CONTENTS
- 1. Action en dommages-intérêts pour accident médical | Définition

- 2. Action en dommages-intérêts pour accident médical | Procédure judiciaire

- - Démarches du point de vue du demandeur
- - Démarches du point de vue du défendeur
- 3. Action en dommages-intérêts pour accident médical | Modes de règlement des litiges

- - Règlement par la médiation de l’Agence coréenne de la consommation
- - Procédure de médiation de l’Institut coréen de médiation et d’arbitrage des litiges médicaux
- 4. Action en dommages-intérêts pour accident médical | Modalités de la demande civile

- - Conditions d’une demande de dommages-intérêts
- - Manquements du médecin à ses obligations d’information et de diligence
- - Jurisprudence civile relative aux litiges médicaux
- 5. Action en dommages-intérêts pour accident médical | Précautions

1. Action en dommages-intérêts pour accident médical | Définition

L’action en dommages-intérêts pour accident médical vise à obtenir réparation lorsqu’un acte accompli par un établissement ou un professionnel de santé a causé un préjudice physique ou psychologique au patient en raison d’une négligence ou d’une faute.
Lorsqu’un accident médical résulte d’une faute médicale commise par un professionnel de santé, le patient peut subir un préjudice grave.
Le professionnel de santé peut faire l’objet de sanctions pénales et administratives en raison de l’accident médical.
Indépendamment de celles-ci, sa responsabilité en dommages-intérêts envers le patient peut également être engagée.
2. Action en dommages-intérêts pour accident médical | Procédure judiciaire
Examinons la procédure applicable à une action en dommages-intérêts pour accident médical.
1. Collecte de preuves photographiques et préparation de l’expertise
-Obtention du dossier médical, du compte rendu opératoire, etc.
-Préparation d’une demande d’expertise
2. Rédaction et dépôt de la requête introductive d’instance
-Dépôt de la requête auprès de la juridiction compétente
3. Échange du mémoire en défense et des écritures préparatoires
-Le défendeur assure sa défense en soutenant notamment l’absence de faute médicale ou l’existence d’une faute de la victime
4. Déroulement de l’expertise
-Dépôt d’un rapport par l’intermédiaire de l’organisme d’expertise médicale désigné par la juridiction
5. Audience de plaidoirie et administration de la preuve
-Examen des prétentions et des preuves des deux parties et, si nécessaire, audition de témoins
6. Prononcé du jugement
-Décision sur l’existence de la responsabilité en dommages-intérêts et sur le montant de l’indemnisation
Démarches du point de vue du demandeur
La personne qui engage une action en dommages-intérêts pour accident médical, c’est-à-dire le demandeur, est le patient ayant subi le préjudice.
Il incombe alors au demandeur de prouver les circonstances de l’accident médical ainsi que la faute du professionnel de santé.
Il doit donc démontrer directement que le préjudice résulte d’une faute ou d’une négligence survenue au cours de l’acte médical et établir concrètement la nature du préjudice subi.
-Obtention des documents médicaux : possibilité de demander légalement le dossier de soins, le compte rendu opératoire, les notes de soins infirmiers, etc.
-Demande d’expertise : obtention d’éléments probants au moyen d’une expertise portant sur la faute médicale et le lien de causalité
-Évaluation du préjudice : calcul des frais de traitement, des frais médicaux futurs, de l’indemnisation du préjudice moral, de la perte de revenus, etc.
-Désignation d’un représentant légal : compte tenu de la charge de la preuve, recours à l’assistance d’un avocat compétent en matière civile et en dommages-intérêts
Démarches du point de vue du défendeur
Le défendeur à une action en dommages-intérêts pour accident médical est l’établissement ou le professionnel de santé à l’origine de l’accident.
Le défendeur doit répondre juridiquement du préjudice résultant de l’accident médical et est tenu de verser des dommages-intérêts à la victime.
Bien que la charge de la preuve incombe au patient demandeur, le défendeur ne doit pas pour autant négliger sa défense.
-Démonstration de l’absence de faute médicale : présentation d’arguments établissant que l’obligation de diligence correspondant au niveau moyen des professionnels de santé de la même spécialité a été respectée
-Obtention d’un avis spécialisé : consultation d’un expert afin d’établir que les soins dispensés étaient appropriés
-Invocation d’une faute de la victime : présentation d’une faute imputable au patient, par exemple lorsqu’il n’a pas suivi les explications du personnel médical
-Désignation d’un représentant légal : recours à un avocat compétent afin d’assurer une défense stratégique dans le cadre de l’action civile
3. Action en dommages-intérêts pour accident médical | Modes de règlement des litiges

