CONTENTS
- 1. Harcèlement sexuel | Formes

- - Définition du harcèlement sexuel dans les lois applicables
- - Critères juridiques d’appréciation
- - Distinction entre le harcèlement sexuel et les autres infractions sexuelles
- 2. Harcèlement sexuel | Peines encourues

- 3. Harcèlement sexuel | Formes

- - Forme de harcèlement sexuel 1. Harcèlement sexuel sur le lieu de travail
- - Forme de harcèlement sexuel 2. Harcèlement sexuel dans les lieux publics
- 4. Harcèlement sexuel | Conduite à tenir

- - Conduite à tenir du point de vue de la personne mise en cause
- - Conduite à tenir du point de vue de la victime
- 5. Harcèlement sexuel | Points pratiques

- - Points relatifs à la défense de la personne mise en cause
- - Points relatifs à la représentation de la victime
- - Harcèlement sexuel, une prise en charge délicate
1. Harcèlement sexuel | Formes

Le harcèlement sexuel désigne tout comportement consistant à tenir des propos ou à accomplir des actes à caractère sexuel non souhaités par l’autre personne, qui provoquent chez celle-ci un sentiment d’humiliation, de honte ou de répulsion sexuelle. Cette notion est définie par plusieurs lois de la République de Corée.
En règle générale, le harcèlement sexuel peut être constitué même sans contact physique. Il est apprécié en tenant compte à la fois de la perception subjective de la victime et de critères objectifs fondés sur les normes sociales communément admises.
Définition du harcèlement sexuel dans les lois applicables
1. Loi sur la Commission nationale des droits de l’homme de la République de Corée
-dans le cadre du travail, de l’emploi ou de toute autre relation, fait pour un agent d’un organisme public, un employeur ou un salarié d’utiliser sa position ou d’agir en lien avec ses fonctions pour provoquer chez autrui, par des propos ou des actes à caractère sexuel, un sentiment d’humiliation ou de répulsion sexuelle, ou de lui faire subir un désavantage professionnel en raison de son refus de tels propos, actes ou autres demandes
2. Loi de la République de Corée sur l’égalité de l’emploi entre les femmes et les hommes et le soutien à la conciliation entre travail et famille
-fait pour un employeur, un supérieur hiérarchique ou un salarié d’utiliser sa position sur le lieu de travail ou d’agir en lien avec ses fonctions pour provoquer chez un autre salarié, par des propos ou des actes à caractère sexuel, un sentiment d’humiliation ou de répulsion sexuelle, ou de lui faire subir un désavantage concernant ses conditions de travail ou son emploi au motif qu’il n’a pas accédé à une telle demande
3. Loi-cadre de la République de Corée sur l’égalité des sexes
-fait d’utiliser sa position ou d’agir en lien avec ses fonctions pour provoquer chez autrui, par des propos ou des actes à caractère sexuel, un sentiment d’humiliation ou de répulsion sexuelle
-fait d’imposer un désavantage en raison du refus de propos, d’actes ou de demandes à caractère sexuel, ou de proposer un avantage à condition que la personne y consente
Ces lois définissent ainsi communément le harcèlement sexuel par des éléments tels que le fait de provoquer un sentiment d’humiliation au moyen de propos ou d’actes à caractère sexuel liés à une position ou à des fonctions, ou d’imposer un désavantage. Ces dispositions concernent principalement les relations de travail ou les rapports sur le lieu de travail.
Critères juridiques d’appréciation
Examinons les critères juridiques d’appréciation du harcèlement sexuel.
