CONTENTS
- 1. Viol au sein des forces armées | Notion

- - Peines applicables aux affaires d’infractions sexuelles au sein des forces armées
- 2. Viol au sein des forces armées | Principales catégories

- - Examen de cas réels de viol au sein des forces armées
- 3. Viol au sein des forces armées | Moyens de réagir

- - Moyens de réagir du point de vue de la personne mise en cause
- - Moyens de réagir du point de vue de la victime
- 4. Viol au sein des forces armées | Guide pratique de la collecte des preuves

1. Viol au sein des forces armées | Notion

Le viol au sein des forces armées désigne le fait, pour un militaire, de commettre un viol sur un autre militaire.
Les forces armées étant séparées du reste de la société, certaines affaires de viol qui s’y produisent ne sont pas divulguées à l’extérieur et peuvent donner lieu à une falsification ou à une dissimulation des faits.
Les infractions sexuelles au sein des forces armées peuvent également survenir entre personnes de même sexe et donnent lieu à des sanctions sévères en application de la Loi pénale militaire.
Peines applicables aux affaires d’infractions sexuelles au sein des forces armées
Les infractions sexuelles commises au sein des forces armées ne sont passibles, en vertu de la Loi pénale militaire de la République de Corée, que d’une peine d’emprisonnement, sans possibilité d’amende pénale. Une peine privative de liberté ferme peut donc être prononcée même à l’encontre d’un primo-délinquant.
Les peines applicables selon la catégorie d’infraction sexuelle commise au sein des forces armées sont les suivantes.
Viol, viol commis en profitant de l’incapacité de résistance de la victime (articles 92 et 92-4 de la Loi pénale militaire) | Personne qui viole un militaire ou une personne assimilée par violence ou menace | Emprisonnement à durée déterminée d’au moins 5 ans |
Agression sexuelle assimilée au viol autre que la pénétration (article 92-2 de la Loi pénale militaire) | Personne qui, par violence ou menace, introduit ses organes génitaux à l’intérieur du corps d’un militaire ou d’une personne assimilée, ou y introduit une partie du corps ou un objet | Emprisonnement à durée déterminée d’au moins 3 ans |
Tentative (article 92-5 de la Loi pénale militaire) | Personne ayant tenté de commettre un viol, un viol en profitant de l’incapacité de résistance de la victime, une agression sexuelle assimilée au viol, etc. | Punissable |
2. Viol au sein des forces armées | Principales catégories
Les affaires de viol au sein des forces armées sont réparties dans les catégories suivantes selon les circonstances dans lesquelles elles surviennent. L’étendue des sanctions et les modes de preuve peuvent varier d’une affaire à l’autre.
-Viol obtenu par ruse ou abus d’autorité
-Violences sexuelles entre personnes de même sexe
-Viol commis en état d’ivresse
-Violences sexuelles dans un centre de formation∙un lieu de casernement
Examen de cas réels de viol au sein des forces armées
Examinons des cas réels de viol au sein des forces armées.
CASE 1. Dossier d’un colonel de l’armée de l’air transmis au parquet pour tentative de viol sur une officière
Le dossier de A, colonel de l’armée de l’air soupçonné d’avoir tenté de violer une officière, a été transmis au parquet sans placement en détention.
Le colonel A est soupçonné d’avoir tenté de violer l’officière qui l’avait raccompagné jusqu’à son logement de fonction après un dîner professionnel.
CASE 2. Une sous-officière retrouvée morte après avoir laissé une lettre affirmant qu’elle avait été violée
En 2023, B, une sous-officière quadragénaire, a été retrouvée morte dans un appartement militaire.
Dans sa lettre d’adieu, B révélait avoir été violée par un officier qui avait été son supérieur.
CASE 3. Un ancien sous-officier de la marine reconnu coupable du viol d’une supérieure en état d’ivresse
D, qui travaillait dans une unité navale où il avait été affecté, était accusé d’avoir emmené de force dans un établissement d’hébergement une supérieure en état d’ivresse après un dîner professionnel, puis de l’avoir violée.
D a nié les faits reprochés, mais a été déclaré coupable sur le fondement notamment des données d’utilisation de son téléphone portable et des prescriptions hospitalières de la victime.
3. Viol au sein des forces armées | Moyens de réagir

