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Domaines de pratique

Faute médicale

La faute médicale désigne un accident médical survenu parce qu’un professionnel de santé a manqué à son obligation de diligence dans l’exercice de ses fonctions. Elle peut engager sa responsabilité dans différents domaines, notamment civil et pénal.

CONTENTS
  • 1. Faute médicale | Notion
    • - Litiges juridiques susceptibles de survenir
    • - Peines encourues en cas de blessures ou de décès résultant d’une faute médicale
  • 2. Faute médicale | Typologie
    • - Faute dans la prestation des soins
    • - Manquement à l’obligation d’information
    • - Soins manifestement négligents
  • 3. Faute médicale | Action en dommages-intérêts
    • - Fondements juridiques des dommages-intérêts
    • - Questions centrales du litige
    • - Facteurs susceptibles de réduire les dommages-intérêts
  • 4. Faute médicale | Accord transactionnel
    • - Signification juridique d’un accord relatif à un accident médical
    • - Parties à l’accord transactionnel
    • - Exécution forcée en cas d’inexécution de l’accord
  • 5. Faute médicale | Procédure judiciaire
    • - Dépôt de la demande et attribution de l’affaire
    • - Procédure préparatoire des débats
    • - Production des preuves
    • - Débats
  • 6. Faute médicale | Assistance juridique

1. Faute médicale | Notion

Daeryun, groupe médical et pharmaceutique, notion de faute médicale

On entend par faute médicale le fait qu’un professionnel de santé cause un préjudice à un patient en ne respectant pas l’obligation de diligence normalement attendue au cours d’un acte médical.

Elle ne se déduit pas du seul fait que le résultat du traitement a été défavorable. Elle est retenue lorsqu’une faute du professionnel de santé, telle qu’une négligence ou une information insuffisante, a effectivement été commise et qu’il existe un lien de causalité entre cette faute et le préjudice subi par le patient.

Litiges juridiques susceptibles de survenir

En cas de faute médicale, le professionnel ou l’établissement de santé peut être confronté aux questions juridiques suivantes.

Responsabilité civile

Lorsqu’un litige survient à propos d’un acte médical, le patient peut engager une action en dommages-intérêts. L’existence d’une faute du professionnel de santé et le lien de causalité entre l’acte médical concerné et le préjudice constituent alors des questions centrales. Le professionnel de santé doit organiser sa défense autour du caractère approprié des soins et du respect de son obligation de diligence.

Responsabilité pénale

Lorsqu’une faute grave est reconnue au cours d’un acte médical, l’infraction d’homicide ou de blessures par imprudence professionnelle peut notamment être en cause. Le dossier médical et le respect de l’obligation d’information constituent alors des éléments d’appréciation importants.

Conciliation du litige

Le recours à la procédure de conciliation de l’Agence coréenne de médiation et d’arbitrage des litiges médicaux peut réduire la charge liée à une procédure judiciaire prolongée et permettre un règlement plus rapide et raisonnable du litige. Une préparation structurée en amont et l’utilisation de cette procédure permettent à l’établissement de santé de gérer les risques juridiques associés.

Peines encourues en cas de blessures ou de décès résultant d’une faute médicale

Pour que l’infraction d’homicide ou de blessures par imprudence professionnelle résultant d’un acte médical soit constituée, le médecin doit avoir commis, au cours de cet acte, une faute professionnelle correspondant à un manquement à son obligation de diligence. Cette faute doit en outre avoir causé des blessures ou le décès du patient.


Le lien de causalité entre cette faute professionnelle et le résultat doit également être établi par des preuves rigoureuses ne laissant subsister aucun doute raisonnable.

Voir notamment les arrêts de la Cour suprême de la République de Corée du 8 novembre 1996, 95도2710, du 10 janvier 2003, 2001도3292, et du 28 avril 2011, 2010도14102

Pour reconnaître une faute du médecin lors d’un accident médical, il faut examiner
s’il n’a pas prévu la survenance du résultat alors qu’il pouvait la prévoir, ou s’il ne l’a pas évitée alors qu’il pouvait le faire. L’existence d’une faute doit être appréciée au regard du degré de diligence d’un professionnel moyen exerçant les mêmes activités et fonctions, en tenant compte du niveau général des connaissances médicales au moment de l’accident, de l’environnement et des conditions de soins ainsi que des particularités de l’acte médical.

Lorsque l’infraction d’homicide ou de blessures par imprudence professionnelle est reconnue, elle peut donner lieu à une peine d’emprisonnement sans travail ou à une amende pénale conformément à l’article 268 de la Loi pénale de la République de Corée.

