CONTENTS
- 1. Indemnisation du préjudice moral en cas de divorce | Notion de droit à indemnisation

- - Demande d’indemnisation selon le mode de divorce
- - Possibilité de cession et de transmission successorale
- - Caractéristiques du droit à indemnisation du préjudice moral
- 2. Indemnisation du préjudice moral en cas de divorce | Personnes visées par la demande

- - Une indemnisation du préjudice moral peut-elle être demandée à un tiers ?
- - Une relation commencée après l’échec du mariage peut-elle donner lieu à une indemnisation du préjudice moral ?
- - Étendue des personnes pouvant être visées par la demande
- 3. Indemnisation du préjudice moral en cas de divorce | Critères de détermination et prescription extinctive

- - Facteurs de détermination du montant de l’indemnisation
- - Prescription extinctive du droit à indemnisation du préjudice moral
- 4. Indemnisation du préjudice moral en cas de divorce | Modalités de paiement et exécution forcée

- - Modalités de paiement de l’indemnisation du préjudice moral
- - Moyens d’obtenir l’exécution du paiement de l’indemnisation
- 5. Indemnisation du préjudice moral en cas de divorce | Fiscalité et traitement fiscal

- - Fiscalité applicable au bénéficiaire de l’indemnisation
- - Fiscalité applicable à la personne versant l’indemnisation
- 6. Indemnisation du préjudice moral en cas de divorce | Démarche structurée

- - Démarche applicable à une demande d’indemnisation du préjudice moral
1. Indemnisation du préjudice moral en cas de divorce | Notion de droit à indemnisation

Le divorce ne se limite pas à la dissolution du mariage : il peut également donner lieu à un litige visant à obtenir réparation du préjudice moral selon que la responsabilité de l’échec du mariage est établie ou non.
Lorsque le mariage a échoué en raison notamment d’une infidélité, de violences ou d’un abandon de la part du conjoint, une indemnisation du préjudice moral peut être demandée au conjoint responsable (articles 806 et 843 de la Loi civile de la République de Corée).
Demande d’indemnisation selon le mode de divorce
L’indemnisation du préjudice moral peut être demandée non seulement dans le cadre d’un divorce judiciaire, mais aussi en cas de divorce par accord des époux ou de nullité ou d’annulation du mariage.
La demande peut toutefois être rejetée lorsque les deux époux assument une responsabilité d’un degré comparable.
Cour suprême de la République de Corée, arrêt 93므1273 rendu le 26 avril 1994
Possibilité de cession et de transmission successorale
En principe, ce droit est strictement personnel et ne peut faire l’objet d’une cession ou d’une transmission.
Il peut toutefois être cédé ou transmis lorsqu’un accord relatif à l’indemnisation a déjà été conclu entre les parties ou après l’introduction d’une action en justice (article 806, paragraphe 3, et article 843 de la Loi civile de la République de Corée).
Cour suprême de la République de Corée, arrêt 92므143 rendu le 27 mai 1993
Caractéristiques du droit à indemnisation du préjudice moral
Les caractéristiques du droit à indemnisation du préjudice moral peuvent ainsi être résumées comme suit.
▷ Possibilité de présenter la demande tant dans le cadre d’un divorce par accord des époux que d’un divorce judiciaire
▷ Possibilité de cession ou de transmission successorale après l’introduction de l’action
2. Indemnisation du préjudice moral en cas de divorce | Personnes visées par la demande
L’indemnisation du préjudice moral en cas de divorce ne peut pas uniquement être demandée au conjoint.
Elle peut également être demandée au tiers qui a directement provoqué l’échec du mariage.
Cette responsabilité peut être reconnue conjointement au titre du fait dommageable commis par un tiers autre que le conjoint. Une indemnisation du préjudice moral peut être mise à sa charge si les conditions de la demande de dommages-intérêts prévues par la Loi civile de la République de Corée sont remplies (article 750 de cette loi).
Une indemnisation du préjudice moral peut-elle être demandée à un tiers ?
La personne avec laquelle l’un des époux a entretenu une relation extraconjugale, les beaux-parents ou encore un tiers ayant porté atteinte à une union de fait peuvent notamment être visés.
Par exemple, la responsabilité résultant d’un fait dommageable peut être reconnue lorsque la personne a favorisé une relation extraconjugale ou provoqué l’échec de la relation conjugale par des menaces, des propos injurieux ou des violences.
La demande d’indemnisation du préjudice moral n’est toutefois pas admise au seul motif qu’il existait une mésentente familiale.
Des circonstances démontrant que le tiers a activement porté atteinte à la vie commune des époux doivent être établies.
Une relation commencée après l’échec du mariage peut-elle donner lieu à une indemnisation du préjudice moral ?
Une relation extraconjugale ou sentimentale commencée après l’échec de fait du mariage ne peut guère être considérée comme ayant porté atteinte à la vie commune des époux. Une demande d’indemnisation du préjudice moral n’est donc pas admise dans ce cas.
Les juridictions considèrent alors que si la vie conjugale avait déjà effectivement pris fin, la relation ne peut pas fonder un droit à indemnisation du préjudice moral.
Étendue des personnes pouvant être visées par la demande
▷ Le tiers doit avoir directement provoqué l’échec du mariage
▷ Une relation extraconjugale postérieure à l’échec du mariage ne peut pas fonder une demande d’indemnisation du préjudice moral
3. Indemnisation du préjudice moral en cas de divorce | Critères de détermination et prescription extinctive

