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Réglementation de la fintech
La réglementation de la fintech influe directement sur la structure commerciale et la stratégie de croissance des services financiers fondés sur la technologie. Il est donc nécessaire de comprendre l’environnement réglementaire et d’élaborer une stratégie d’adaptation continue.
1. Réglementation de la fintech | Structure réglementaire à laquelle sont confrontées les entreprises de capital-risque et les start-up

La réglementation de la fintech intervient dans des domaines où la combinaison de la technologie et des services financiers rend difficile l’application immédiate de la réglementation financière existante.
Un même service réunit souvent des fonctions de paiement, d’investissement et de traitement des données. Il n’est donc pas rare qu’une activité débute sans que la législation applicable soit clairement déterminée.
En raison de ces caractéristiques structurelles, la réglementation de la fintech constitue un facteur déterminant pour la viabilité des activités et les perspectives de croissance des entreprises de capital-risque et des start-up.
Caractéristiques du secteur de la fintech et incertitude réglementaire
Contrairement aux activités financières traditionnelles, les services de fintech évoluent rapidement grâce à l’innovation technologique, tandis que la législation correspondante tend à évoluer plus progressivement.
Lorsqu’un nouveau service apparaît, il est donc fréquent que la détermination du secteur financier auquel cette activité appartient ou de son éventuel assujettissement à un agrément ne soit effectuée qu’ultérieurement.
En particulier, les services dotés de fonctions complexes, tels que les paiements, les plateformes d’investissement ou la distribution d’actions non cotées et d’investissements fractionnés, ne sont pas régis par une seule loi. Leur légalité peut varier selon l’étendue de l’interprétation réglementaire.
Cet environnement réglementaire constitue un facteur structurel qui réduit la prévisibilité globale de la réglementation de la fintech.
Incidence de la réglementation financière sur le modèle économique
Dans le domaine de la fintech, la réglementation ne constitue pas seulement une contrainte, mais sert également de critère pour définir la forme du modèle économique.
Une même technologie ou un même service peut devoir être exploité selon une structure entièrement différente en fonction des modalités d’application de la réglementation.
Le modèle économique d’une entreprise de fintech est directement influencé par les éléments suivants.
ㆍ Possibilité de bénéficier d’un bac à sable réglementaire ou de dispositions dérogatoires
ㆍ Restrictions relatives aux investissements et à la structure du capital en cas de qualification d’entreprise financière
Pour les entreprises de capital-risque et les start-up en particulier, les conséquences de l’application de la réglementation sont directement liées à la levée de fonds, à l’expansion de l’activité et à l’intégration dans le secteur financier réglementé. Un examen juridique préalable est donc nécessaire dès les premières étapes.
2. Réglementation de la fintech | Cadre réglementaire sud-coréen et barrières à l’entrée sur le marché
En République de Corée, la réglementation de la fintech a été conçue en accordant la priorité à la stabilité financière et à la protection des consommateurs.
Cette orientation réglementaire contribue au maintien de l’ordre établi autour du secteur financier traditionnel. Elle impose toutefois souvent une charge importante aux start-up fondées sur de nouvelles technologies et formes de services, avant même leur intégration dans le cadre réglementaire.
L’obligation de démontrer la conformité réglementaire avant le lancement de l’activité constitue notamment une barrière élevée à l’entrée, en termes de temps et de coûts, pour les jeunes start-up confrontées à une forte incertitude.
Limites d’une réglementation axée sur l’autorisation préalable
La réglementation financière en vigueur repose en principe sur un système dans lequel les services financiers sont autorisés sous réserve d’un agrément ou d’un enregistrement.
Par conséquent, le lancement d’un nouveau service de fintech qui n’est pas clairement prévu par la législation existante peut être restreint, même si son éventuelle illégalité n’a pas encore été établie.
Ce système d’autorisation préalable ne permet pas toujours de tenir suffisamment compte de la rapidité d’évolution des technologies et des services.