[Article 268 de la Loi pénale de la République de Corée] Homicide ou blessures par imprudence professionnelle ou faute lourde

Peine d’emprisonnement sans travail de 5 ans au plus ou amende pénale de 20 000 000 wons sud-coréens au plus

2. Faute médicale | Typologie

La faute médicale désigne le cas dans lequel un professionnel de santé cause un préjudice à un patient en manquant à son obligation de diligence. L’étendue de sa responsabilité peut varier selon le type de faute.

Les principaux types comprennent la faute commise au cours des soins, la responsabilité résultant d’une information insuffisante et la fourniture de soins manifestement négligents difficilement admissibles au regard des normes sociales.

Faute dans la prestation des soins

En tant que professionnels chargés de la vie et de la santé des patients, les professionnels de santé sont tenus de fournir des soins appropriés à l’état de chaque patient.

La faute dans la prestation des soins désigne le manquement à cette obligation de diligence, notamment lorsque le professionnel de santé n’évite pas un risque prévisible ou néglige de prendre les mesures nécessaires.

Selon la jurisprudence de la Cour suprême de la République de Corée, le respect de l’obligation de diligence par le professionnel de santé est apprécié au regard des critères suivants.

① En principe, il convient de se référer au niveau des pratiques médicales généralement appliquées dans le domaine de la médecine clinique (arrêt de la Cour suprême du 20 janvier 1987, 86다카1469).
② Ce niveau doit correspondre à celui qui est exigé sur le plan normatif, sans tenir compte de la situation particulière du médecin ou de l’établissement de santé concerné (arrêt de la Cour suprême du 11 février 1997, 96다5933).
③ L’environnement et les conditions de soins ainsi que les particularités de l’acte médical doivent néanmoins être pris en considération (arrêt de la Cour suprême du 20 janvier 1987, 86다카1469).

Manquement à l’obligation d’information

Un acte médical comportant par nature certains risques, le professionnel de santé est tenu, avant un traitement ou une intervention chirurgicale, de fournir au patient des informations suffisantes sur les résultats prévisibles, les solutions alternatives, les complications et les autres éléments nécessaires.

Un traitement réalisé sans explication ou une intervention pratiquée sans consentement peut être considéré comme un manquement du professionnel de santé à son obligation d’information. Celui-ci peut alors voir sa responsabilité juridique engagée pour le préjudice qui en résulte.

Cette obligation comprend également l’explication des consignes de vie et des précautions que le patient doit respecter après le traitement. Selon les circonstances, ces informations peuvent aussi être communiquées indirectement par l’intermédiaire de la famille.

Soins manifestement négligents

Lorsqu’un professionnel de santé ne s’acquitte pas consciencieusement de ses obligations élémentaires et fournit des soins d’une négligence difficilement admissible au regard des normes sociales, ces soins peuvent être considérés comme illicites en eux-mêmes.

Lorsque le comportement adopté dans la prestation des soins atteint un niveau socialement inadmissible, le professionnel de santé peut engager sa responsabilité délictuelle. Le patient ou les membres de sa famille endeuillée peuvent alors disposer d’un fondement pour demander l’indemnisation de leur préjudice moral.

La Cour suprême de la République de Corée a effectivement jugé qu’une indemnisation du préjudice moral pouvait être accordée lorsque des soins manifestement négligents avaient causé une souffrance psychologique au patient.(arrêt de la Cour suprême du 28 septembre 2006, 2004다61402)

3. Faute médicale | Action en dommages-intérêts

Daeryun, action civile en dommages-intérêts pour faute médicale

Lorsqu’un patient affirme avoir subi un préjudice en raison d’une faute médicale, le professionnel de santé ou l’établissement de santé doit examiner la possibilité que sa responsabilité juridique soit engagée.

Le patient peut engager une action en dommages-intérêts contre le professionnel ou l’établissement de santé et invoquer, comme fondement juridique, l’inexécution d’une obligation contractuelle, la responsabilité délictuelle, ou ces deux fondements à la fois.

Fondements juridiques des dommages-intérêts

1. Responsabilité pour inexécution d’une obligation contractuelle (article 390 de la Loi civile de la République de Corée)

▶ Personne responsable : la partie ayant conclu le contrat avec le patient, par exemple la personne morale exploitant l’hôpital ou le représentant d’une clinique individuelle

▶ Titulaire du droit d’agir : le patient lui-même ou son représentant légal

▶ Prescription extinctive : dans un délai de 10 ans à compter de la date de l’inexécution

2. Responsabilité délictuelle (article 750 de la Loi civile de la République de Corée)

▶ Personne responsable : le professionnel de santé ayant directement fourni les soins et celui auquel incombe la responsabilité de leur supervision

▶ Titulaire du droit d’agir : le patient lésé, mais aussi son conjoint, ses parents ou ses enfants, notamment pour demander l’indemnisation d’un préjudice moral

▶ Prescription extinctive : 3 ans à compter de la date à laquelle la victime a eu connaissance du préjudice et de son auteur, ou dans un délai de 10 ans à compter du fait dommageable

Questions centrales du litige

Dans les actions relatives à une faute médicale, le tribunal examine principalement si le professionnel de santé a respecté son obligation de diligence et s’il existe un lien de causalité entre la faute et le préjudice.

