Analyses de cas / Actualités juridiques

Revirement d’une jurisprudence maintenue pendant 20 ans selon laquelle « seuls les médecins peuvent pratiquer le tatouage » : la Cour suprême juge que le tatouage pratiqué par une personne non professionnelle de santé ne constitue pas un acte médical sans autorisation

Dans une affaire portant sur la question de savoir si les actes ordinaires de tatouage artistique (lettrage et tatouage) pratiqués par une personne non professionnelle de santé constituaient des actes médicaux sans autorisation interdits par la Loi sur les services médicaux de la République de Corée, la Cour suprême de la République de Corée a jugé qu’ils ne pouvaient plus être considérés comme des actes médicaux.

Par cet arrêt, la Cour suprême a entièrement redéfini la notion d’« acte médical » au sens de la Loi sur les services médicaux ainsi que les critères permettant de la déterminer. Elle a également modifié sa jurisprudence antérieure, notamment celle relative au tatouage datant de 2004. (Arrêt de la Cour suprême rendu en formation plénière le 21 mai 2026, affaire 2022도13370)

1. Présentation de l’affaire portant sur la qualification du tatouage artistique comme acte médical sans autorisation

Procédure d’examen visant à déterminer l’existence d’un acte médical sans autorisation dans une affaire d’infraction à la Loi sur les services médicaux
Cette image a été générée par une IA et ne représente pas une personne réelle.


Cette affaire concernait la question de savoir si un tatouage artistique pratiqué par une personne non professionnelle de santé constituait un acte médical sans autorisation au sens de la Loi sur les services médicaux.

Bien qu’elle ne fût pas professionnelle de santé, la personne poursuivie avait fixé une aiguille jetable sur une machine à tatouer et injecté un pigment dans la peau. Elle a été poursuivie pour avoir réalisé un tatouage dit de lettrage et reçu une rémunération en contrepartie.

Le parquet estimait que ces faits constituaient un acte médical sans autorisation interdit par l’article 27, paragraphe 1, de la Loi sur les services médicaux.

La juridiction de première instance a prononcé une amende pénale de 1 000 000 de wons sud-coréens, et la juridiction précédente a maintenu la déclaration de culpabilité en se fondant sur la jurisprudence antérieure de la Cour suprême.

La personne poursuivie a alors formé un pourvoi, et l’affaire a été renvoyée devant la formation plénière de la Cour suprême.

Appréciation de la juridiction précédente

Principales questions soulevées dans cette affaire

  • Question 1. Le tatouage artistique constitue-t-il un acte médical au sens de la Loi sur les services médicaux ?
  • Question 2. La pratique du tatouage exige-t-elle des connaissances spécialisées et une expérience d’un niveau équivalent à celles d’un professionnel de santé ?
  • Question 3. En raison des risques d’infection et d’effets indésirables, le tatouage doit-il être réservé aux professionnels de santé ?


La juridiction précédente a considéré que le tatouage entraînait une modification directe du corps humain lors de l’injection d’un pigment dans la peau au moyen d’une aiguille.

Elle a également estimé qu’une gestion spécialisée était nécessaire en raison des risques d’infection ou de transmission de maladies susceptibles de survenir pendant la procédure.

Elle s’est en outre fondée sur la jurisprudence antérieure de la Cour suprême, selon laquelle le tatouage pratiqué par une personne non professionnelle de santé constituait un acte médical sans autorisation.

En conséquence, la juridiction précédente a déclaré la personne poursuivie coupable, estimant que le tatouage artistique qu’elle avait pratiqué constituait un acte médical sans autorisation au sens de la Loi sur les services médicaux.

2. Législation et jurisprudence relatives aux critères antérieurs de qualification d’un acte médical

Article 27 de la Loi sur les services médicaux (interdiction des actes médicaux sans autorisation, etc.)

①Nul ne peut accomplir un acte médical s’il n’est pas professionnel de santé, et un professionnel de santé ne peut accomplir aucun acte médical autre que ceux autorisés par sa licence.


La Loi sur les services médicaux interdit aux personnes qui ne sont pas des professionnels de santé d’accomplir des actes médicaux.

Elle ne définit toutefois pas expressément la notion d’« acte médical ».

La question de savoir si un acte déterminé constitue un acte médical a donc été tranchée par l’interprétation des juridictions.

Arrêt de la Cour suprême du 22 mai 1992, affaire 91도3219

Arrêt de la Cour suprême du 22 mai 1992, affaire 91도3219

La notion d’acte médical désigne non seulement les actes visant à prévenir ou à traiter une maladie, mais également ceux qui, s’ils ne sont pas accomplis par un professionnel de santé, sont susceptibles de présenter un risque pour la santé publique et l’hygiène.