Le montant de l’indemnisation du préjudice moral en cas de divorce n’est pas fixé par un barème légal déterminé. Il est apprécié au regard d’un ensemble de facteurs, notamment les circonstances et les responsabilités ayant conduit à l’échec du mariage, la situation économique des parties et leur niveau de vie.
Le droit à cette indemnisation constituant une demande de dommages-intérêts au sens de la Loi civile de la République de Corée, un court délai de prescription extinctive de 3 ans lui est applicable (article 766, paragraphe 1, de cette loi).
Facteurs de détermination du montant de l’indemnisation
La juridiction détermine le montant de l’indemnisation en appréciant conjointement les facteurs suivants.
▷ La durée du mariage, la présence éventuelle d’enfants, l’âge et la profession du conjoint
▷ La situation économique et sociale ainsi que le niveau de vie
▷ L’ampleur de la souffrance morale et les éléments de preuve produits
▷ L’existence éventuelle d’un accord entre les parties ainsi que les antécédents de litiges ou de conflits
Le montant de l’indemnisation varie de plusieurs millions à plusieurs dizaines de millions de wons sud-coréens et dépend largement de la nature et de la gravité du comportement fautif.
Par exemple, plusieurs dizaines de millions de wons sud-coréens peuvent être accordés lorsqu’une infidélité manifeste est prouvée. Le montant peut toutefois être ramené à quelques millions de wons sud-coréens ou moins lorsque les circonstances de l’échec du mariage restent contestées ou que la responsabilité des deux parties est reconnue.
Prescription extinctive du droit à indemnisation du préjudice moral
Le droit à indemnisation du préjudice moral s’éteint à l’expiration d’un délai de 3 ans à compter du jour où le dommage et son auteur ont été connus (jour du divorce), ou de 10 ans à compter du jour où le fait dommageable s’est produit (article 766 de la Loi civile de la République de Corée).
Mode de divorce | Point de départ |
Divorce par accord des époux | 3 ans à compter de la date de déclaration du divorce |
Divorce judiciaire | 3 ans à compter de la date à laquelle le jugement devient définitif |
Nullité ou annulation du mariage |
Lorsqu’une demande d’indemnisation du préjudice moral est présentée en même temps que l’action en divorce, la question de la prescription se pose rarement.
La difficulté concerne le divorce par accord des époux lorsqu’aucun accord distinct n’a été conclu au sujet de l’indemnisation. Dans ce cas, l’action en indemnisation du préjudice moral doit être introduite dans les 3 ans suivant la date du divorce.
4. Indemnisation du préjudice moral en cas de divorce | Modalités de paiement et exécution forcée

