CONTENTS
- 1. Action en réparation des malfaçons | Notion

- - Nécessité d’agir
- - Types de malfaçons
- 2. Action en réparation des malfaçons | Fondements juridiques et étendue de la responsabilité

- - Questions juridiques
- - Loi sur la propriété et la gestion des immeubles en copropriété
- - Loi sur le logement
- - Loi sur la gestion des logements collectifs
- 3. Action en réparation des malfaçons | Procédure et déroulement de l’instance

- - Inspection et expertise des malfaçons
- - Notification des défauts et demande de réparation
- - Demande d’exécution de la réparation ou demande de dommages-intérêts
- - Procédure d’expertise judiciaire
- - Jugement et indemnisation
- 4. Action en réparation des malfaçons | Méthode de calcul des dommages-intérêts

- - Taux de cession des créances
- - Montant de l’expertise judiciaire
- - Montant écarté par le tribunal
- - Principe de limitation de responsabilité
- 5. Action en réparation des malfaçons | Principaux éléments de preuve

- - Éléments prouvant l’apparition des défauts
- - Éléments prouvant une mauvaise exécution des travaux ou une inexécution contractuelle
- - Éléments prouvant l’ampleur des défauts et le montant du préjudice
- - Documents relatifs à la qualité pour agir du conseil représentatif des résidents
- 6. Action en réparation des malfaçons | Liste de contrôle

- - Étape de préparation préalable
- - Introduction de l’action et étape de l’expertise
- - Jugement et mesures ultérieures
- - Dispositif d’accompagnement par des avocats spécialisés en droit de la construction
1. Action en réparation des malfaçons | Notion

L’action en réparation des malfaçons est, pour les défauts affectant des bâtiments tels que des appartements, des complexes mixtes résidentiels et commerciaux ou des immeubles de type officetel, une action civile visant à obtenir du constructeur ou du promoteur la réparation des défauts ou les dommages-intérêts correspondants.
Nécessité d’agir
Une malfaçon désigne un défaut résultant d’une mauvaise exécution des travaux, tel qu’une fissure, un affaissement, une détérioration ou un décollement, suffisamment important pour compromettre la sécurité, le fonctionnement ou l’aspect esthétique d’un bâtiment ou d’une installation.
Au-delà d’un simple défaut d’apparence, elle peut avoir des conséquences importantes sur le fonctionnement et la sécurité du bâtiment.
À long terme, elle peut également entraîner une diminution de la valeur du bien et une atteinte aux droits des occupants.
Dans les logements collectifs en particulier, les dommages pouvant affecter l’ensemble des résidents, une intervention du conseil représentatif des résidents est requise.
Types de malfaçons
Les malfaçons peuvent se présenter sous les différentes formes suivantes.
: défauts facilement visibles, tels que fissures, détériorations, affaissements, infiltrations d’eau ou décolorations
∙ Défauts de performance
: fonctionnement insuffisant des portes coupe-feu, mauvaise isolation contre les bruits entre étages ou défaillance des équipements
∙ Défauts structurels
: défauts affectant la sécurité du bâtiment, tels qu’un affaissement du sol ou la corrosion des armatures
∙ Défauts relevant de l’inexécution d’une obligation contractuelle
: travaux ne respectant pas la qualité ou les spécifications convenues
2. Action en réparation des malfaçons | Fondements juridiques et étendue de la responsabilité