▶ Signification de l’expression « propos ou actes à caractère sexuel, notamment »
La Cour suprême de la République de Corée explique que les propos ou actes à caractère sexuel désignent « des comportements physiques, verbaux ou visuels liés aux relations physiques entre les femmes et les hommes ou aux caractéristiques corporelles, susceptibles de provoquer chez une personne moyenne un sentiment d’humiliation ou de répulsion sexuelle ».
De simples propos dévalorisant les femmes ou des expressions patriarcales ne constituent pas un harcèlement sexuel : les propos ou actes doivent revêtir une connotation sexuelle.
▶ Signification de l’expression « en utilisant sa position ou en lien avec ses fonctions, notamment »
Cette expression ne se limite pas à l’exercice d’une autorité sur le lieu de travail. Elle englobe également le fait de profiter d’une occasion offerte par l’exercice des fonctions, l’abus de pouvoir ainsi que les propos ou actes à caractère sexuel intervenant en dehors des horaires et des lieux de travail.
Par exemple, des propos ou actes à caractère sexuel survenus lors d’un repas d’entreprise ou d’un événement extérieur lié au travail peuvent être considérés comme un harcèlement sexuel si leur lien avec les fonctions est reconnu.
Distinction entre le harcèlement sexuel et les autres infractions sexuelles
Le harcèlement sexuel est généralement classé parmi les comportements qui ne font pas l’objet d’une sanction pénale. Toutefois, lorsque la gravité des faits permet de les qualifier d’agression sexuelle par violence ou menace ou d’infraction de diffusion de contenu obscène au moyen de médias de télécommunication, une sanction pénale peut être prononcée.
Les différences sont les suivantes.
-Viol : fait d’avoir un rapport sexuel en recourant à la violence ou à la menace de manière à rendre la résistance difficile
-Harcèlement sexuel : fait de provoquer un sentiment d’humiliation ou de répulsion sexuelle par des propos ou des actes à caractère sexuel, sans que le comportement atteigne le degré de la violence ou de la menace
Le harcèlement sexuel est caractérisé selon des définitions et des critères juridiques précis. Le lien avec les fonctions, l’existence de propos ou d’actes à caractère sexuel, la perception de la victime et les critères objectifs d’appréciation sont examinés dans leur ensemble.
En pratique, l’appréciation repose sur un examen global des faits et des preuves propres à chaque affaire, de la réaction de la victime, de l’intention de l’auteur et du contexte du comportement.
2. Harcèlement sexuel | Peines encourues
Une personne ayant commis des actes de harcèlement sexuel peut encourir les peines indiquées ci-dessous.
| En cas d’agression sexuelle commise par surprise | Jusqu’à 10 ans d’emprisonnement avec travail ou jusqu’à 15 000 000 de wons sud-coréens d’amende pénale |
| En cas de transmission à autrui, au moyen d’un média de télécommunication, de propos ou d’autres contenus provoquant notamment un sentiment de honte sexuelle | Jusqu’à 2 ans d’emprisonnement avec travail ou jusqu’à 20 000 000 de wons sud-coréens d’amende pénale |
| En cas d’agression sexuelle commise en abusant notamment d’un pouvoir professionnel | Jusqu’à 3 ans d’emprisonnement avec travail ou jusqu’à 15 000 000 de wons sud-coréens d’amende pénale |
| En cas d’acte de maltraitance sexuelle infligeant à un enfant un sentiment de honte sexuelle | Jusqu’à 10 ans d’emprisonnement avec travail ou jusqu’à 100 000 000 de wons sud-coréens d’amende pénale |
3. Harcèlement sexuel | Formes