Dans le secteur de la fintech, l’expérimentation sur le marché et l’amélioration des services revêtent une importance particulière. Cependant, en l’absence d’une interprétation réglementaire préalable, il devient difficile de procéder à l’expérimentation même de l’activité.
Une réglementation axée sur l’autorisation préalable peut ainsi avoir pour effet de bloquer en amont les possibilités d’innovation et de limiter l’entrée et la croissance des entreprises de capital-risque et des start-up.
Enjeux réglementaires liés aux paiements et aux plateformes d’investissement
Les paiements et les plateformes d’investissement figurent parmi les domaines du secteur de la fintech où les conflits réglementaires surviennent le plus fréquemment.
Ces services sont directement impliqués dans les transferts de fonds et les décisions d’investissement, ce qui les place au cœur de la réglementation des activités financières.
Selon la structure de la plateforme, différents cadres réglementaires doivent donc être pris en considération simultanément, notamment ceux qui concernent les activités financières électroniques, l’intermédiation en investissement et les activités assimilées à des activités financières.
Dans les domaines récemment intégrés au cadre réglementaire, tels que la distribution d’actions non cotées ou les investissements fractionnés, des règles supplémentaires concernant la structure des investissements et le périmètre des activités peuvent continuer à s’appliquer après cette intégration.
Les start-up peuvent ainsi être contraintes d’adapter leur modèle économique à l’interprétation de la réglementation et à l’évolution du cadre institutionnel, indépendamment du degré d’achèvement technique de leur service.
Lorsqu’une entreprise exploite ou prépare une plateforme de paiement ou d’investissement, il est donc indispensable d’examiner précisément le champ d’application de la réglementation et la structure de l’activité dès la phase précédant le lancement du service.
3. Réglementation de la fintech | Bac à sable réglementaire
La réglementation de la fintech a évolué de manière à permettre certaines expérimentations et vérifications dans les domaines où le cadre traditionnel de la réglementation financière est difficilement applicable en l’état.
Le bac à sable réglementaire, et plus particulièrement le dispositif coréen des services financiers innovants, en constitue le principal exemple.
Pour les nouveaux services qui n’avaient pas été envisagés par la réglementation financière existante, ce dispositif reporte pendant une période déterminée l’application de certaines règles ou accorde des dérogations. Les résultats de leur exploitation servent ensuite à déterminer les modalités de leur éventuelle intégration dans le cadre réglementaire.
Le bac à sable réglementaire ne constitue donc pas un mécanisme d’exclusion de la réglementation, mais un dispositif qui organise par étapes la manière dont celle-ci s’applique aux nouveaux services financiers.
Fonction réglementaire du dispositif des services financiers innovants
Le dispositif des services financiers innovants ne s’intéresse pas uniquement au caractère techniquement innovant d’un service de fintech. Il vise également à déterminer la relation de ce service avec le cadre existant de la réglementation financière.
Plutôt que de placer entièrement le service hors du champ de la réglementation, les autorités financières l’évaluent en recherchant la législation et le système de contrôle dans lesquels il pourrait être encadré.
Dans ce processus, la désignation en tant que service financier innovant ne constitue pas la reconnaissance d’un vide réglementaire. Elle correspond plutôt à une gestion temporairement distincte d’un domaine qui ne peut être intégré dans le cadre réglementaire existant.
Le dispositif ne déclare donc pas que les nouvelles activités financières seront exemptées de réglementation. Il sert d’étape intermédiaire pour rechercher et établir le champ des règles susceptibles de leur être appliquées.
Enjeux réglementaires apparaissant au cours du processus d’institutionnalisation
À l’issue de la période d’expérimentation du bac à sable réglementaire, l’intégration du service de fintech dans le cadre réglementaire du secteur financier est examinée.
Le principal enjeu réglementaire consiste alors à déterminer si le service doit être classé dans une catégorie existante d’activité financière ou être encadré par un régime distinct fondé sur les technologies de l’information et de la communication.
L’application de la réglementation financière existante fait notamment l’objet de discussions continues dans les domaines qui impliquent le transfert ou la gestion de fonds et des décisions d’investissement, tels que les paiements, l’intermédiation en investissement et la distribution d’actions non cotées ou d’investissements fractionnés.