Examinons les moyens de réagir du point de vue de la personne mise en cause et de celui de la victime dans une affaire de viol au sein des forces armées.
Moyens de réagir du point de vue de la personne mise en cause
Lorsqu’une personne est désignée comme suspecte dans une affaire de viol ou d’infraction sexuelle au sein des forces armées, une défense rapide et stratégique est nécessaire.
Un simple démenti ne suffit pas à assurer la défense. Il importe de recueillir activement des preuves et de présenter une démonstration structurée dès l’enquête.
✅ Étape 1 : analyser la structure de l’affaire et réunir les éléments
-Les affirmations de la victime et les faits doivent être organisés à partir du contenu de la plainte.
-Il peut être utile de consigner sous la forme d’un journal les relations entretenues pendant le service militaire, la fréquence des échanges, l’évolution des sentiments réciproques et l’ambiance au moment des faits.
-Il convient de tenter d’obtenir le programme de la journée des faits, les registres de la caserne et de service, les relevés d’appels, les données GPS du téléphone portable et les déclarations de témoins.
✅ Étape 2 : procéder à l’analyse juridique et élaborer les arguments de défense
-Au-delà d’un simple démenti, il faut examiner juridiquement si les dispositions concernées de la Loi pénale militaire sont applicables.
-Les positions selon lesquelles il s’agissait d’une « relation consentie » ou qu’« aucun contact sexuel n’a eu lieu » sont difficilement convaincantes lorsqu’elles reposent sur de simples affirmations dépourvues de preuves.
-Il convient de structurer l’argumentation relative à l’influence réelle qu’aurait exercée le rapport d’autorité au sein de l’organisation militaire sur la relation sexuelle.
✅ Étape 3 : préparer les éléments relatifs à la détermination de la peine et l’attitude de repentir
-Même lorsque la personne est convaincue qu’aucune infraction n’a été commise, le fait d’exprimer des regrets concernant le malentendu ou le malaise ressenti par la victime peut être pris en considération favorablement.
-Des documents relatifs au comportement pendant le service militaire, aux distinctions reçues et à l’appréciation des supérieurs peuvent également être produits afin d’attester du sérieux et de l’attitude de la personne mise en cause pendant son service.
-Les lettres de soutien de connaissances, de membres de la famille et de supérieurs, ainsi que la déclaration personnelle de repentir, doivent être préparées de manière concrète et sincère.
-Il est souhaitable que la déclaration de repentir expose également un plan d’action concret visant à prévenir toute récidive.
✅ Étape 4 : entreprendre des démarches en vue d’un accord transactionnel avec la victime
-Lorsqu’un accord est possible, la prise de contact par l’intermédiaire d’un tiers et la rédaction d’un accord écrit doivent être menées avec prudence. Des tentatives de persuasion excessives ou des contacts répétés risquent d’être interprétés comme des menaces.
✅ Étape 5 : examiner la stratégie à l’audience et l’opportunité d’un appel
-Au stade du procès, il est important de produire devant la juridiction des éléments de preuve logiques et concrets plutôt que de se limiter à affirmer avoir été injustement accusé.
-Si une peine privative de liberté ferme a été prononcée en première instance, il convient d’examiner l’opportunité d’un appel fondé notamment sur le caractère inapproprié de la peine, une erreur dans l’appréciation des faits ou une irrégularité procédurale.
-En appel, la production de nouvelles preuves, le renforcement de la déclaration de repentir et l’obtention de lettres de soutien supplémentaires peuvent étayer une demande de réduction de la peine.
Moyens de réagir du point de vue de la victime
Les victimes de viol au sein des forces armées hésitent souvent à signaler les faits en raison de la culture institutionnelle, de la crainte de représailles et du risque de victimisation secondaire, y compris après les faits.
Pour bénéficier d’une protection juridique, il est toutefois essentiel de réagir rapidement dès le début. Une démarche structurée par étapes est ensuite nécessaire au cours de l’enquête, du procès et de la procédure civile.
✅ Étape 1 : décider de déposer plainte et consigner les faits subis
-La première démarche consiste à consigner aussi objectivement que possible les faits subis.
-La date, le lieu, l’auteur et les modalités des faits doivent être consignés dans l’ordre chronologique.
-Si la victime éprouve des difficultés à rédiger elle-même la plainte, elle peut confier sa représentation pour le dépôt de la plainte à un professionnel du droit. Il est important que le contenu soit organisé conformément à la structure juridique applicable.
-Une déclaration exposant la honte sexuelle, la peur, la souffrance et les autres préjudices psychologiques peut exercer une influence importante au début de l’enquête.
✅ Étape 2 : préserver les preuves essentielles et recourir à l’analyse forensique numérique
-Les SMS, messages KakaoTalk, enregistrements d’appels, contenus publiés sur les réseaux sociaux et autres échanges avec l’auteur présumé peuvent être conservés comme preuves juridiques au moyen d’une analyse forensique numérique.
