CONTENTS
- 1. Infraction de captation ou de diffusion d’images sans consentement au moyen d’une caméra | Notion

- - Éléments constitutifs et peines encourues
- - Dispositifs d’enregistrement des informations personnelles et de restriction professionnelle
- - Principales formes d’infraction de captation ou de diffusion d’images sans consentement au moyen d’une caméra
- 2. Infraction de captation ou de diffusion d’images sans consentement au moyen d’une caméra | Examen de la jurisprudence

- 3. Infraction de captation ou de diffusion d’images sans consentement au moyen d’une caméra | Mesures envisageables

- - Stratégie du point de vue de la personne mise en cause
- - Stratégie du point de vue de la victime
- - Points d’attention concernant l’infraction de captation ou de diffusion d’images sans consentement au moyen d’une caméra
1. Infraction de captation ou de diffusion d’images sans consentement au moyen d’une caméra | Notion

En termes simples, l’infraction de captation ou de diffusion d’images sans consentement au moyen d’une caméra est constituée lorsqu’une personne utilise une caméra, notamment celle d’un téléphone portable, pour photographier clandestinement quelqu’un contre son gré.
Il s’agit de l’une des formes les plus courantes d’infraction sexuelle numérique. Elle englobe tout acte consistant à photographier le corps d’autrui contre son gré au moyen d’une caméra ou d’un appareil similaire, ainsi qu’à conserver ou diffuser les images obtenues, ou à les utiliser pour proférer des menaces.
Cette infraction ne se limite plus à la simple captation illicite. Elle recouvre un large éventail d’atteintes sexuelles numériques, notamment la diffusion des images, les menaces de diffusion, leur montage ou leur modification, ainsi que leur conservation, leur visionnage et leur consommation.
Éléments constitutifs et peines encourues
▶ Captation illicite
- Conditions relatives à l’acte : photographier, contre la volonté d’autrui, une partie de son corps susceptible de susciter un désir sexuel ou un sentiment de honte
- Peine prévue par la loi : emprisonnement de 7 ans au plus ou amende pénale de 50 000 000 de wons sud-coréens au plus
- Critères jurisprudentiels : la « possibilité de provoquer un sentiment de honte sexuelle » est appréciée globalement au regard du point de vue d’une personne moyenne, de la tenue de la victime, ainsi que de l’angle et de la distance de la prise de vue
▶ Diffusion et rediffusion
- Diffusion sans consentement : emprisonnement de 7 ans au plus ou amende pénale de 50 000 000 de wons sud-coréens au plus
- Diffusion ultérieure sans consentement d’images initialement prises avec l’accord de la personne concernée : même sanction
- Diffusion à des fins lucratives : emprisonnement à durée déterminée d’au moins 3 ans (article 14, paragraphe 3)
- Sens de la diffusion : même la transmission à une seule personne est reconnue comme une « diffusion » lorsqu’elle présente un caractère répété ou continu
▶ Menaces et contrainte au moyen d’images
- Infraction de menaces : menacer de diffuser des images à caractère sexuel → emprisonnement à durée déterminée d’au moins 1 an
- Infraction de contrainte : utiliser une menace de diffusion afin d’obtenir un acte sexuel ou de réclamer de l’argent → emprisonnement à durée déterminée d’au moins 3 ans
▶ Détention, visionnage et conservation
- Le simple fait de télécharger, conserver ou visionner les images est passible d’un emprisonnement de 3 ans au plus ou d’une amende pénale de 30 000 000 de wons sud-coréens au plus
Dispositifs d’enregistrement des informations personnelles et de restriction professionnelle
Une déclaration de culpabilité pour une infraction sexuelle peut être assortie de mesures de sûreté telles que l’enregistrement des informations personnelles et des restrictions professionnelles.
Une déclaration de culpabilité pour une infraction de captation ou de diffusion d’images sans consentement au moyen d’une caméra peut notamment entraîner les conséquences suivantes.