La responsabilité relative à la réparation des malfaçons faisant l’objet de l’action repose sur les lois suivantes de la République de Corée.
Loi | Champ d’application | Personnes responsables au titre de la garantie des défauts |
Loi sur la propriété et la gestion des immeubles en copropriété | Logements collectifs vendus par lots | Promoteur-vendeur et constructeur |
Loi sur le logement | Logements individuels et collectifs | Entité responsable du projet (promotion et construction) |
Loi sur la gestion des logements collectifs | Logements collectifs | Entité responsable du projet |
Questions juridiques
Dans une action en réparation des malfaçons, les « date d’apparition du défaut » et « durée de la garantie » constituent des questions essentielles.
Pour un même défaut, la durée de la garantie varie selon la loi applicable. Des durées différentes s’appliquent également en fonction du type de défaut, ce qui nécessite une interprétation juridique et une classification précises.
Les principales durées de garantie applicables aux différents types de défauts en vertu de chaque loi sont présentées ci-dessous.
Loi sur la propriété et la gestion des immeubles en copropriété
En vertu notamment de l’article 9-2 de la Loi de la République de Corée sur la propriété et la gestion des immeubles en copropriété et de l’article 5 de son décret d’application, les défauts suivants engagent la responsabilité au titre de la garantie pendant des durées distinctes.
Durée de la garantie | Type de défaut |
10 ans | Éléments structurels principaux et sol |
5 ans | · Défauts apparus avant la date de départ du délai : absence d’exécution ou exécution modifiée |
· Défauts apparus après la date de départ du délai : défauts structurels ou compromettant la sécurité concernant notamment l’aménagement du terrain, le béton armé, les structures métalliques, la maçonnerie, la toiture ou l’étanchéité | |
3 ans | · Défauts fonctionnels ou esthétiques : équipements du bâtiment, menuiserie, portes et fenêtres, aménagement paysager, installations électriques et dispositifs de lutte contre l’incendie, notamment |
2 ans | · Défauts faciles à remplacer ou à réparer, notamment ceux des travaux de finition : enduit, finitions intérieures, papier peint et carrelage, notamment |
※ S’applique aux défauts antérieurs ou postérieurs à la date de l’inspection d’utilisation (défauts subjectifs ou objectifs)
Loi sur le logement
En vertu de l’article 59, paragraphe 1, et de l’annexe 6 du décret d’application de la Loi sur le logement de la République de Corée, une durée déterminée de garantie s’applique aux défauts suivants.
Durée de la garantie | Type de défaut |
10 ans | Éléments porteurs, notamment les poteaux et les murs porteurs |
5 ans | Éléments porteurs, notamment les poutres, les planchers et les toitures |
4 ans | Béton armé, toiture et étanchéité |
3 ans | Travaux de revêtement, ouvrages de fondation et fondations, charpentes métalliques, installations de gaz, équipements d’extinction et installations électriques |
2 ans | Aménagement du terrain, maçonnerie, portes et fenêtres, aménagement paysager et travaux de finition |
1 an | Menuiserie, portes et fenêtres, travaux de finition, engazonnement, ouvrages métalliques et installations d’éclairage |
※ S’applique aux défauts apparus pendant la durée de la garantie à compter notamment de la date de l’inspection d’utilisation
Loi sur la gestion des logements collectifs
En vertu de l’article 36 de la Loi sur la gestion des logements collectifs de la République de Corée et de l’article 36 de son décret d’application, les défauts suivants engagent la responsabilité au titre de la garantie pendant une durée déterminée.
Durée de la garantie | Type de défaut |
10 ans | Défauts des éléments porteurs et des travaux portant sur le sol |
5 ans | · Défauts structurels ou compromettant la sécurité : aménagement du terrain, béton armé, structures métalliques, maçonnerie, toiture et étanchéité, notamment |
3 ans | · Défauts fonctionnels ou esthétiques : équipements du bâtiment, menuiserie, portes et fenêtres, aménagement paysager, installations électriques et dispositifs de lutte contre l’incendie, notamment |
2 ans | · Défauts faciles à remplacer ou à réparer, notamment ceux des travaux de finition : enduit, finitions intérieures, papier peint et carrelage, notamment |
※ S’applique aux défauts apparus pendant la durée de la garantie à compter notamment de la date de l’inspection d’utilisation
3. Action en réparation des malfaçons | Procédure et déroulement de l’instance

L’action en réparation des malfaçons suit la procédure civile ordinaire. Toutefois, compte tenu de la technicité et de la complexité de ces affaires, la préparation préalable et la conservation des preuves sont particulièrement importantes.
Dans le cas des logements collectifs en particulier, une réponse structurée autour du conseil représentatif des résidents est nécessaire.
Inspection et expertise des malfaçons
Avant d’engager une action, une inspection des défauts sur place est réalisée par un organisme spécialisé ou un expert afin d’établir objectivement leur existence et leur étendue.
Selon la nature des défauts, l’avis de spécialistes tels qu’un ingénieur en structures ou un architecte peut être nécessaire. Les résultats de l’inspection peuvent ensuite servir de documents dans le cadre de l’expertise judiciaire.
Notification des défauts et demande de réparation
Il convient d’accomplir une procédure consistant à notifier officiellement les défauts au constructeur ou au promoteur-vendeur et à lui demander de les réparer.
Cette démarche pouvant ultérieurement soulever, dans le cadre de l’instance, la question de l’exécution de la demande de réparation, il est souhaitable de conserver une preuve de cette demande, notamment au moyen d’un courrier avec certification du contenu.
Demande d’exécution de la réparation ou demande de dommages-intérêts
Si le constructeur ne donne pas suite à la demande de réparation ou n’y répond que partiellement, l’action peut être engagée selon les modalités suivantes.
: demande visant à obtenir l’exécution directe des travaux de réparation des défauts
∙ Demande de dommages-intérêts
: lorsque la réparation est impossible ou a déjà été effectuée aux frais du demandeur, demande d’une indemnisation pécuniaire correspondante
Procédure d’expertise judiciaire
Afin d’apprécier la cause et l’étendue des défauts ainsi que le coût de leur réparation, le tribunal désigne un expert officiel chargé de réaliser une expertise.
Cette étape porte sur des questions essentielles du litige et les conclusions de l’expertise peuvent influer sur l’orientation de la décision.
※ Si les conclusions de l’expertise sont considérées comme injustifiées, il est possible de demander leur rectification ou une expertise complémentaire.
Jugement et indemnisation
Le tribunal rend son jugement sur le fondement des conclusions de l’expertise, des preuves produites et des contrats.
Lorsque la responsabilité relative aux défauts est reconnue, le tribunal rend un jugement ordonnant notamment au constructeur d’effectuer les réparations ou de verser une indemnisation pécuniaire.
4. Action en réparation des malfaçons | Méthode de calcul des dommages-intérêts

