’actions » par la Loi commerciale de la République de Corée, elles désignent un dispositif par lequel une société accorde notamment à ses dirigeants et salariés le droit d’acheter ses actions, après l’écoulement d’une période déterminée, à un prix fixé à l’avance.

Ce dispositif se distingue d’un transfert ordinaire d’actions en ce qu’il ne prévoit pas leur transfert immédiat, mais accorde une option permettant de les acquérir ultérieurement.

L’attribution de stock-options ne confère pas immédiatement la qualité d’actionnaire.

L’acquisition des actions n’intervient qu’après l’accomplissement de la durée minimale de présence prévue par la Loi commerciale, soit 2 ans à compter de la date d’attribution, et l’exercice du droit pendant la période prévue.

Ce processus exige le respect de procédures juridiques strictes, notamment l’adoption d’une résolution spéciale par l’assemblée générale des actionnaires, la mise en conformité des statuts et la rédaction d’une convention d’attribution.

Les stock-options dépassent ainsi le cadre d’un simple dispositif d’incitation. Comme elles ont une incidence directe sur la gouvernance de l’entreprise et les droits des actionnaires existants, leur mise en place nécessite un examen juridique préalable approfondi.

Différences avec les actions

Les stock-options et les actions sont toutes deux liées au capital d’une société, mais elles présentent des différences nettes quant à leur nature juridique et au moment où elles produisent leurs effets.

▶ Actions

L’émission ou le transfert d’actions confère immédiatement la qualité d’actionnaire et permet d’exercer sans délai les droits correspondants, notamment le droit de vote et le droit aux dividendes.

▶ Stock-options

Une stock-option n’est qu’un « droit » d’acquérir des actions.

Au stade de l’attribution, aucune action n’appartient encore au bénéficiaire. Celui-ci ne devient actionnaire qu’au moment de l’exercice de son droit, notamment par l’émission d’actions nouvelles.

Une stock-option se distingue donc d’une action déjà constituée en ce qu’elle représente un droit conditionnel fondé sur l’acquisition future d’actions.

En outre, les actions peuvent notamment être transférées ou transmises par succession, tandis que les stock-options sont en principe incessibles. Leurs conditions et leur période d’exercice sont strictement encadrées par la convention d’attribution et les dispositions légales.

En raison de ces différences, les stock-options sont considérées à la fois comme un moyen de rémunération et comme un dispositif juridique ayant une incidence sur la gouvernance de la société.

Avantages des stock-options

Les stock-options présentent les avantages suivants.


① Réduction de la charge de trésorerie

Les entreprises en phase de démarrage supportent inévitablement d’importantes charges de personnel.

Les stock-options permettent de concevoir une structure de rémunération sans augmenter les salaires et contribuent ainsi à limiter les sorties de trésorerie.

② Fidélisation à long terme et incitation à la performance

L’acquisition des actions n’est possible qu’après l’accomplissement d’une certaine durée de présence et le respect des conditions d’exercice.

Elles peuvent ainsi favoriser la participation et l’implication dans la croissance à moyen et long terme de l’entreprise, plutôt que la recherche de résultats à court terme.

③ Moyen de recruter des talents clés

Elles servent de structure de rémunération permettant aux talents recherchés de participer au potentiel de croissance de la société.

④ Élément susceptible d’être apprécié lors d’une levée de fonds

Les investisseurs peuvent les examiner sous l’angle de la gestion du capital humain et de la conception de la gouvernance.

Ces avantages ne présentent toutefois d’intérêt que si les conditions et procédures d’attribution prévues par la Loi commerciale sont respectées.

Des stock-options ne remplissant pas les conditions requises peuvent ultérieurement faire l’objet d’une contestation de leur validité ou d’un litige, ce qui rend indispensable un examen préalable.

2. Stock-options | Bénéficiaires admissibles

Les stock-options ne peuvent pas être librement attribuées à toute personne.

La Loi commerciale de la République de Corée et la législation coréenne relative aux entreprises de capital-risque limitent clairement les bénéficiaires et l’étendue des attributions afin d’éviter la dilution du capital et l’altération de la gouvernance résultant d’un recours abusif aux stock-options.

Les start-up reconnues comme entreprises de capital-risque sont notamment soumises à des critères moins stricts que les entreprises ordinaires, mais les attributions ne restent possibles que dans les limites fixées par la loi.

Il convient donc, avant de concevoir un dispositif de stock-options, de distinguer les bénéficiaires admissibles de ceux qui sont soumis à des restrictions.

Régime spécial d’attribution de stock-options aux entreprises de capital-risque

Lorsqu’une société est reconnue comme entreprise de capital-risque, elle peut attribuer des stock-options à une catégorie de bénéficiaires plus étendue que celle prévue pour les entreprises ordinaires par la Loi commerciale.