• Existence d’une faute du professionnel de santé : a-t-il respecté l’obligation de diligence normalement exigée au moment des soins ?
• Lien de causalité entre la faute et le préjudice : l’acte du professionnel de santé a-t-il effectivement causé le préjudice ?

La responsabilité en dommages-intérêts ne peut être reconnue que si ces deux conditions sont établies. L’établissement de santé doit donc conserver les éléments nécessaires à sa défense en assurant une gestion rigoureuse des dossiers médicaux et des procédures.

Facteurs susceptibles de réduire les dommages-intérêts

Dans certaines circonstances, le tribunal peut limiter partiellement la responsabilité du professionnel de santé et ajuster le montant des dommages-intérêts.

Les principaux motifs de réduction sont les suivants.

1. Influence de facteurs propres au patient sur l’accident

Lorsque le tribunal estime que des facteurs propres au patient ont contribué, avec la faute du professionnel de santé, à la survenance ou à l’aggravation du préjudice, il peut réduire le montant des dommages-intérêts. Cette réduction est possible même en l’absence de faute imputable au patient si le fait d’imposer au médecin la réparation intégrale du préjudice est considéré comme contraire à l’équité.
(arrêt de la Cour suprême du 24 juillet 1998, 98다12270)

2. Prise en considération de l’incertitude inhérente à l’acte médical et d’autres circonstances

Le montant des dommages-intérêts peut également être réduit en tenant compte de différentes circonstances concrètes, notamment de l’incertitude inhérente à l’acte médical, afin d’assurer une répartition équitable et appropriée du préjudice entre les parties.
(arrêt de la Cour suprême du 21 janvier 2000, 98다50586)

4. Faute médicale | Accord transactionnel

Lorsqu’un accident médical survient, l’établissement de santé peut tenter de conclure un accord transactionnel avec la victime afin de limiter le litige juridique et de mettre fin à l’affaire.


Toutefois, un tel accord ne se limite pas au versement d’une somme ou à la présentation d’excuses. Comme il est étroitement lié à la renonciation à des droits juridiques, il doit être envisagé avec prudence.

Signification juridique d’un accord relatif à un accident médical

L’accord relatif à un accident médical constitue un contrat de transaction au sens de l’article 732 de la Loi civile de la République de Corée. Par ce contrat, les deux parties conviennent, au moyen de concessions réciproques, de mettre fin au litige.

L’accord ne doit pas nécessairement être établi par écrit. Il est toutefois recommandé de rédiger un document précis et clair afin de pouvoir prouver son existence et son contenu.

Dans la mesure du possible, il est préférable de consulter un professionnel du droit ou de recourir au dispositif coréen de transaction judiciaire.

Parties à l’accord transactionnel

Lorsque le patient est majeur et dispose de la capacité de prendre des décisions, il doit participer lui-même à la conclusion de l’accord.

Si un membre de la famille ou un autre mandataire participe à l’accord, il doit prouver que le patient lui a clairement conféré un pouvoir de représentation. Des documents tels qu’une procuration et un certificat d’empreinte du sceau enregistré sont alors nécessaires.

Un accord conclu sans pouvoir de représentation peut être nul. L’établissement de santé doit donc impérativement vérifier l’existence de ce pouvoir au cours du processus de conclusion.

Exécution forcée en cas d’inexécution de l’accord

Un simple accord écrit ne permet pas de procéder à une exécution forcée.

Pour procéder à une exécution forcée sur le fondement de l’accord, il faut obtenir un titre exécutoire, tel qu’un jugement ou une ordonnance coréenne de paiement.

Toutefois, l’exécution forcée peut être engagée directement lorsqu’un acte notarié comporte une clause de consentement à cette exécution.

5. Faute médicale | Procédure judiciaire

Avocat de Daeryun intervenant en droit médical, procédure détaillée relative à la faute médicale

Les actions relatives à une faute médicale se déroulent selon des procédures spécialisées tenant compte des caractéristiques propres aux affaires médicales.