Examinons les modes de règlement des litiges relatifs aux actions en dommages-intérêts pour accident médical.
Règlement par la médiation de l’Agence coréenne de la consommation
La victime d’un accident médical peut régler le litige au moyen de la procédure de médiation de l’Agence coréenne de la consommation.
L’Agence coréenne de la consommation est un organisme spécialisé créé par l’État afin de protéger les droits et intérêts des consommateurs, d’améliorer leurs conditions de consommation et de contribuer au développement de l’économie nationale.
Elle traite les réclamations des consommateurs et assure la réparation de leurs préjudices.
✅ Conditions d’ouverture de la procédure de médiation
Lorsqu’aucun accord n’a été conclu dans les 30 jours suivant la demande de réparation présentée par un consommateur ou une association de consommateurs, l’Agence peut saisir la Commission coréenne de règlement des litiges de consommation aux fins de médiation.
Toutefois, la médiation relative à un accident médical ne peut être menée qu’auprès de l’un des deux organismes suivants : l’Agence coréenne de la consommation ou l’Institut coréen de médiation et d’arbitrage des litiges médicaux.
Il n’est pas possible de présenter simultanément une demande de médiation aux deux organismes.
La médiation d’un litige médical se déroule comme suit.
1. Demande de médiation
Présentation d’une demande de médiation lorsqu’aucun accord n’est intervenu après la demande de réparation
2. Constitution de la commission de médiation
La Commission coréenne de règlement des litiges de consommation, composée d’un président et de 150 membres au plus, se saisit de l’affaire.
3. Examen de l’affaire
Examen objectif de l’affaire au moyen d’investigations factuelles, d’essais, d’analyses et d’avis d’experts
4. Réunion de règlement du litige
Les membres examinent l’affaire et adoptent une proposition de médiation
5. Décision de médiation
La proposition est notifiée aux parties, qui indiquent si elles l’acceptent
Lorsque la médiation aboutit, elle produit les mêmes effets qu’un jugement.
Si une partie n’exécute pas les termes d’une médiation conclue, l’autre partie peut obtenir une formule exécutoire auprès de la juridiction compétente et engager une exécution forcée.
Il est ainsi possible de contraindre juridiquement l’autre partie à exécuter les termes de la médiation sans engager de procès.
Procédure de médiation de l’Institut coréen de médiation et d’arbitrage des litiges médicaux
L’Institut coréen de médiation et d’arbitrage des litiges médicaux est un organisme public créé afin de régler rapidement et équitablement les litiges résultant d’accidents médicaux.
En cas de litige relatif à un accident médical, une demande de médiation peut être présentée par la victime elle-même, mais également par son représentant légal, son conjoint, un ascendant ou descendant direct, un frère ou une sœur, un avocat ou une personne disposant d’un mandat écrit.
La demande de médiation peut être présentée par écrit, en personne, par courrier, par télécopie ou en ligne sur le site internet.
Outre le formulaire de demande de médiation, il convient notamment de joindre une copie de la pièce d’identité du demandeur, une copie de ses coordonnées bancaires et un exposé des circonstances de l’accident médical. Lorsqu’un représentant présente la demande, une procuration et des documents établissant le lien avec le demandeur doivent également être produits.
Lorsqu’elle aboutit, la médiation est réputée constituer une « transaction judiciaire » produisant les mêmes effets qu’un jugement.
Il n’est donc pas possible d’engager une nouvelle action concernant la même affaire, et une exécution forcée peut être mise en œuvre sur le fondement du procès-verbal de médiation.
En outre, si le défendeur à la demande ne verse pas les dommages-intérêts malgré la décision de médiation, la victime peut d’abord obtenir le paiement de l’indemnisation au titre du « dispositif d’avance des dommages-intérêts » de l’Institut. Celui-ci exerce ensuite une action récursoire contre l’auteur du dommage.
4. Action en dommages-intérêts pour accident médical | Modalités de la demande civile
Examinons les modalités d’une demande civile dans le cadre d’une action en dommages-intérêts pour accident médical.
Si une faute commise par un professionnel de santé au cours du traitement a causé un préjudice au patient, celui-ci peut demander des dommages-intérêts par la voie d’une action civile.
Sur le plan juridique, cette demande peut être fondée sur la « responsabilité pour inexécution d’une obligation » ou sur la « responsabilité délictuelle ».
1. Responsabilité pour inexécution d’une obligation (article 390 de la Loi civile de la République de Corée)
Un contrat portant sur la fourniture de soins, appelé contrat médical, existe entre le professionnel de santé et le patient. Si le professionnel de santé n’exécute pas correctement l’obligation découlant de ce contrat, à savoir celle de dispenser des soins appropriés au patient, ce dernier peut demander des dommages-intérêts sur le fondement de la responsabilité pour inexécution d’une obligation.
2. Responsabilité délictuelle (article 750 de la Loi civile de la République de Corée)
Si le professionnel de santé manque à son obligation de diligence au cours d’un acte médical et cause ainsi un préjudice, ce comportement peut être considéré comme un fait dommageable ouvrant droit à des dommages-intérêts. Tel peut être le cas, par exemple, lorsqu’un organe est endommagé par négligence pendant une opération ou lorsque les effets indésirables nécessitant une information préalable n’ont pas été expliqués.
Conditions d’une demande de dommages-intérêts
Pour demander des dommages-intérêts au titre d’un accident médical, les 4 conditions suivantes doivent toutes être réunies.