▶ Attribution aux dirigeants et salariés

ㆍ Administrateurs, dirigeants exécutifs et auditeurs statutaires
ㆍ Salariés de la société, y compris ceux employés à durée indéterminée ou déterminée

▶ Attribution à des experts externes

ㆍ Professionnels du conseil, notamment avocats, experts-comptables agréés, conseils coréens en brevets et conseillers fiscaux
ㆍ Chercheurs et organismes de recherche spécialisés
ㆍ Experts externes fournissant des conseils techniques ou de gestion

Ce régime spécial, réservé aux entreprises de capital-risque, vise à aider les start-up à recruter des talents clés et des professionnels spécialisés.

Pour une entreprise de capital-risque, le plafond d’attribution peut également être porté jusqu’à 50 % du nombre total d’actions émises.

Le relèvement de ce plafond ne signifie toutefois pas qu’aucune restriction ne s’applique en pratique.

▶ Restrictions après une levée de fonds

ㆍ Limitation, par la convention d’investissement, du plafond d’attribution à 10 % du nombre total d’actions émises

ㆍ Subordination fréquente de l’attribution de stock-options à l’accord préalable des investisseurs

Même une entreprise de capital-risque doit donc examiner les restrictions résultant de la convention d’investissement et du pacte d’actionnaires, faute de quoi le processus d’attribution peut donner lieu à un litige avec les investisseurs.

Personnes soumises à des restrictions d’attribution

Même au sein d’une entreprise de capital-risque, l’attribution est limitée à l’égard des personnes occupant certaines positions.

Les principales personnes soumises à ces restrictions sont les suivantes.

▷ Actionnaires principaux détenant au moins 10 pour 100 du nombre total d’actions émises
▷ Personnes exerçant de fait une influence sur les principales décisions de gestion de la société
▷ Personnes ayant des liens particuliers avec les personnes précitées, notamment leur conjoint ainsi que leurs ascendants et descendants en ligne directe

Ces restrictions visent à empêcher que les stock-options soient utilisées pour maintenir le contrôle de la société ou transférer indirectement des participations.

Les stock-options attribuées en violation de ces restrictions peuvent ultérieurement faire l’objet d’une contestation quant à leurs effets ou donner lieu à un litige. Une vigilance particulière est donc nécessaire.

Dilution du capital en cas d’attribution excessive de stock-options

Les stock-options constituent un moyen efficace de recruter des talents, mais une attribution excessive peut entraîner une dilution de la participation des actionnaires existants.

L’exercice des stock-options entraîne l’émission d’actions nouvelles ou le transfert d’actions, ce qui produit une incidence directe sur les droits des actionnaires existants.

Une attribution excessive peut notamment entraîner les problèmes suivants.

▶ Diminution du taux de participation des actionnaires existants

Si l’exercice des stock-options augmente le nombre d’actions émises, le taux de participation et les droits de vote des actionnaires existants peuvent diminuer.

▶ Instabilité de la structure de contrôle

L’exercice de stock-options par des dirigeants ou salariés clés, ou par un grand nombre de personnes, peut modifier la structure de prise de décision.

▶ Restrictions lors d’une levée de fonds

Les investisseurs en capital-risque (VC) considèrent souvent le taux d’attribution comme un élément important de leur examen. Ils peuvent limiter ce taux dans la convention d’investissement ou exiger leur accord préalable.

▶ Incidence sur la valorisation de l’entreprise

Un volume excessif de stock-options peut avoir une incidence défavorable sur la valorisation future de l’entreprise.

Il importe donc de concevoir les stock-options dans des limites tenant compte des futures levées de fonds et des modifications de la structure du capital.

L’attribution de stock-options sans examen global des bénéficiaires, du nombre d’options et de la date de leur exercice peut entraîner des litiges ou des risques de gestion.

3. Stock-options | Procédure d’attribution et conditions impératives

Les stock-options ne peuvent pas être attribuées sur le seul fondement d’un accord entre les parties.

Si les procédures et conditions prévues par la Loi commerciale de la République de Corée et la législation coréenne relative aux entreprises de capital-risque ne sont pas respectées, les stock-options elles-mêmes peuvent être déclarées invalides.

Il est donc important de respecter précisément les conditions de forme dès la conception du dispositif.

Adoption préalable de dispositions statutaires

Pour attribuer des stock-options, les statuts doivent impérativement comporter des dispositions constituant leur fondement.

Les statuts doivent comporter les éléments suivants.

▷ Possibilité d’attribuer des stock-options
▷ Catégories de bénéficiaires admissibles
▷ Catégories et nombre d’actions pouvant être attribuées
▷ Période d’exercice et principales conditions

Des stock-options attribuées en l’absence de dispositions statutaires les autorisant peuvent ultérieurement faire l’objet d’une contestation de leur validité ou d’un litige.