Dans cette affaire concernant un tatouage des sourcils pratiqué par une personne non professionnelle de santé, la Cour suprême a considéré que le fait de perforer la peau avec une aiguille pour y injecter un pigment présentait notamment un risque d’infection et constituait donc un acte médical devant être accompli par un professionnel de santé.

Ainsi, dans cet arrêt, la Cour suprême avait jugé que le tatouage des sourcils pratiqué par une personne non professionnelle de santé constituait un acte médical sans autorisation.

Arrêt de la Cour suprême du 27 avril 2004, affaire 2004도673

Arrêt de la Cour suprême du 27 avril 2004, affaire 2004도673

Le tatouage artistique ordinaire pratiqué par une personne non professionnelle de santé constitue un acte médical sans autorisation passible d’une sanction.


Dans une autre affaire concernant un tatouage ordinaire pratiqué par une personne non professionnelle de santé, la Cour suprême a estimé que le tatouage était un acte médical susceptible de présenter un risque pour la santé publique et l’hygiène s’il n’était pas accompli par un professionnel de santé.

En conséquence, dans cet arrêt, la Cour suprême avait considéré qu’un tatouage ordinaire constituait un acte médical sans autorisation.

3. Critères de qualification des actes médicaux retenus par la Cour suprême

Présentation d’une affaire de tatouage mettant en cause une possible infraction à la Loi sur les services médicaux et des critères d’appréciation retenus par la Cour suprême
Cette image a été générée par une IA et ne représente pas une personne réelle.


Afin de déterminer si le tatouage artistique pratiqué par une personne non professionnelle de santé constituait un acte médical sans autorisation interdit par la Loi sur les services médicaux, la Cour suprême a procédé à un nouvel examen de la notion et du champ des actes médicaux.

La juridiction précédente avait appliqué la jurisprudence antérieure de la Cour suprême et prononcé une déclaration de culpabilité, considérant que le tatouage constituait un acte médical sans autorisation au motif qu’il causait une lésion cutanée et présentait un risque d’infection.

Cependant, la Cour suprême a estimé que le tatouage artistique avait principalement une finalité d’expression artistique ou décorative, et non de prévention ou de traitement des maladies, et qu’il était difficile de considérer que sa réalisation exigeait nécessairement un niveau d’expertise équivalent à celui d’un professionnel de santé.

Elle a également jugé qu’il convenait de prendre en considération l’évolution de l’environnement médical et des techniques d’hygiène, le changement de la perception sociale du tatouage ainsi que les droits fondamentaux garantis par la Constitution, notamment la liberté d’expression et le droit à la recherche du bonheur.

En définitive, la Cour suprême a jugé que le tatouage artistique ordinaire ne constituait pas un acte médical sans autorisation. Elle a modifié sa jurisprudence antérieure et cassé la déclaration de culpabilité rendue par la juridiction précédente.

Critères de qualification d’un acte médical

Dans cet arrêt rendu en formation plénière, la Cour suprême a défini les actes médicaux comme suit.

Les actes visant à prévenir ou à traiter une maladie, ou ceux qui, s’ils ne sont pas accomplis par un professionnel de santé, sont susceptibles de présenter un risque pour la vie ou l’intégrité physique d’une personne sur le plan de la santé publique et de l’hygiène, de sorte que leur réalisation et leur gestion doivent reposer sur des connaissances médicales spécialisées.


Elle a également indiqué qu’il convenait de déterminer l’existence d’un acte médical en tenant compte de manière globale des éléments suivants.

Synthèse des principaux éléments permettant d’établir une infraction à la Loi sur les services médicaux et des questions juridiques connexes

Rapport entre les droits fondamentaux constitutionnels et la présente affaire

À l’origine, l’article 27 de la Loi sur les services médicaux réserve les actes médicaux aux professionnels de santé afin de protéger la santé et la vie de la population.

Toutefois, dès lors qu’un acte est qualifié d’acte médical, il devient de fait réservé aux professionnels de santé.

La formation plénière a donc estimé que, pour déterminer si un acte devait être considéré comme médical, il convenait de prendre en compte non seulement l’intérêt public tenant à la protection de la santé de la population, mais aussi les restrictions apportées aux droits fondamentaux des personnes souhaitant accomplir cet acte ou y recourir.