Après l’institutionnalisation du service, les règles applicables aux activités financières existantes, notamment les conditions d’agrément ou d’enregistrement, les exigences en matière de capital et les obligations de contrôle interne, peuvent être mises en œuvre progressivement. Il peut en résulter un élargissement substantiel de l’intensité et du champ de la réglementation.
Le bac à sable réglementaire ne constitue donc pas seulement une période d’assouplissement temporaire de la réglementation de la fintech. Il représente le processus même de formation des critères réglementaires applicables aux nouveaux services financiers.
Conditions de demande et procédure de mise en œuvre des services financiers innovants
Les sociétés régies par la Loi commerciale de la République de Corée, les entreprises financières et d’autres entités disposant d’un établissement sur le territoire sud-coréen peuvent demander la désignation d’un service financier innovant. Les demandes ne peuvent être déposées que pendant la période prévue pour chaque session et sont généralement examinées dans les 30 jours suivant leur réception.
Toutefois, lorsqu’une demande de complément ou un examen supplémentaire est nécessaire, la période d’examen peut être prolongée jusqu’à 120 jours.
La période initiale d’exploitation d’un service financier innovant désigné ne peut excéder 2 ans. Elle peut être prolongée une seule fois, pour une durée maximale de 2 ans.
Si une amélioration de la réglementation demeure nécessaire par la suite, la période d’exploitation peut faire l’objet d’une prolongation supplémentaire maximale de 1 an et 6 mois.
▶ Conditions requises pour demander la désignation d’un service financier innovant
En principe, les sociétés étrangères et les entrepreneurs individuels qui souhaitent fournir des services financiers à distance sans disposer d’un établissement en République de Corée ne peuvent pas présenter de demande.
Les entreprises financières comprennent non seulement les banques, les compagnies d’assurance et les entreprises d’investissement financier, mais aussi les prestataires de services financiers électroniques, les établissements publics et fonds liés au secteur financier, les associations créées en vertu de la législation financière et les personnes morales à but non lucratif autorisées par la Commission des services financiers de la République de Corée.
▶ Procédure de mise en œuvre des services financiers innovants
La demande de désignation d’un service financier innovant est présentée pendant la période fixée par la Commission des services financiers de la République de Corée.
② Procédure d’examen
Après l’examen par les groupes de travail de la Commission des services financiers et du Service de supervision financière de la République de Corée, le sous-comité puis le Comité d’examen des services financiers innovants procèdent à une appréciation globale portant notamment sur le caractère innovant, la protection des consommateurs et la conformité réglementaire.
③ Décision de désignation
La Commission des services financiers décide définitivement de la désignation en tenant compte du résultat de l’examen du Comité d’examen des services financiers innovants et de l’avis des autorités administratives concernées.
④ Mise en œuvre de l’expérimentation
Le service désigné est exploité sur le marché réel sous le régime des dérogations réglementaires applicables.
Pendant cette période, l’exploitant doit respecter les mesures de gestion des risques préalablement présentées et fait l’objet d’un suivi continu par les autorités financières.
En cas de risque de préjudice pour les consommateurs ou de perturbation du marché, le service peut être modifié ou suspendu.
⑤ Examen de l’intégration au marché et de l’institutionnalisation
À l’issue de l’expérimentation, la nécessité de modifier la législation applicable est examinée au regard de la stabilité et du caractère innovant du service.
Si aucun problème n’est relevé, le service est intégré au cadre réglementaire du secteur financier et les conditions d’agrément ou d’enregistrement peuvent lui être appliquées progressivement.
4. Réglementation de la fintech | Stratégie d’adaptation réglementaire au service de l’investissement et de la croissance

La réglementation de la fintech constitue un facteur structurel qui détermine directement les possibilités de levée de fonds et d’expansion de l’activité.
La réglementation financière influe non seulement sur la légalité du modèle économique, mais aussi sur l’accès aux investissements en capital-risque, les modalités de sortie des investisseurs et l’évaluation de l’entreprise.