Résolution spéciale de l’assemblée générale des actionnaires

L’attribution de stock-options intervient en principe par une résolution spéciale de l’assemblée générale des actionnaires.

Contrairement à un contrat fixant la rémunération annuelle, l’attribution de stock-options ne peut pas être décidée unilatéralement par le représentant légal. Elle doit impérativement être soumise à l’assemblée générale des actionnaires et faire l’objet d’une résolution conforme à la procédure légale.

L’assemblée générale des actionnaires doit adopter une résolution précisant les éléments suivants.

▷ Bénéficiaires de l’attribution
▷ Nombre d’actions attribuées
▷ Prix d’exercice
▷ Période d’exercice
▷ Autres conditions principales

Une résolution spéciale, et non une résolution ordinaire, est requise, car les stock-options ont une incidence directe sur la participation et les droits de vote des actionnaires existants.

Pour que la résolution spéciale soit adoptée, elle doit recueillir l’approbation d’au moins 2/3 des droits de vote des actionnaires présents et, simultanément, celle d’au moins 1/3 du nombre total d’actions émises.

Rédaction de la convention d’attribution de stock-options

Après la résolution de l’assemblée générale des actionnaires, une convention individuelle d’attribution de stock-options doit être conclue avec chaque bénéficiaire.

Cette convention concrétise la teneur de la résolution de l’assemblée générale sous la forme d’une relation juridique effective. Elle sert de document de référence pour déterminer si les droits peuvent être exercés et dans quelle mesure.

Elle doit donc mentionner clairement les éléments essentiels suivants.

▷ Nombre et catégorie des actions attribuées
▷ Prix et modalités d’exercice
▷ Durée minimale de présence
▷ Période pendant laquelle l’exercice est possible
▷ Règles applicables en cas de départ ou de révocation

Les règles relatives au départ ou à la révocation constituent notamment l’une des principales sources de litiges concernant les stock-options. En l’absence de critères clairement définis à l’avance, elles peuvent donner lieu à une contestation portant sur l’existence même des droits.

La convention d’attribution ne doit donc pas être considérée comme une simple formalité, mais comme un dispositif essentiel de prévention des litiges juridiques.

4. Stock-options | Points d’attention

Selon la manière dont leur exercice est géré, les stock-options peuvent passer d’un dispositif de rémunération à une source de litiges.

En pratique, il convient de prêter une attention particulière aux éléments suivants.

▷ Réexamen des statuts et de la convention

Au moment de l’exercice, il faut vérifier que les statuts, la résolution de l’assemblée générale des actionnaires et la convention d’attribution concordent.

▷ Importance de la définition d’un calendrier d’acquisition progressive des droits

L’attribution de stock-options sans période d’attente peut être suivie d’un départ à court terme.

Après la durée légale minimale de présence de 2 ans, un calendrier d’acquisition progressive des droits (vesting) peut être conçu afin de permettre un exercice fractionné en fonction des performances.

▷ Prise en compte de la trésorerie et des conséquences comptables pour la société

Lorsqu’un salarié exerce ses stock-options, les fonds versés entrent dans la trésorerie de la société.

L’émission d’actions nouvelles peut toutefois soulever simultanément des questions comptables et fiscales.

Il convient donc d’examiner au préalable les flux financiers résultant de l’exercice ainsi que leurs conséquences comptables et fiscales.

▷ Vérification de la convention d’investissement et de la structure de sortie

Si l’exercice des stock-options augmente le nombre d’actions, le taux de participation des actionnaires existants peut diminuer.

Il convient notamment de vérifier si la convention d’investissement comporte des restrictions ou des clauses d’accord préalable.

Assistance juridique

Si les bénéficiaires, le nombre d’options et les conditions d’exercice ne sont pas clairement définis, les stock-options peuvent ultérieurement donner lieu à des litiges avec les dirigeants ou salariés, à des objections d’investisseurs ou à des contestations portant sur les droits lors d’un départ.

Pour les entreprises de capital-risque en particulier, l’application du régime spécial relatif aux stock-options n’écarte pas les risques juridiques si les dispositions statutaires, la résolution de l’assemblée générale des actionnaires et les restrictions prévues par la convention d’investissement ne sont pas examinées dans leur ensemble.

Notre cabinet fournit une assistance juridique axée sur la pratique et tenant compte de l’ensemble des activités de l’entreprise.

Il propose également des stratégies prenant en considération aussi bien la conception de la structure d’attribution que les éventuels litiges futurs.

Si votre situation nécessite un examen juridique concernant des stock-options, vous pouvez envisager de gérer préalablement les risques avec un avocat intervenant auprès des start-up.

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