Qualification d’un acte médical et critères de sanction dans une affaire d’infraction à la Loi sur les services médicaux


La Cour suprême a considéré que, pour déterminer si le tatouage constituait un acte médical, il fallait également tenir compte de la liberté de choisir sa profession du tatoueur et de la personne tatouée, de leur droit à la recherche du bonheur ainsi que des libertés d’expression, de création artistique et de religion.

Ainsi, elle a jugé que, lorsque la nécessité de réserver exclusivement le tatouage aux professionnels de santé n’est pas clairement établie, la Loi sur les services médicaux doit être interprétée de manière à garantir ces droits fondamentaux dans toute la mesure possible.

4. Portée de l’arrêt et incidences pratiques

Cet arrêt revêt une importance particulière en ce qu’il ne considère plus les actes ordinaires de tatouage artistique comme des actes médicaux et modifie ainsi les critères juridiques applicables au tatouage qui avaient été maintenus pendant 20 ans.

En conséquence, le secteur du tatouage devrait être en grande partie libéré du risque de sanctions pénales pour infraction à la Loi sur les services médicaux.

Toutefois, les questions de gestion de la sécurité, d’hygiène et de protection des consommateurs liées à la pratique du tatouage ne sont pas toutes résolues, de sorte qu’il demeure nécessaire d’examiner les lois et réglementations applicables.

En particulier, à l’approche de la Loi sur les tatoueurs, les professionnels concernés doivent se préparer aux changements découlant du nouveau dispositif.

Points à vérifier par les professionnels du tatouage

Cet arrêt est important en ce qu’il ne considère plus le tatouage artistique ordinaire comme un acte médical et tient largement compte de la liberté de choisir sa profession du tatoueur ainsi que de la liberté d’expression et du droit à la recherche du bonheur de la personne tatouée.

Il devrait par conséquent exercer une influence importante sur l’institutionnalisation future du secteur du tatouage et sur la mise en œuvre de la Loi sur les tatoueurs.

Il convient néanmoins de rappeler que la Cour suprême n’a pas écarté toute réglementation de l’activité de tatouage.

Il est plutôt possible de considérer qu’elle a reconnu la licéité du tatouage sous réserve d’un dispositif de gestion de l’hygiène et de la sécurité.

La future Loi sur les tatoueurs étant susceptible de préciser les obligations en matière de licence, de formation et d’hygiène, il convient de se préparer à ces exigences.

Points à vérifier par les secteurs médical et de la beauté

La principale portée de cet arrêt réside dans la redéfinition de la notion d’acte médical.

À l’avenir, pour les services situés à la frontière entre les domaines médical et non médical, notamment les soins esthétiques de la peau, le maquillage semi-permanent et les technologies de la beauté, la « nécessité de connaissances médicales spécialisées » ainsi que la « probabilité de survenance d’un risque et la possibilité de le maîtriser » pourraient constituer des critères d’appréciation importants.

Les entreprises et professionnels concernés doivent donc examiner de manière globale non seulement la désignation de la procédure, mais aussi le niveau d’expertise requis, les risques qu’elle présente et le cadre réglementaire applicable.

Dans les domaines où la qualification d’acte médical est susceptible de se poser, il importe notamment de solliciter au préalable un conseil juridique afin d’évaluer le risque de manquement à la réglementation.

5. Gestion des litiges et conseil juridique par un avocat d’affaires

Cet arrêt revêt une importance particulière puisqu’il s’agit d’une décision rendue en formation plénière qui redéfinit la notion et le champ des actes médicaux.

La modification de la jurisprudence antérieure, tenant activement compte de l’évolution de la société et des technologies ainsi que de la garantie des droits fondamentaux de la population, pourrait notamment influencer de futurs litiges dans divers domaines de la médecine et de la beauté.

Toutefois, les tatouages à finalité médicale, les procédures à haut risque, les infections, les manquements aux règles d’hygiène et les litiges relatifs aux dommages-intérêts peuvent encore nécessiter un examen juridique distinct.