- Ordonnance de restriction professionnelle : interdiction de travailler dans certains établissements tels que les crèches, les écoles et les hôpitaux
- Inscription dans le système coréen de notification électronique des auteurs d’infractions sexuelles : même une infraction visant une personne majeure peut faire l’objet d’une divulgation publique
Principales formes d’infraction de captation ou de diffusion d’images sans consentement au moyen d’une caméra
Type | Exemple |
Captation clandestine dans un lieu public | Photographie sous une jupe dans le métro, un bus ou un escalier, notamment |
Captation illicite dans un espace privé | Installation d’une caméra cachée dans un motel, des toilettes ou une cabine d’essayage, notamment |
Diffusion non consentie d’images intimes entre partenaires | Diffusion d’images à caractère sexuel après une rupture |
Contenu obscène truqué | Insertion du visage de la victime dans une image obscène, puis diffusion de celle-ci |
Diffusion dans des groupes de discussion ∙ services de stockage en ligne | Diffusion ou rediffusion sur les réseaux sociaux ou des forums en ligne |
2. Infraction de captation ou de diffusion d’images sans consentement au moyen d’une caméra | Examen de la jurisprudence
Examinons la jurisprudence relative à l’infraction de captation ou de diffusion d’images sans consentement au moyen d’une caméra.
1. Affaire concernant la captation du bas du corps d’une femme portant un legging
Dans une affaire concernant une femme portant un legging dont le bas du corps avait été photographié clandestinement dans un bus, la Cour suprême de la République de Corée a cassé la décision d’acquittement rendue en deuxième instance et renvoyé l’affaire en indiquant qu’une déclaration de culpabilité devait être envisagée.
Elle a estimé que même un legging constituant un vêtement ordinaire pouvait donner lieu à des images susceptibles de provoquer un sentiment de honte sexuelle et que le seul fait d’avoir photographié une partie du corps visible dans le champ de vision habituel ne permettait pas de conclure à l’absence de culpabilité.
Cette décision a clairement établi que l’intention de l’auteur et le contenu de la vidéo constituaient des critères essentiels pour apprécier le caractère illicite de la captation.
2. L’enregistrement de l’écran pendant un appel vidéo ne constitue pas une captation illicite
À propos de l’enregistrement sur un téléphone portable de l’image nue d’une personne pendant un appel vidéo, la Cour suprême a estimé que le corps n’avait pas été directement photographié et que seule l’image reçue avait été enregistrée, de sorte que l’infraction de captation au moyen d’une caméra n’était pas constituée.
Elle a toutefois précisé que la diffusion de cette vidéo ou son utilisation pour proférer des menaces pouvait être sanctionnée au titre d’infractions distinctes de menaces ou de diffusion.
3. Sens du terme « captation » et commencement d’exécution
Au sens de la Loi portant dispositions spéciales relatives à la répression des infractions sexuelles de la République de Corée, la « captation » ne correspond pas au simple fait de diriger un objectif vers une personne. L’infraction commence au moment où les données de l’image sont enregistrées dans le dispositif de stockage.
La Cour suprême considère également que le fait de glisser un téléphone portable sous une jupe ou de l’introduire dans l’espace inférieur d’une cabine de toilettes constitue un commencement d’exécution de l’infraction de captation.
4. Il n’est pas nécessaire que l’auteur de la diffusion soit celui de la captation
La Cour suprême a estimé qu’il n’était pas nécessaire que l’auteur de la diffusion soit également celui de la captation.
Une personne se limitant à diffuser les images peut donc également faire l’objet de la même sanction.
Cette affaire montre que les personnes qui se contentent de retransmettre les images sur les réseaux sociaux, dans des groupes de discussion ou sur des forums en ligne peuvent également être sanctionnées.
3. Infraction de captation ou de diffusion d’images sans consentement au moyen d’une caméra | Mesures envisageables