Le harcèlement sexuel se produit fréquemment sous des formes verbales, visuelles ou physiques, ainsi que dans les environnements numériques et en ligne.
Les comparaisons à caractère sexuel portant sur l’apparence ou le corps, les propos obscènes, les plaisanteries sexuelles et les émoticônes suggérant un acte sexuel déterminé peuvent également relever du harcèlement sexuel.
Forme de harcèlement sexuel 1. Harcèlement sexuel sur le lieu de travail
Le harcèlement sexuel sur le lieu de travail désigne le fait, pour un employeur, un supérieur hiérarchique ou un salarié, d’utiliser sa position professionnelle ou d’agir en lien avec ses fonctions pour tenir à l’égard d’un autre salarié des propos ou adopter des comportements à caractère sexuel, provoquant chez celui-ci un sentiment d’humiliation ou de répulsion sexuelle, ou pour lui imposer un désavantage dans ses conditions de travail au motif qu’il n’a pas accédé à une telle demande.
▶ Critères juridiques d’appréciation
-prise en compte globale du point de vue subjectif de la victime et d’une appréciation raisonnable fondée sur les normes sociales communément admises
-l’existence ou non d’une intention sexuelle de la part de l’auteur n’est pas déterminante
-la création éventuelle d’un environnement de travail intimidant ou hostile constitue un critère essentiel d’appréciation
▶ Comportements constitutifs de harcèlement sexuel : propos ou actes verbaux, physiques ou visuels et toute expression à caractère sexuel jugée offensante selon les normes sociales communément admises
▶ Lieux extérieurs au travail : les repas d’entreprise, les déplacements professionnels et d’autres lieux sont également concernés lorsqu’un lien avec les fonctions existe
Forme de harcèlement sexuel 2. Harcèlement sexuel dans les lieux publics
Le harcèlement sexuel dans un lieu public désigne les propos ou comportements à caractère sexuel qui provoquent chez autrui un sentiment de honte ou de malaise dans un lieu très fréquenté, tel que le métro, un autobus, une salle de spectacle ou un lieu de rassemblement.
-contacts physiques, rapprochement corporel, regards à caractère sexuel ou prise d’images dans les transports en commun
-propos ou actes à caractère sexuel ou actes obscènes dans une salle de spectacle, un lieu de rassemblement ou un lieu similaire
-propos obscènes, exhibition ou contact avec une partie du corps devant un nombre indéterminé de personnes
Ces comportements peuvent aller au-delà d’un simple sentiment de malaise et être qualifiés d’agression sexuelle. Selon les circonstances, une sanction pénale peut être prononcée.
4. Harcèlement sexuel | Conduite à tenir
Examinons les mesures que peuvent prendre la personne mise en cause et la victime dans une affaire de harcèlement sexuel.
Conduite à tenir du point de vue de la personne mise en cause
1. Faire preuve de prudence lors des premières déclarations
Même si vous contestez les déclarations de la victime, évitez toute réaction émotionnelle et organisez votre exposé autour des faits.
Avant de remettre une première déclaration écrite à l’entreprise ou à l’autorité d’enquête, il est important de vérifier précisément les faits et de réunir les preuves.
2. Coopérer activement à l’enquête interne
Coopérez de bonne foi à l’enquête du comité interne chargé des réclamations relatives au harcèlement sexuel ou du service des ressources humaines, tout en réunissant des enregistrements et des preuves documentaires.
Classez les comptes rendus d’entretien, les échanges et les autres documents afin d’éviter toute modification ultérieure des déclarations.
3. Vérifier l’existence d’une plainte pénale
Vérifiez s’il s’agit d’une simple réclamation ou si une plainte pénale est en cours, puis déterminez l’étendue de l’enquête menée par l’autorité compétente.
4. Éviter tout contact inutile
Il convient en principe d’éviter tout contact avec la victime, car celui-ci pourrait ultérieurement être interprété comme une forme de victimisation secondaire exercée à titre de représailles.
-classer les éléments relatifs à vos propres propos et comportements, notamment le contenu des échanges et la présence éventuelle de témoins
-vérifier votre dossier de personnel et vos conditions de travail
-réunir les documents pertinents, notamment les captures d’écran des échanges et les courriels
-préparer les questions susceptibles d’être posées par l’autorité d’enquête et vous exercer à présenter votre déclaration
-exposer les faits de manière cohérente dans le cadre d’une procédure disciplinaire interne
Conduite à tenir du point de vue de la victime