Situations nécessitant un examen juridique

Situation

Examen juridique nécessaire

Plainte pénale ou enquête concernant la pratique d’un tatouage

Examen d’une éventuelle infraction à la Loi sur les services médicaux et de la responsabilité pénale

Apparition d’effets indésirables, tels qu’une infection ou une cicatrice, après la procédure

Examen de la responsabilité en matière de dommages-intérêts et de l’existence d’une faute

Ouverture ou exploitation d’un établissement de tatouage

Examen de la réglementation de l’activité et des normes d’hygiène

Contrôle d’une autorité administrative ou dépôt d’une réclamation

Gestion de l’acte administratif et examen des risques juridiques

Litige relatif à un contrat ou au remboursement d’une prestation de tatouage

Examen de la relation contractuelle et du règlement du litige de consommation

Préparation à l’entrée en vigueur de la Loi sur les tatoueurs

Examen des obligations en matière de qualification, de formation et d’hygiène


Dans les situations ci-dessus, il convient d’examiner de manière globale non seulement la responsabilité éventuelle du tatoueur, mais aussi le champ des actes médicaux, le rôle du système de licences des professionnels de santé ainsi que l’équilibre entre la protection du droit à la santé de la population et la liberté professionnelle.

Comme cet arrêt a redéfini la notion d’acte médical et les critères permettant de l’identifier au sens de la Loi sur les services médicaux, il est désormais également important que les établissements et les professionnels de santé procèdent à un examen juridique de la délimitation future entre les prestations réalisées par des personnes non professionnelles de santé et le domaine médical.

Les débats sur le rôle du secteur médical et l’étendue de la réglementation étant susceptibles de se poursuivre lors de l’entrée en vigueur de la Loi sur les tatoueurs et de la réorganisation des dispositifs connexes, il convient de suivre régulièrement l’évolution de la législation et des politiques publiques.

Par conséquent, les établissements et professionnels de santé devraient examiner attentivement les effets du nouvel environnement juridique sur la pratique médicale et, si nécessaire, définir une orientation adaptée avec le conseil d’un avocat d’affaires.

Assistance d’un avocat d’affaires

▶ Examiner les critères distinguant les actes médicaux des actes non médicaux et analyser l’applicabilité de la Loi sur les services médicaux aux nouvelles procédures, aux services esthétiques et aux activités de santé

▶ Examiner les risques juridiques susceptibles de survenir dans l’exploitation des établissements de santé et lors de l’introduction de nouveaux services, sur le fondement des critères de qualification des actes médicaux modifiés à la suite de l’arrêt relatif au tatouage

▶ Analyser les effets de l’entrée en vigueur de la Loi sur les tatoueurs et des évolutions institutionnelles connexes sur les établissements et professionnels de santé ainsi que sur l’ensemble du secteur médical, et élaborer une stratégie de gestion

▶ Examiner l’évolution de l’environnement réglementaire relatif au système de licences des professionnels de santé et fournir des conseils juridiques visant à protéger les droits et intérêts du secteur médical

▶ Élaborer des mesures de gestion face à l’évolution des politiques et de la réglementation administrative des autorités compétentes, notamment le ministère de la Santé et du Bien-être et les collectivités territoriales, et apporter une assistance pour la présentation d’observations

▶ Procéder à un examen juridique et assurer la gestion des contentieux relatifs à la modification de la Loi sur les services médicaux, aux différends concernant le champ d’activité des différentes professions et aux actes médicaux sans autorisation

▶ Fournir des conseils globaux sur les questions susceptibles de survenir dans l’exploitation des établissements de santé, notamment les infractions à la Loi sur les services médicaux, les actes administratifs et les droits fondamentaux constitutionnels

▶ Évaluer les risques juridiques et contribuer à la mise en place de dispositifs de conformité concernant le champ des actes médicaux et l’évolution de la réglementation pour les organisations médicales, associations et entreprises


Les questions relatives au tatouage exigent un examen conjoint de diverses relations juridiques, notamment la responsabilité pénale, la responsabilité en matière de dommages-intérêts, la réglementation relative à l’hygiène publique et la possibilité d’un acte administratif.

En particulier, lorsque des effets indésirables tels qu’une infection, une cicatrice ou une pigmentation surviennent pendant la procédure, l’étendue de la responsabilité peut varier selon l’existence d’une faute du tatoueur et le respect de ses obligations en matière d’hygiène et d’information. Un examen juridique approfondi est donc important.

Daeryun, classé 9e cabinet d’avocats en République de Corée selon les déclarations de taxe sur la valeur ajoutée déposées auprès du Service national des impôts en 2025, fournit des services juridiques globaux concernant les litiges relatifs à la Loi sur les services médicaux en matière de tatouage, les demandes de dommages-intérêts liées aux effets indésirables d’une procédure, la gestion des plaintes pénales et les questions juridiques relatives à l’exploitation des établissements de tatouage.

Si un examen juridique est nécessaire concernant un litige survenu lors d’un tatouage ou l’exploitation d’un établissement, vous pouvez étudier les mesures envisageables au moyen de la 🔗réservation d’une consultation juridique avec un avocat d’affaires.

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