Pour répondre à une action, l’établissement de santé doit limiter les risques juridiques en réunissant les preuves nécessaires et en assurant une gestion rigoureuse de la procédure.

Dépôt de la demande et attribution de l’affaire

Afin de renforcer la spécialisation et de garantir un examen approprié des affaires médicales, le Tribunal de district central de Séoul, en République de Corée, a désigné comme chambres spécialisées deux formations collégiales et trois formations à juge unique parmi ses chambres civiles.

Lorsqu’une action relative à une faute médicale est introduite, la chambre spécialisée concernée traite l’affaire. Après son attribution, l’établissement de santé doit préparer rapidement les documents destinés au tribunal et désigner l’avocat chargé du dossier.

Procédure préparatoire des débats

Après le dépôt de la demande, les questions litigieuses sont délimitées et les preuves sont examinées dans le cadre d’une procédure préparatoire des débats conduite par un juge unique.

L’établissement de santé répond aux affirmations du demandeur en produisant notamment un document exposant le déroulement des soins et un mémoire en défense. Si nécessaire, il doit préciser sa position juridique au moyen d’observations complémentaires.

À l’issue de la procédure préparatoire, l’affaire peut être close par le prononcé d’un jugement ou par un accord à la suite d’une audience de plaidoirie ou d’une séance de conciliation.

Production des preuves

L’établissement de santé doit préparer les éléments suivants pour étayer sa position.

• Dossiers médicaux et traductions

Le demandeur doit obtenir auprès de l’hôpital une copie du dossier médical ou demander au tribunal d’en ordonner la production. Une traduction doit également être produite lorsque le dossier contient des termes spécialisés dans une langue étrangère.

• Publications médicales

Des manuels de médecine, des articles scientifiques et d’autres publications sont produits pour établir devant le tribunal les connaissances médicales pertinentes. Leur couverture et leur quatrième de couverture doivent également être copiées afin de permettre la vérification de la date de publication, de l’auteur et de l’éditeur.

Les documents en langue étrangère doivent comporter un soulignement des passages importants ainsi qu’une traduction.

• Demandes de renseignements factuels et expertise

Si nécessaire, le tribunal sollicite un avis d’expert et des renseignements factuels afin de vérifier les connaissances médicales et les faits. Les parties doivent formuler leurs demandes en fonction des questions litigieuses.

• Expertise médicale de la personne

Lorsque le patient n’est pas décédé, une expertise médicale de sa personne est réalisée afin d’évaluer son état physique, notamment la localisation et le degré du handicap, le taux de perte de capacité de travail et les frais de traitement futurs.

Sauf circonstances particulières, il est préférable que le demandeur sollicite cette expertise au début de la procédure.

• Expertise du dossier médical

L’expertise du dossier médical est une procédure visant à obtenir l’avis d’un spécialiste sur le caractère approprié des mesures prises par l’équipe médicale, à partir du dossier médical et d’autres documents.

Il convient de la réaliser une fois les questions litigieuses clairement définies. Il est fréquent que chacune des deux parties en fasse séparément la demande.

Débats

Après la clôture de la procédure préparatoire, les débats sont conduits par trois juges dans les affaires relevant d’une formation collégiale et par un seul juge dans celles relevant d’un juge unique.

L’administration de la preuve étant souvent suffisamment avancée pendant la procédure préparatoire, les débats se déroulent fréquemment sans mesure d’instruction supplémentaire. Il arrive toutefois que le médecin ayant rédigé le rapport d’expertise soit convoqué comme témoin expert afin de fournir des explications.

6. Faute médicale | Assistance juridique

Les affaires de faute médicale sont des litiges particuliers qui requièrent à la fois des connaissances médicales spécialisées et la maîtrise des procédures juridiques. Les établissements de santé doivent donc préparer une réponse structurée dès le début.

Une réponse apportée sans connaissances juridiques ni expérience appropriées peut entraîner des insuffisances dans la collecte des preuves essentielles ou la conduite de la procédure. Celles-ci peuvent avoir une incidence défavorable sur l’étendue de la responsabilité juridique de l’établissement et sur l’issue de l’affaire.

Notre cabinet accompagne l’ensemble de la procédure grâce à une collaboration étroite entre des avocats intervenant dans les affaires de faute médicale et son propre centre d’investigation des preuves.

Il élabore des stratégies adaptées aux caractéristiques complexes des litiges médicaux et assure avec prudence la représentation lors des négociations transactionnelles, en tenant compte des droits et intérêts du client.

En cas de litige médical, notamment en matière de faute médicale, une stratégie de réponse peut être élaborée avec un 🔗avocat intervenant en droit médical.

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