CONTENTS
- 1. Recouvrement de créances | Définition

- 2. Recouvrement de créances | Précautions contre les pratiques de recouvrement illicites

- - Restriction à l’inscription en qualité de débiteur défaillant
- - Interdiction de contacter le débiteur après la désignation d’un mandataire, restrictions aux contacts
- - Interdiction des violences, des menaces et des actes suscitant la peur
- - Interdiction de divulguer des données personnelles et des informations de crédit
- - Interdiction des indications mensongères et des pratiques déloyales
- - Responsabilité en dommages-intérêts
- 3. Recouvrement de créances | Procédure

- - Créances pouvant faire l’objet d’un recouvrement
- 4. Recouvrement de créances | Précautions à prendre par le créancier

- - Questions relatives au recouvrement de créances
1. Recouvrement de créances | Définition

Le recouvrement de créances désigne l’ensemble des démarches qu’une personne ou une entreprise entreprend afin de recouvrer une somme qui lui est due par un tiers, mais qui ne lui a pas été versée.
Les principales opérations de recouvrement comprennent notamment la recherche du patrimoine du débiteur, la demande de paiement de la créance, la réception des sommes versées par le débiteur pour le compte du créancier et la recherche de l’adresse du débiteur .
Pour procéder au recouvrement, le créancier doit confier cette mission à un organisme ou à un avocat légalement habilité.
Le mandataire doit satisfaire aux conditions et qualifications prévues par la Loi coréenne sur l’utilisation et la protection des informations de crédit. Confier cette mission à un organisme ou à une personne dépourvue de qualité peut entraîner des difficultés juridiques.
Avant de confier le recouvrement d’une créance, il convient donc de vérifier que l’organisme ou le professionnel du droit concerné dispose des qualifications légalement requises.
2. Recouvrement de créances | Précautions contre les pratiques de recouvrement illicites
En matière de recouvrement de créances, il convient de prendre garde aux pratiques de recouvrement illicites.
Le créancier peut procéder au recouvrement sur le fondement d’un droit légitime. Toutefois, si la personne chargée du recouvrement exerce sur le débiteur une pression excessive ou recourt à des méthodes illicites dépassant les limites fixées par la loi, ces actes constituent un recouvrement illicite et peuvent donner lieu à diverses sanctions pénales et administratives.
Restriction à l’inscription en qualité de débiteur défaillant
Lorsque le débiteur conteste l’existence même de la dette et qu’une action en justice engagée à ce titre est en cours, la personne chargée du recouvrement ne doit pas l’inscrire comme débiteur défaillant dans le système informatique d’un organisme centralisateur des informations de crédit ou d’un prestataire d’informations de crédit.
Si le débiteur y était déjà inscrit, la personne chargée du recouvrement doit supprimer les informations concernées dans les 30 jours suivant la date à laquelle elle a appris qu’une action avait été introduite et était en cours.
En cas de violation, une amende administrative de 1 500 000 wons sud-coréens est imposée pour une première infraction, de 3 000 000 wons sud-coréens pour une deuxième et de 7 000 000 wons sud-coréens pour une troisième.
Interdiction de contacter le débiteur après la désignation d’un mandataire, restrictions aux contacts
Lorsque le débiteur désigne un avocat ou une autre personne comme mandataire pour répondre au recouvrement et en informe par écrit la personne chargée du recouvrement, celle-ci ne doit plus contacter directement le débiteur ni lui rendre visite. Il lui est également interdit de lui faire parvenir tout écrit, son, image ou objet.
Une violation peut donner lieu à une amende administrative pouvant atteindre 20 000 000 de wons sud-coréens.
La personne chargée du recouvrement ne peut prendre contact avec une personne liée au débiteur qu’afin de rechercher son adresse, ses coordonnées ou sa localisation. Il lui est interdit de rendre visite à cette personne ou de la contacter à d’autres fins, notamment pour l’informer de la dette ou la solliciter en vue du recouvrement.
Une violation peut être punie d’une peine d’emprisonnement avec travail d’une durée maximale de 1 an ou d’une amende pénale maximale de 10 000 000 de wons sud-coréens. Si la transmission de ces informations à une personne liée au débiteur entraîne la divulgation des informations de crédit de ce dernier, une amende administrative distincte peut également être imposée.
Interdiction des violences, des menaces et des actes suscitant la peur
La personne chargée du recouvrement ne doit commettre aucun des actes d’intimidation physique ou psychologique suivants dans le cadre du recouvrement.