L’indemnisation du préjudice moral en cas de divorce constitue une réparation que le conjoint responsable verse à l’autre conjoint selon le montant fixé par accord ou par décision judiciaire.
Si la personne tenue au paiement ne s’exécute pas volontairement, le montant peut être recouvré par voie d’exécution forcée à l’issue de certaines procédures légales.
Modalités de paiement de l’indemnisation du préjudice moral
L’indemnisation du préjudice moral peut être versée selon les modalités suivantes, lesquelles peuvent varier en fonction de l’accord des deux parties ou de la décision de la juridiction.
: versement de la totalité du montant fixé en une fois
▷ Paiement échelonné
: versement fractionné sur une période déterminée
(par exemple : versements mensuels)
▷ Paiement par transfert de biens immobiliers, d’un véhicule ou d’autres biens à la place d’espèces
▷ Possibilité d’un paiement combiné avec la pension alimentaire pour les enfants ou le partage des biens des époux
Lorsque l’indemnisation est versée sous la forme d’un bien immobilier ou d’un autre bien, le transfert de propriété peut entraîner des conséquences fiscales.
Moyens d’obtenir l’exécution du paiement de l’indemnisation
Lorsque la personne tenue de verser l’indemnisation du préjudice moral ne s’acquitte pas de son obligation, l’exécution forcée peut être demandée selon les procédures suivantes.
① Demande d’injonction d’exécution en matière familiale (article 64 de la Loi sur la procédure en matière familiale)
Lorsque l’indemnisation n’est pas versée conformément à un titre exécutoire, tel qu’un jugement du tribunal de la famille ou un procès-verbal de médiation, une injonction d’exécution peut ordonner son paiement dans un délai déterminé.
▷ En l’absence de motif légitime, le défaut de paiement pendant au moins 3 échéances peut entraîner une rétention d’une durée maximale de 30 jours
※ La rétention est une mesure ordonnée par la juridiction consistant à conduire la personne tenue d’exécuter l’obligation dans un local de garde à vue, un établissement de détention ou un lieu similaire.
② Demande d’exécution forcée (article 28 et suivants de la Loi sur l’exécution civile)
Sur le fondement d’un titre exécutoire tel qu’un jugement, un procès-verbal de médiation ou un procès-verbal de transaction judiciaire, une exécution forcée peut être demandée sur les biens immobiliers, le salaire, les dépôts bancaires ou les autres biens de la personne tenue au paiement.
▷ Saisie de créances correspondant à des dépôts bancaires ou à un salaire
▷ Saisie de biens meubles tels qu’un véhicule ou des objets de valeur
▷ Possibilité d’une saisie sur le fondement d’une ordonnance de paiement
※ S’il existe un risque que l’autre partie dispose de ses biens à l’avance, une mesure conservatoire telle qu’une saisie conservatoire ou une mesure provisoire doit être demandée avant l’introduction de l’action.
Articles connexes
5. Indemnisation du préjudice moral en cas de divorce | Fiscalité et traitement fiscal