Examinons les stratégies envisageables face à une infraction de captation ou de diffusion d’images sans consentement au moyen d’une caméra.
Nous les présenterons du point de vue de la personne mise en cause et de celui de la victime.
Stratégie du point de vue de la personne mise en cause
▶ Début de l’enquête : exercice du droit de garder le silence et préparation à l’analyse forensique numérique
- En cas de perquisition et de saisie, vérifier le mandat judiciaire et réagir avec calme
▶ Stratégie de déclaration : fournir des explications précises plutôt que nier les faits
- Plutôt que de nier catégoriquement avoir effectué la prise de vue, expliquer, le cas échéant, son caractère fortuit ou involontaire
- Si aucune image n’existe, l’indiquer ; si elle existe, expliquer les circonstances et le moment de sa suppression
- Soutenir, au regard de l’angle et de la distance de la prise de vue ainsi que de la tenue vestimentaire, que celle-ci n’avait pas pour objet de provoquer un sentiment de honte sexuelle
▶ Analyse des preuves : existence des images et circonstances de leur captation
- En l’absence d’images, envisager de soutenir qu’il s’agit d’une « tentative » ou qu’aucun élément ne permet de caractériser l’infraction
- Même en présence d’images, examiner l’existence d’un consentement, la finalité de leur conservation et l’étendue de leur accessibilité afin d’adapter la réponse à la gravité des faits reprochés
▶ Points à examiner dans le cadre de la défense
- Faire valoir le caractère fortuit ou non intentionnel de la prise de vue
- Expliquer l’absence d’images ou les circonstances de leur conservation
- Souligner que la partie du corps photographiée n’était pas susceptible de provoquer un sentiment de honte sexuelle
- Présenter les éléments susceptibles de justifier la clémence, tels que l’absence d’antécédents, une lettre exprimant des remords ou la présentation spontanée aux autorités
Stratégie du point de vue de la victime
▶ Recueil prioritaire des preuves
- Effectuer des captures d’écran des éléments révélant la captation ou la diffusion et conserver les liens
- Classer chronologiquement les circonstances de l’affaire
- Le cas échéant, compléter l’analyse avec l’aide d’un spécialiste de l’analyse forensique numérique
▶ Blocage de la diffusion et demande de suppression
- Signaler les faits à la police ou au Centre coréen d’assistance aux victimes d’infractions sexuelles numériques
- Demander la suppression des contenus à la Commission coréenne des normes de communication ou aux portails concernés
- En vertu de la Loi sur les réseaux d’information et de communication de la République de Corée, l’opérateur est tenu d’intervenir sans délai lorsqu’il reçoit une demande de suppression
▶ Dispositifs de protection des victimes et de prévention de la victimisation secondaire
Lorsqu’une victime signale les faits aux services d’enquête, elle peut bénéficier des mesures de protection suivantes.
- Possibilité de demander une interdiction de contact ou une mesure provisoire afin d’être séparée de l’auteur
- Assistance globale du Centre coréen d’assistance aux victimes d’infractions sexuelles numériques, notamment pour la suppression des contenus, le conseil juridique et le suivi psychologique
- Prévention de la propagation de la vidéo grâce à une demande rapide de suppression formulée par la police
La victimisation secondaire liée aux infractions sexuelles numériques pouvant s’aggraver avec le temps, il est important d’agir à un stade précoce.
▶ Possibilité de déposer une plainte pénale et une demande de dommages-intérêts
- Possibilité de déposer simultanément une plainte pénale et une demande civile de dommages-intérêts
- Possibilité de demander une indemnisation du préjudice moral en raison des souffrances psychologiques et de l’atteinte aux droits de la personnalité, notamment
- Lorsque la diffusion a été étendue, possibilité d’invoquer également la diffamation ou l’injure
R. Oui. Même si vous aviez consenti à l’enregistrement, la diffusion de la vidéo sans votre consentement constitue manifestement un acte illicite.
La captation et la diffusion nécessitent des consentements distincts. En l’absence de consentement à la diffusion, l’auteur de la captation ou celui de la diffusion peut donc faire l’objet d’une sanction.
Points d’attention concernant l’infraction de captation ou de diffusion d’images sans consentement au moyen d’une caméra
L’infraction de captation ou de diffusion d’images sans consentement au moyen d’une caméra laisse souvent des preuves matérielles plus manifestes que d’autres infractions sexuelles.
Selon les données de l’Agence nationale de la police coréenne et du Parquet suprême de la République de Corée, environ 7 000 faits ont été recensés en 2023 et le taux d’élucidation a atteint 80 %.
De nombreuses affaires se caractérisent notamment par la difficulté de nier les faits en raison d’une arrestation sur place, d’images de vidéosurveillance ou de la récupération de données grâce à l’analyse forensique numérique.
Compte tenu de la sensibilisation accrue de la société à cette infraction, le parquet et les juridictions maintiennent une approche répressive stricte. Même une simple captation peut ainsi exposer à une peine lourde lorsqu’elle s’accompagne d’une diffusion ou de menaces, ou lorsque la victime est mineure, notamment.
Il est donc nécessaire d’examiner précisément les circonstances de la prise de vue, le mode de conservation des images, l’intention et les autres questions particulières de l’affaire afin de définir la réponse juridique.
Du point de vue de la personne mise en cause, l’analyse ne doit pas porter uniquement sur l’existence de la prise de vue. Elle doit également tenir compte de son objet, de son angle, des circonstances de sa conservation, de l’existence ou non d’une intention ainsi que des résultats de l’analyse forensique numérique.
Du point de vue de la victime, une réponse globale peut être nécessaire, comprenant non seulement le dépôt d’une plainte pénale, mais aussi une demande de suppression des images illicitement captées, des mesures visant à prévenir la victimisation secondaire et une demande civile de dommages-intérêts.
Notre cabinet mobilise des avocats spécialisés dans les infractions sexuelles, qui collaborent avec les spécialistes de son centre d’administration de la preuve et de son centre d’analyse forensique numérique au sein d’une équipe dédiée.
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