Avec l’institutionnalisation récente des services financiers innovants et l’assouplissement partiel des règles relatives aux investissements en capital-risque, la réglementation n’est plus seulement une « barrière à l’entrée » uniforme. Elle devient une condition qui doit faire l’objet d’une interprétation et d’une conception stratégiques.
Il devient dès lors important d’associer, dès la phase de démarrage, la gestion des risques réglementaires à la conception d’une structure favorable aux investissements.
Restrictions aux investissements en capital-risque et exemples récents d’ajustements réglementaires
Les règles relatives à la promotion des investissements en capital-risque limitaient jusqu’à présent, en principe, les investissements dans les entreprises financières. Ainsi, même après avoir été désignées comme services financiers innovants, de nombreuses entreprises de fintech rencontraient des restrictions pour lever des fonds après leur intégration dans le cadre réglementaire.
Des ajustements réglementaires destinés à remédier à ces limites sont toutefois mis en œuvre progressivement depuis peu.
À titre d’exemple, l’institutionnalisation des plateformes de distribution d’actions non cotées et d’investissements fractionnés a conduit à engager la modification d’un avis réglementaire afin que leurs exploitants puissent bénéficier des investissements en capital-risque autorisés.
Cette évolution est significative pour les raisons suivantes.
▶ Reclassement des entreprises de fintech en tant qu’entreprises fondées sur la technologie, distinctes des entreprises financières ordinaires
▶ Confirmation d’une orientation réglementaire consistant à différencier les restrictions à l’investissement selon les modèles économiques
L’environnement réglementaire demeure donc strict. Cependant, les possibilités de concevoir de nouvelles modalités d’investissement en fonction de la structure et de la nature juridique de l’activité s’élargissent progressivement.
Principaux points de la gestion réglementaire
La gestion des exigences réglementaires ne doit pas reposer uniquement sur une interprétation a posteriori. Elle nécessite de concevoir en amont la structure juridique dès les phases de planification de l’activité et de levée de fonds.
Un examen juridique spécialisé revêt une importance particulière sur les points suivants.
1. Détermination du statut de l’exploitant
2. Conception de la structure d’investissement
3. Suivi des modifications réglementaires et adaptation en amont
La gestion de la réglementation de la fintech constitue ainsi un enjeu juridique stratégique qui concerne les possibilités d’investissement, les perspectives de croissance et la stratégie de sortie.
Plus l’activité est récente, plus il importe de considérer la réglementation non comme une limite immuable, mais comme un paramètre qui doit être géré et pris en compte dans la structure de l’activité.
5. Réglementation de la fintech | Conseil juridique
La réglementation de la fintech ne repose pas sur une distinction nette entre les activités interdites et autorisées. Son champ d’application varie plutôt en fonction de la structure de l’activité, des flux de fonds et des fonctions de la plateforme.
Même pour un service identique, l’évaluation juridique peut être entièrement différente selon les fonctions directement exercées, la possibilité d’une qualification d’entreprise financière et les règles progressivement applicables après son intégration dans le cadre réglementaire.
Dans un tel environnement, l’examen fragmentaire de lois individuelles ne suffit pas à gérer pleinement les risques réglementaires. Un conseil juridique permettant une interprétation structurelle de l’ensemble de la réglementation de la fintech est donc nécessaire.
Notre cabinet fournit des conseils portant conjointement sur la structure commerciale des services de fintech et sur les règles susceptibles de leur être appliquées, en s’appuyant sur sa compréhension du cadre de la réglementation financière.
L’examen couvre notamment la nécessité d’obtenir un agrément ou de procéder à un enregistrement, la relation avec le bac à sable réglementaire et le dispositif des services financiers innovants, ainsi que le champ des règles susceptibles de s’appliquer après l’intégration dans le cadre réglementaire. Il permet de proposer une orientation juridique pouvant être prise en compte dans la structure du service.
Si vous avez besoin d’un conseil juridique concernant la réglementation de la fintech, vous pouvez solliciter une assistance en prenant rendez-vous pour une consultation juridique.
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