L’indemnisation du préjudice moral en cas de divorce ayant la nature de dommages-intérêts, elle n’est généralement pas imposable.
Des conséquences fiscales peuvent toutefois survenir selon les modalités, le montant ou l’objet du paiement.
En particulier, lorsque l’indemnisation est versée sous la forme d’un actif déterminé, tel qu’un bien immobilier, l’impôt sur les plus-values ou la taxe d’acquisition doivent également être pris en considération.
Fiscalité applicable au bénéficiaire de l’indemnisation
L’indemnisation du préjudice moral étant en principe considérée comme la réparation d’un préjudice psychologique, elle n’est pas imposée dans la plupart des cas.
Elle peut toutefois être imposable à titre exceptionnel dans les cas suivants.
: non imposable (hors du champ d’application de l’article 4 de la Loi relative à l’impôt sur le revenu)
▷ Impôt sur les donations
: généralement non imposable.
>Toutefois, lorsque le paiement est formellement présenté comme une indemnisation du préjudice moral, mais procède en réalité d’un « divorce fictif » destiné à transférer des actifs, l’impôt sur les donations peut être appliqué
▷ Taxe d’acquisition
: imposable lorsque l’indemnisation prend la forme du transfert d’un bien immobilier (article 7 et suivants de la Loi relative aux impôts locaux)
※ Lorsque des biens immobiliers d’une valeur élevée sont transférés au titre de l’indemnisation, l’opération peut faire l’objet d’un contrôle relatif à l’impôt sur les donations. Le motif et le fondement du paiement doivent donc être clairement consignés dans des documents conformes aux faits.
Fiscalité applicable à la personne versant l’indemnisation
Le paiement de l’indemnisation du préjudice moral constituant en lui-même des dommages-intérêts, il n’est généralement pas imposé. Lorsqu’il est toutefois effectué par le transfert d’un actif tel qu’un bien immobilier, la question de l’impôt sur les plus-values peut se poser.
: aucune imposition
▷ Transfert d’un bien immobilier
: soumis à l’impôt sur les plus-values, le transfert étant considéré comme effectué à titre onéreux
▷ Transfert d’autres actifs
: l’imposition dépend de la nature de l’actif concerné
6. Indemnisation du préjudice moral en cas de divorce | Démarche structurée
L’indemnisation du préjudice moral en cas de divorce ne constitue pas une simple compensation émotionnelle : il s’agit d’une procédure juridique consistant à établir la responsabilité de l’échec du mariage et à obtenir une réparation pécuniaire.
La juridiction détermine son montant en appréciant conjointement le degré de responsabilité du conjoint fautif, la durée du mariage, le préjudice moral et la situation économique. De simples allégations permettent donc difficilement d’obtenir le résultat demandé.
Il convient dès lors d’organiser les éléments suivants et d’adopter une démarche structurée.
Préparation concrète d’une demande d’indemnisation du préjudice moral
Élément | Contenu concret et démarche |
Organisation des faits imputables | Recenser les faits précis, notamment l’infidélité, les violences ou l’abandon, et réunir les éléments permettant de les prouver |
Récapitulatif de la vie conjugale | Consigner par écrit la durée du mariage, la présence éventuelle d’enfants, la date d’apparition et l’évolution des conflits ainsi que les circonstances de la souffrance morale |
Examen de la prescription extinctive | Vérifier si la demande est présentée dans les 3 ans suivant la date du divorce par accord des époux ou la date à laquelle le jugement est devenu définitif, et analyser le point de départ du délai lorsque la demande vise un tiers |
Détermination du montant de l’indemnisation | Fixer un montant réaliste en tenant compte du degré de responsabilité, de la situation économique et du niveau de vie |
Possibilité d’une demande contre un tiers | Déterminer si un tiers, notamment la personne ayant entretenu une relation extraconjugale avec le conjoint, est intervenu et si le fait dommageable peut être prouvé |
Modalités de paiement et examen fiscal | Examiner en amont les risques fiscaux, notamment la taxe d’acquisition et l’impôt sur les plus-values, selon que le paiement est effectué en espèces, par transfert immobilier ou sous une autre forme |
Préparation à l’exécution forcée | Identifier les biens de l’autre partie, examiner la possibilité d’une saisie conservatoire ou d’une exécution forcée et préparer, si nécessaire, les mesures préalables appropriées |
Démarche applicable à une demande d’indemnisation du préjudice moral
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