-Les vêtements portés au moment des faits, les blessures corporelles, les dossiers médicaux et les documents relatifs aux consultations psychiatriques doivent également être recueillis comme preuves.
-Il convient aussi de tenter d’obtenir les images de vidéosurveillance à proximité du lieu des faits, les relevés d’accès aux lieux de casernement et les registres militaires.
✅ Étape 3 : réagir à la procédure d’enquête et demander des mesures de protection
-Lorsque l’enquête de la police militaire débute après le signalement, la victime peut être amenée à répéter ses déclarations à plusieurs reprises.
-La production auprès des services d’enquête d’observations écrites par l’intermédiaire d’un avocat peut contribuer à étayer la crédibilité et le bien-fondé des déclarations de la victime.
-Des mesures officielles de protection des victimes peuvent être demandées auprès du centre de conseil sur les violences sexuelles du ministère coréen de la Défense nationale, du Centre des droits humains des militaires ou du service de consultation d’un hôpital militaire. Une protection personnelle peut également être sollicitée.
✅ Étape 4 : participer au procès et réagir à la procédure de prononcé du jugement
-Après l’ouverture du procès, la victime peut comparaître comme témoin à l’audience ou, si nécessaire, être représentée par un avocat en qualité de plaignante.
-Afin d’éviter une victimisation secondaire inutile, elle peut demander l’installation d’un écran de protection, la tenue d’une audience à huis clos ou la production d’une déclaration écrite.
-À la date du prononcé du jugement, la victime peut ne pas assister personnellement à l’audience et charger son avocat de prendre connaissance du résultat puis de le lui communiquer.
✅ Étape 5 : former une demande civile de dommages-intérêts contre l’auteur
-Indépendamment de la sanction pénale, la victime peut demander des dommages-intérêts à l’auteur.
-L’existence d’une condamnation pénale facilite considérablement la preuve de l’indemnisation du préjudice moral dans la procédure civile.
-Les dommages-intérêts peuvent comprendre les frais de traitement, l’indemnisation du préjudice moral et le préjudice psychologique. Les circonstances au moment des faits, les documents relatifs aux traitements, les certificats médicaux et les déclarations constituent des éléments importants.
✅ Étape 6 : décider de l’opportunité d’un accord et examiner le risque d’une riposte pour dénonciation calomnieuse
-Certaines personnes mises en cause peuvent tenter de persuader ou de menacer la victime sous couvert du versement d’une somme transactionnelle. Dans ce cas, la victime ne doit pas négocier seule et doit consulter un professionnel.
-Même en cas d’accord, la sanction pénale n’est pas automatiquement exclue. La décision de conclure ou non l’accord doit donc reposer sur des conseils juridiques clairs.
-À l’inverse, si la personne mise en cause menace de déposer une plainte en retour pour infraction de dénonciation calomnieuse, cette menace constitue également un moyen fréquent de victimisation secondaire. Il convient de ne pas céder à l’intimidation et de se concentrer sur la preuve légitime des faits subis.
4. Viol au sein des forces armées | Guide pratique de la collecte des preuves
L’établissement de la vérité matérielle dans une affaire de violences sexuelles au sein des forces armées dépend de la collecte initiale des preuves.
Ainsi, tant du point de vue de la victime que de celui de la personne mise en cause, les éléments de preuve suivants peuvent jouer en leur faveur.
▶Éléments de preuve à recueillir par la personne mise en cause
-Messages et transcriptions de conversations faisant apparaître une atmosphère consensuelle avec la victime ou la teneur de leurs échanges habituels
-Prises de contact spontanées de la victime, déclarations faites à des tiers, comportement et autres éléments postérieurs aux faits
-Déclarations de tiers (« 3es personnes ») au sein de l’unité au moment des faits et témoignages de témoins
▶Éléments de preuve à recueillir par la victime
-Messages KakaoTalk, fichiers audio et relevés d’appels immédiatement postérieurs aux violences sexuelles
-Comptes rendus des consultations effectuées au sein de l’unité, dossiers médicaux et avis hospitaliers postérieurs aux faits
-Images de vidéosurveillance, relevés de localisation dans les lieux de casernement, registres des tours de garde et autres éléments correspondant au moment des faits
Daeryun, classé 9e parmi les cabinets d’avocats de la République de Corée sur la base des déclarations de TVA déposées auprès du Service national des impôts pour l’année 25, compte des avocats intervenant en droit pénal militaire et en matière d’infractions sexuelles, ainsi que de nombreux professionnels de l’administration de la preuve et de l’analyse forensique numérique.
Le cabinet mobilise ses effectifs et ses compétences relatives à ces affaires afin de proposer une stratégie de défense adaptée à la situation du client.
Les personnes impliquées dans une affaire d’infraction sexuelle au sein des forces armées et ayant besoin d’une assistance peuvent solliciter un conseil juridique.