-Effectuer sans motif légitime des visites ou des prises de contact répétées ou nocturnes, entre 21 h et 8 h, de manière à susciter la peur ou l’anxiété
-Communiquer à un tiers de fausses informations relatives à la dette
-Contraindre une personne autre que le débiteur à payer la dette ou divulguer publiquement l’existence de celle-ci, entre autres
Ces actes sont strictement interdits par l’article 9 de la Loi coréenne sur le recouvrement équitable des créances et peuvent être punis d’une peine d’emprisonnement avec travail d’une durée maximale de 5 ans ou d’une amende pénale maximale de 50 000 000 de wons sud-coréens.
Interdiction de divulguer des données personnelles et des informations de crédit
La personne chargée du recouvrement ne doit ni divulguer à des tiers les données personnelles ou les informations de crédit du débiteur ou d’une personne qui lui est liée dont elle a pris connaissance au cours du recouvrement, ni les utiliser à d’autres fins que celui-ci.
Une violation est punie d’une peine d’emprisonnement avec travail d’une durée maximale de 3 ans ou d’une amende pénale maximale de 30 000 000 de wons sud-coréens.
Interdiction des indications mensongères et des pratiques déloyales
La personne chargée du recouvrement ne doit pas tromper le débiteur ou une personne qui lui est liée au moyen des indications fausses ou exagérées suivantes.
-Utiliser le nom d’un organisme public, tel qu’un tribunal ou un parquet coréen, afin de créer une fausse impression quant aux effets juridiques
-Prétendre qu’une action en justice ou une procédure pénale est en cours alors qu’aucune procédure juridique n’a été engagée
-Usurper sans autorisation le nom d’une autre organisation afin de donner une apparence de légitimité
Selon la nature de l’indication mensongère, ces actes peuvent donner lieu à une peine d’emprisonnement avec travail d’une durée maximale de 3 ans, à une amende pénale maximale de 30 000 000 de wons sud-coréens ou à une amende administrative maximale de 6 000 000 de wons sud-coréens.
Il est également interdit d’exploiter la situation difficile du débiteur ou de recourir à des moyens excessifs afin de l’inciter à payer sa dette.
Les principales pratiques déloyales interdites sont les suivantes.
-Demander des informations sur le débiteur à une personne qui lui est liée alors que sa localisation ne présente aucune difficulté
-Faire supporter au destinataire les frais de communication au moyen d’un appel en PCV
-Poursuivre le recouvrement tout en sachant que celui-ci est interdit dans le cadre d’une procédure de redressement personnel ou de faillite
-Envoyer des relances sous une forme, telle qu’une carte postale, permettant à des tiers de prendre connaissance de la dette
Ces actes donnent lieu, selon le nombre de violations, à une amende administrative comprise entre 1 000 000 et 14 000 000 de wons sud-coréens.
Responsabilité en dommages-intérêts
Lorsque les actes illicites précités commis par la personne chargée du recouvrement causent un préjudice au débiteur ou à une personne qui lui est liée, elle engage sa responsabilité civile et doit réparer ce préjudice.
Les personnes liées au débiteur comprennent notamment celles qui vivent avec lui ou partagent ses moyens de subsistance, ses proches et ses collègues de travail. Une responsabilité juridique peut donc également naître à l’égard des personnes de son entourage affectées par le recouvrement.
3. Recouvrement de créances | Procédure
Le recouvrement de créances se déroule généralement selon les étapes suivantes.
① Vérification de la créance et examen de la prescription extinctive
Avant d’engager le recouvrement, il faut d’abord vérifier que la créance est valable, notamment que son délai de prescription extinctive n’est pas arrivé à expiration.
Le délai de prescription extinctive est généralement de 10 ans pour les créances civiles, de 5 ans pour les créances commerciales et de 3 ans pour les créances salariales.
Toutefois, s’il existe une cause d’interruption, telle que l’introduction d’une action en justice ou un paiement partiel effectué par le débiteur, le délai est prolongé.
② Enquête sur le débiteur
Cette étape consiste à rechercher le domicile effectif du débiteur, son patrimoine et ses revenus.
L’existence d’actifs susceptibles de faire l’objet d’une exécution est vérifiée au moyen, notamment, du registre foncier, du registre des véhicules et des informations relatives aux transactions financières. Si nécessaire, il est également possible de recourir à une demande de renseignements auprès d’un tribunal coréen ou à une demande de divulgation d’informations adressée à un établissement financier.
③ Demande de paiement et négociation
