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Loi civile | Analyse de l’arrêt de la Cour suprême jugeant nulle une résolution écrite non prévue par les règles applicables

Nous analyserons un arrêt de la Cour suprême de la République de Corée selon lequel, en vertu de la Loi civile de la République de Corée, les délibérations d’une assemblée générale doivent en principe se tenir en présentiel et une résolution écrite non prévue par les règles applicables doit être considérée comme nulle.

CONTENTS
  • 1. Contentieux relevant de la Loi civile : quel était le contexte précis ?
    • - Contentieux relevant de la Loi civile : quels sont les textes applicables ?
  • 2. Contentieux relevant de la Loi civile : quelle a été la décision des juridictions inférieures ?
  • 3. Contentieux relevant de la Loi civile : quelle a été la décision de la Cour suprême ?
  • 4. Contentieux relevant de la Loi civile : quelle est l’approche de Daeryun ?

1. Contentieux relevant de la Loi civile : quel était le contexte précis ?

Les personnes à l’origine de l’action fondée sur la Loi civile étaient membres de l’association A, constituée en personne morale.

En 2020, l’association A avait décidé de tenir son assemblée générale extraordinaire des délégués au moyen d’une résolution écrite.

L’ordre du jour consistait à supprimer des statuts de la personne morale la phrase selon laquelle « le renouvellement du mandat du président est limité à une seule fois ».

L’association A a demandé à chaque délégué de remettre une résolution écrite concernant la modification des statuts.

Parmi les 454 délégués en fonction, 449 ont remis une résolution exprimant leur approbation. La clause statutaire limitant à une seule fois le renouvellement du mandat du président a ainsi été supprimée.

M. B, qui présidait alors l’association, s’est ensuite présenté comme candidat unique lors d’une assemblée générale extraordinaire des délégués tenue en présentiel et a de nouveau pris ses fonctions de président.

M. B avait déjà exercé un mandat renouvelé et n’aurait normalement pas pu se représenter. La modification des statuts adoptée par résolution écrite lui a toutefois permis d’exercer une fois encore la présidence.

Certains membres s’y sont opposés.

Invoquant une grave irrégularité dans la procédure de résolution écrite, ils ont introduit une action visant à faire constater la nullité de la résolution de l’assemblée générale extraordinaire des délégués.

Contentieux relevant de la Loi civile : quels sont les textes applicables ?

◈ Textes applicables

Article 73 (droit de vote des membres)

① Chaque membre dispose d’un droit de vote égal.

② Un membre peut exercer son droit de vote par écrit ou par l’intermédiaire d’un mandataire.

Article 75 de la Loi civile (modalités de délibération de l’assemblée générale)

① Sauf disposition contraire de la présente loi ou des statuts, les résolutions de l’assemblée générale sont adoptées en présence de la majorité des membres et à la majorité des droits de vote des membres présents.

◈ Jurisprudence applicable

« Dans le cas d’une association constituée en personne morale au sens de la Loi civile, il convient de considérer que, sauf disposition expresse d’une loi particulière ou des statuts autorisant les résolutions écrites, une résolution de l’assemblée générale ne peut être remplacée par une résolution exclusivement écrite sans que la procédure de convocation de l’assemblée générale ait été suivie.Par conséquent, lorsqu’une association constituée en personne morale au sens de la Loi civile remplace une résolution de l’assemblée générale par une résolution exclusivement écrite alors qu’aucune disposition d’une loi particulière ou des statuts ne l’autorise, l’irrégularité procédurale est si grave que la résolution elle-même doit être considérée comme inexistante. »(voir l’arrêt de la Haute Cour de Séoul du 23 décembre 2021, 2021나2030656, devenu définitif par l’arrêt de la Cour suprême de la République de Corée du 12 mai 2022, 2022다208427)

2. Contentieux relevant de la Loi civile : quelle a été la décision des juridictions inférieures ?

Dans ce contentieux relevant de la Loi civile, la juridiction de première instance a donné raison à l’association.

Elle a estimé que la modification des statuts adoptée par résolution écrite était valable et que l’élection de M. B l’était donc également.

Toutefois, la juridiction d’appel a adopté une position différente.

Elle a jugé qu’une résolution de l’assemblée générale ne pouvait être remplacée par une résolution écrite sans procédure de convocation.

Elle a relevé qu’une assemblée générale des membres doit en principe délibérer après un débat suffisant, tandis qu’une résolution écrite contraint les membres à exprimer leur volonté sous la forme d’un choix entre l’approbation, le rejet ou l’abstention.

La juridiction d’appel a souligné que la résolution écrite constituait un mode décisionnel dérogatoire, et non un processus démocratique permettant de réunir les membres et d’organiser un débat. Elle l’a donc jugée inadaptée aux assemblées générales des associations constituées en personne morale.

Elle a également interprété l’article 72, paragraphe 2, de la Loi civile, selon lequel « un membre peut exercer son droit de vote par écrit ou par l’intermédiaire d’un mandataire ».

Selon la juridiction d’appel, cette disposition se borne à assouplir les conditions d’adoption des résolutions afin d’éviter qu’une assemblée générale ne puisse se tenir faute de quorum, en permettant aux membres qui peuvent difficilement être présents d’exprimer leur position sur l’ordre du jour par écrit ou par l’intermédiaire d’un mandataire.

3. Contentieux relevant de la Loi civile : quelle a été la décision de la Cour suprême ?

Dans ce contentieux relevant de la Loi civile, la Cour suprême a adopté la même position que la juridiction d’appel.

La Cour suprême a déclaré que les membres doivent, en principe, participer directement et voter lors d’une assemblée générale d’une association constituée en personne morale au sens de la Loi civile, après l’accomplissement des procédures de convocation et de tenue de cette assemblée.

Elle a également relevé qu’une résolution écrite consistant uniquement à recueillir des votes favorables ou défavorables et à retenir la position majoritaire pouvait restreindre l’exercice des droits des membres.

Or, l’association A avait adopté une résolution de l’assemblée générale exclusivement par écrit alors que ni la loi ni ses statuts ne le prévoyaient. La Cour suprême a ajouté que cette résolution devait donc être considérée comme entachée d’une grave irrégularité.

Au cours du procès, l’association A avait par ailleurs soutenu que le recours à une résolution écrite avait été inévitable en raison de la propagation de la COVID-19. La Cour suprême a également rejeté cet argument.

Elle a expliqué qu’il n’était pas établi qu’une assemblée réunissant un grand nombre de participants eût été difficile à organiser au moment où la modification des statuts avait été décidée. Même si tel avait été le cas, rien n’indiquait qu’il fût alors nécessaire d’adopter la modification statutaire en cause.

4. Contentieux relevant de la Loi civile : quelle est l’approche de Daeryun ?

Nous avons analysé l’arrêt de la Cour suprême selon lequel l’adoption d’une résolution exclusivement par écrit, sans véritable tenue d’une assemblée générale, ne peut être considérée comme une procédure régulière.

Lorsque la COVID-19 s’est propagée dans l’ensemble du pays, de nombreuses associations constituées en personne morale ont adopté des résolutions par écrit plutôt que lors de réunions en présentiel.

Cet arrêt de la Cour suprême, selon lequel une résolution écrite ne peut être admise en l’absence de disposition correspondante dans les statuts, devrait également avoir une incidence importante sur les contentieux connexes actuellement pendants.

Même lorsqu’aucun contentieux n’est encore engagé, il peut donc être nécessaire de réexaminer les statuts de chaque personne morale.

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