Après avoir subi un harcèlement sexuel, la victime hésite souvent à agir en raison du choc émotionnel.
La gravité des faits et la nécessité de réunir rapidement les preuves justifient toutefois d’entreprendre des démarches dans les meilleurs délais.
1. Réunir les preuves
-recueillir tous les éléments disponibles, notamment les publications sur les réseaux sociaux, les messages, les courriels, les enregistrements et les images de vidéosurveillance
-les preuves ne constituent pas une simple expression des émotions, mais un moyen important d’établir objectivement les faits de harcèlement sexuel
2. Recourir aux procédures internes
-utiliser le dispositif interne de traitement des réclamations
-demander un entretien à la personne ayant suivi une formation à la prévention du harcèlement sexuel ou à la personne chargée des réclamations des salariées
3. Signaler les faits à une institution extérieure
-déposer une requête auprès du ministère de l’Emploi et du Travail de la République de Corée ou effectuer un signalement à la Commission nationale des droits de l’homme de la République de Corée
-dans les établissements scolaires ou les organismes publics, recourir notamment au centre pour l’égalité des sexes ou au service d’audit
4. Faire traiter le préjudice psychologique
-un suivi psychiatrique ou une psychothérapie peut fournir des éléments utiles dans le cadre d’une demande ultérieure de dommages-intérêts
-consigner immédiatement la scène de harcèlement sexuel ainsi que les propos et comportements concernés
-identifier les témoins ou noter les indices relatifs aux circonstances de l’époque
-lors de l’engagement d’une procédure de requête ou de plainte pénale, classer et remettre les documents même en l’absence d’assistance d’un avocat
-suivre un traitement pour le préjudice psychologique et conserver les certificats médicaux
-rechercher la jurisprudence relative à des affaires similaires et procéder à une analyse comparative
5. Harcèlement sexuel | Points pratiques
Dans une affaire de harcèlement sexuel, l’établissement précis des faits et la stratégie probatoire revêtent une importance essentielle.
Points relatifs à la défense de la personne mise en cause
-établissement du contexte de l’affaire : déterminer si le comportement doit être apprécié au regard d’une relation privée, d’une culture de la plaisanterie ou de l’ambiance au sein de l’organisation
-mise en évidence de l’absence d’intention : établir qu’il s’agissait d’une expression professionnelle ou courante et non d’une intention à caractère sexuel
-coopération pour prévenir la victimisation secondaire : mettre en évidence l’attitude coopérative de la personne mise en cause et l’expression éventuelle de remords, qui peuvent être prises en compte dans la détermination de la peine
-réponse à une diffamation : en cas de fausse déclaration de la victime, envisager des démarches civiles et pénales
Points relatifs à la représentation de la victime
-réunion de preuves objectives : classer et sélectionner des éléments tels que des messages ou des enregistrements, au-delà de la seule déclaration
-mise en évidence de la répétition et de la gravité : établir qu’il s’agit d’un harcèlement sexuel répété et non d’un acte isolé
-légitimité des efforts de rétablissement : mettre en évidence les efforts accomplis par la victime pour conserver son emploi ou poursuivre ses études
-demande parallèle de dommages-intérêts : envisager également une demande civile d’indemnisation du préjudice moral
Harcèlement sexuel, une prise en charge délicate
Une seule parole ou un seul geste relevant du harcèlement sexuel peut causer à autrui un préjudice psychologique grave. À l’inverse, des propos ou comportements imprudents peuvent entraîner des sanctions pénales et sociales, ce qui rend cette matière particulièrement sensible.
Les critères juridiques d’appréciation tendent à devenir plus stricts, tandis que les lois destinées à protéger les victimes et à prévenir la récidive sont renforcées.
La prise en charge initiale revêt donc une grande importance et nécessite le classement des éléments objectifs ainsi qu’une analyse juridique appropriée.
Le cabinet réunit des avocats intervenant dans les domaines des infractions sexuelles, du droit pénal, du droit civil et du droit administratif, ce qui permet une prise en charge coordonnée des différents litiges juridiques pouvant découler d’une même affaire.
Il dispose également de bureaux régionaux et d’un système de consultation par visioconférence. Ces modalités peuvent être prises en compte lors de la réservation d’une consultation.