2. Illégalité : les droits du patient, notamment à la vie, à l’intégrité physique ou à la santé, ont été violés
3. Survenance d’un préjudice : un préjudice réel, tel qu’une atteinte physique ou une dégradation de l’état de santé, s’est produit
4. Lien de causalité : il existe un lien direct entre la faute du professionnel de santé et le préjudice
Ces quatre éléments doivent tous être prouvés pour que la juridiction reconnaisse la responsabilité en dommages-intérêts.
Manquements du médecin à ses obligations d’information et de diligence
▶Manquement à l’obligation d’information
Le médecin est tenu de fournir au patient des explications suffisantes sur le diagnostic, les modalités du traitement, le pronostic, c’est-à-dire l’évolution après le traitement, et les effets indésirables.
Le patient a en effet le droit de décider lui-même, sur la base de ces informations, s’il souhaite recevoir le traitement.
En cas de manquement à cette obligation d’information, le personnel médical peut être tenu de réparer le préjudice, notamment le préjudice moral.
Catégorie | Contenu de l’information |
Information sur l’état de santé | Informations sur le diagnostic, l’état du patient, etc., destinées à garantir son droit de savoir |
Information destinée au consentement | En cas d’intervention chirurgicale ou de traitement comportant des effets indésirables, informations destinées à permettre un choix autonome |
Conseils de suivi | Conseils permettant au patient de préserver sa santé, notamment les précautions à respecter après sa sortie |
※ Le personnel médical peut également voir sa responsabilité engagée si le manquement à l’obligation d’information destinée au consentement ou à l’obligation de conseils de suivi a causé un préjudice.
En outre, pour les actes médicaux importants tels qu’une intervention chirurgicale, une transfusion sanguine ou une anesthésie générale, le médecin doit fournir au préalable, par écrit, les informations suivantes et recueillir le consentement du patient
-Diagnostic
-Nécessité et modalités de l’intervention chirurgicale ou d’un autre acte
-Nom du principal professionnel de santé
-Effets indésirables susceptibles de se produire habituellement
-Consignes que le patient doit respecter avant et après l’intervention, etc.
L’absence d’explications ou de consentement écrit peut entraîner une amende administrative pouvant atteindre 3 millions de wons sud-coréens.
▶Manquement à l’obligation de diligence
Le médecin doit respecter l’obligation de diligence qu’un médecin moyen aurait normalement exercée. Tout manquement peut engager sa responsabilité civile en dommages-intérêts.
L’obligation de diligence du médecin comprend les éléments suivants.
-Obligation de prévoir le résultat : responsabilité consistant à identifier préalablement la possibilité d’une conséquence défavorable
-Obligation d’éviter le résultat : responsabilité consistant à prendre les mesures nécessaires pour prévenir ce risque
Pour déterminer l’existence d’un manquement à cette obligation de diligence, le comportement est apprécié au regard du niveau d’un médecin ordinaire exerçant les mêmes fonctions, compte tenu notamment de ▲l’état des connaissances médicales à l’époque ▲l’environnement de soins ▲les particularités de l’acte médical.
Jurisprudence civile relative aux litiges médicaux
| Cas 1. Décès dû à une hémorragie cérébrale après une chute pendant un examen… La Cour suprême juge que « le personnel médical a manqué à son obligation de diligence » Un patient est soudainement tombé alors qu’il subissait une radiographie thoracique à l’hôpital. Bien qu’il ait ensuite présenté des convulsions, le personnel médical lui a seulement administré un anticonvulsivant et n’a constaté l’hémorragie cérébrale que le lendemain. Malgré une intervention chirurgicale, le patient est finalement décédé. La Cour suprême de la République de Corée a estimé que, compte tenu de l’état du patient et des circonstances de l’accident, le fait que le personnel médical n’ait pas pris les mesures appropriées alors qu’il pouvait envisager la possibilité d’une hémorragie cérébrale constituait un manquement à l’obligation de diligence. Questions en litige : -Caractère approprié de la prise en charge des convulsions par le personnel médical après la chute -Transmission suffisante des circonstances au personnel médical ayant repris la prise en charge du patient -Critère de l’obligation de diligence du professionnel de santé : les mesures correspondant au niveau généralement requis dans la pratique clinique de l’époque ont-elles été prises ? |
| Cas 2. Signes d’alerte de vasospasme cérébral négligés… Patient placé dans un état végétatif, la Cour suprême « reconnaît la faute du personnel médical » Un patient hospitalisé à la suite de la rupture d’un anévrisme cérébral présentait des signes de vasospasme cérébral. Le personnel médical a néanmoins négligé de surveiller son évolution, interrompu l’administration de nimodipine et transféré le patient dans une chambre ordinaire. Il n’a ensuite pas pris de mesures immédiates malgré l’apparition de symptômes anormaux, et le patient s’est retrouvé dans un état végétatif. La Cour suprême a considéré que ces faits constituaient une faute résultant d’un manquement à l’obligation de diligence. Questions en litige : -Absence de maintien ou de renforcement des mesures appropriées après la confirmation radiologique du vasospasme cérébral -Caractère approprié de la décision de transférer le patient de l’unité de soins intensifs vers une chambre ordinaire -Question de savoir si l’absence de réaction immédiate aux manifestations anormales du patient, notamment le coma et la rigidité des quatre membres, pouvait être considérée comme une faute |
5. Action en dommages-intérêts pour accident médical | Précautions