Le paiement est demandé au débiteur par un courrier certifiant le contenu, par téléphone, par message ou par courriel. Des modalités telles qu’un paiement échelonné ou un report peuvent également être négociées.
Si les échanges avec le débiteur aboutissent, le recouvrement peut intervenir sans action en justice, ce qui permet d’économiser du temps et des frais.
④ Action civile ou demande d’injonction de payer
Si le débiteur refuse de payer ou demeure injoignable, le créancier peut obtenir un jugement au moyen d’une action civile ou un titre exécutoire au moyen de la procédure coréenne simplifiée d’injonction de payer.
L’injonction de payer est rendue à l’issue d’un examen écrit. Si le débiteur ne forme pas opposition, elle peut être immédiatement exécutée, ce qui rend cette procédure utile lorsqu’un traitement rapide est recherché.
⑤ Exécution forcée
Sur le fondement d’un titre exécutoire tel qu’un jugement, une décision d’injonction de payer ou un acte authentique exécutoire, il est possible de demander au tribunal l’exécution forcée sur les biens immobiliers, les dépôts bancaires, les salaires ou les véhicules du débiteur.
À ce stade, il est important de préserver préalablement le patrimoine du débiteur en sollicitant notamment une saisie conservatoire ou une mesure provisoire.
Créances pouvant faire l’objet d’un recouvrement
Créances civiles
-Jugement définitif ou procès-verbal de conciliation obtenu dans le cadre d’une action civile
-Décision recommandant l’exécution
-Décision d’injonction de payer
-Ordonnance d’indemnisation rendue dans une affaire pénale
-Acte authentique doté de force exécutoire
Créances commerciales
-Contrat conclu aux fins d’une transaction
-Facture fiscale, relevé de transaction, historique des transactions
-Lettre de transport, reçu de livraison, relevé des travaux, reconnaissance de dette, engagement d’exécution
4. Recouvrement de créances | Précautions à prendre par le créancier
Examinons les précautions que le créancier doit prendre en matière de recouvrement de créances.
▶Interdiction de confier le recouvrement à une personne non habilitée
Seuls un avocat ou une société d’informations de crédit agréée en vertu de la Loi coréenne sur l’utilisation et la protection des informations de crédit peuvent se voir confier une mission de recouvrement.
Si cette mission est confiée à une entreprise non enregistrée, à un intermédiaire ou à un simple particulier, le mandat lui-même est nul et peut exposer à des sanctions pénales.
En outre, les organismes de recouvrement non habilités étant davantage susceptibles de commettre des actes illicites, la responsabilité civile ou pénale du créancier peut également être engagée.
▶Vérification impérative de la prescription extinctive
Lorsqu’une tentative de recouvrement porte sur une créance dont le délai de prescription extinctive est déjà arrivé à expiration, le créancier ne peut plus exercer son droit si le débiteur invoque cette prescription.
Questions relatives au recouvrement de créances
Le recouvrement de créances ne se limite pas à une simple question financière. Il s’agit d’une matière complexe susceptible de faire naître des risques juridiques et des conflits de droits tant pour le créancier que pour le débiteur.
Le créancier doit veiller à ne pas dépasser l’étendue de ses droits légitimes au cours du recouvrement.
Le fait de confier le recouvrement à une personne non habilitée ou de recourir à des méthodes illicites, telles que des menaces ou des relances répétées, peut entraîner des sanctions pénales ou une responsabilité en dommages-intérêts.
À l’inverse, si le débiteur refuse systématiquement de répondre à des démarches de recouvrement légitimes ou s’abstient d’y donner suite, il peut subir des conséquences défavorables telles qu’une saisie conservatoire ou une exécution forcée.
Le recouvrement de créances soulevant ainsi des questions sensibles pour les deux parties, il est important de comprendre précisément les procédures juridiques applicables et de solliciter les conseils d’un professionnel.
Un avocat peut rechercher une solution concrète par la négociation avec le débiteur et, si nécessaire, engager les procédures juridiques puis l’exécution forcée afin de contribuer au recouvrement effectif de la créance.
La prise en charge juridique de l’ensemble des démarches peut également prévenir les risques liés aux pratiques de recouvrement illicites. L’assistance d’un avocat peut donc être envisagée afin d’organiser le recouvrement dans un cadre légal et responsable.
Les avocats de notre cabinet intervenant en matière civile collaborent avec le centre de recouvrement de créances et fournissent une assistance à toutes les étapes, notamment pour le recouvrement conforme à la loi, la réponse aux pratiques illicites et l’élaboration d’une stratégie de négociation.