Examinons les précautions à prendre dans le cadre d’une action en dommages-intérêts pour accident médical.
▶Charge de la preuve :
Le patient demandeur devant prouver la faute médicale et le lien de causalité, la collecte précise des preuves est essentielle
▶Existence d’un manquement à l’obligation d’information du médecin :
Une demande d’indemnisation du préjudice moral est possible en cas de manquement à l’une des obligations d’information sur l’état de santé, d’information destinée au consentement ou de conseils de suivi
▶Importance de l’expertise :
L’expertise pouvant influer fortement sur l’issue du procès, il convient de participer activement au processus d’élaboration du rapport
▶Prescription extinctive :
L’action doit être engagée dans les 10 ans suivant la fin de l’acte médical et dans les 3 ans suivant la date à laquelle la victime a eu connaissance du préjudice et de son auteur
Une action en dommages-intérêts pour accident médical requiert une expertise particulière par rapport aux autres actions civiles.
L’issue du procès dépend de l’existence d’une faute médicale, du lien de causalité et de la preuve du préjudice, ce qui exige à la fois des connaissances médicales spécialisées et une analyse juridique.
Le demandeur qui souhaite réclamer des dommages-intérêts à un établissement de santé doit recueillir minutieusement les documents nécessaires et obtenir une expertise. L’établissement de santé défendeur doit, quant à lui, élaborer ses arguments de défense et démontrer le caractère approprié de l’acte médical.
Les deux parties peuvent donc envisager de recourir à l’assistance d’un avocat compétent en matière civile et possédant une expérience des litiges médicaux.
Le cabinet traite des dossiers liés aux accidents médicaux avec le concours de professionnels intervenant dans différents domaines et constitue des équipes dédiées afin d’examiner les modalités de règlement des litiges médicaux complexes.
Le cabinet dispose de bureaux secondaires dans plusieurs régions du pays et propose un dispositif de consultation disponible 24 heures sur 24, 365 jours par an, ainsi que des consultations à distance par visioconférence.