Même lorsque la demande est admise dans une action en réparation des malfaçons, le montant des dommages-intérêts effectivement versé est calculé selon une formule tenant compte de plusieurs facteurs.
Le montant n’est pas déterminé uniquement par l’ampleur des défauts ou le montant de l’expertise. Les quatre principaux éléments suivants sont pris en compte successivement.
Taux de cession des créances
Dans le cas des logements collectifs, le droit de demander l’application de la garantie des défauts appartient au copropriétaire de chaque lot.
Le conseil représentatif des résidents ne peut donc agir contre le constructeur ou d’autres parties que dans la limite des droits à réparation qui lui ont été cédés par les copropriétaires. Le montant final des dommages-intérêts n’est également reconnu qu’à proportion des droits cédés.
Montant de l’expertise judiciaire
Pour procéder à l’appréciation technique de l’affaire, le tribunal désigne un expert agréé chargé d’examiner la nature et l’étendue des défauts.
L’expertise repose principalement sur les deux critères suivants.
: non-respect de la qualité ou des spécifications convenues
∙ Défauts objectifs
: non-respect des normes de qualité habituelles ou des exigences légales
Les conclusions de l’expertise retenues par le tribunal constituent la base chiffrée du calcul de l’indemnisation.
Montant écarté par le tribunal
Le constructeur peut contester les conclusions de l’expertise en soutenant notamment que « les travaux ont été exécutés conformément aux plans » ou qu’il s’agit de « problèmes mineurs compris dans les tolérances de conception ».
Au cours de cette procédure, le tribunal peut écarter certains postes ou en réduire le montant. Seuls les défauts finalement reconnus sont alors pris en compte pour calculer les dommages-intérêts.
Principe de limitation de responsabilité
Enfin, le tribunal peut limiter la responsabilité en tenant compte des circonstances suivantes.
∙ Lorsque des dommages dus au vieillissement naturel ont été confondus avec des défauts
∙ Lorsqu’un délai important s’est écoulé entre la date de l’inspection d’utilisation et celle de l’expertise
En pratique, la responsabilité est généralement réduite d’environ 5 % par année écoulée jusqu’à la date de l’expertise des défauts.
5. Action en réparation des malfaçons | Principaux éléments de preuve

L’action en réparation des malfaçons exige de rapporter des preuves à la fois techniques et juridiques. Une préparation rigoureuse des documents peut influer sur l’issue de l’instance.
Avant et après l’expertise, il convient notamment de produire les documents permettant d’établir l’existence des défauts, l’attribution de la responsabilité ainsi que la survenance et l’étendue du préjudice. Les documents suivants revêtent une importance particulière.
Éléments prouvant l’apparition des défauts
Document | Contenu |
Photographies et vidéos des défauts | Éléments visuels permettant de vérifier l’emplacement, l’étendue et l’évolution des défauts |
Relevé des défauts | Document récapitulant la date d’apparition, l’emplacement, la nature et les manifestations des défauts |
Registre des réclamations des résidents | Dans le cas des logements collectifs, notamment les réclamations répétées reçues par le bureau de gestion |
Le classement chronologique des photographies prises immédiatement après l’apparition du défaut, juste avant l’action et avant l’expertise peut en renforcer la fiabilité et la force probante.
Éléments prouvant une mauvaise exécution des travaux ou une inexécution contractuelle
Document | Contenu |
Plans de conception et cahier des charges | Documents de référence permettant une comparaison avec les travaux convenus |
Rapports de contrôle des travaux et journaux d’inspection | Documents utiles pour identifier les problèmes d’exécution ou rechercher la cause des défauts |
Contrat d’entreprise et contrat de vente | Précisions relatives à l’étendue de la garantie de qualité et à l’obligation de réparer les défauts |
Lorsque des observations répétées dans le journal de contrôle se sont effectivement traduites par des défauts, elles peuvent constituer un élément important pour établir la responsabilité du constructeur pour faute.
Éléments prouvant l’ampleur des défauts et le montant du préjudice
Document | Contenu |
Rapport d’expertise judiciaire | Référence objective retenue par le tribunal pour déterminer le montant du préjudice |
Rapport d’expertise préalable d’un expert privé | Estimation du coût de remise en état fondée sur une inspection des défauts antérieure à l’action |
Devis des travaux de réparation | Calcul du coût des travaux nécessaires à la remise en état effective |
Avant l’expertise judiciaire, le montant du préjudice peut être établi de manière approximative au moyen d’un rapport d’expertise privé établi par un architecte ou un ingénieur, ou d’un devis du constructeur.
Documents relatifs à la qualité pour agir du conseil représentatif des résidents
Dans le cas des logements collectifs, les preuves suivantes sont nécessaires.
: preuves de l’acquisition des droits cédés par les résidents
∙ Procès-verbaux du conseil représentatif des résidents
: vérification de la régularité de la procédure de délibération relative à l’introduction de l’action
Si les conditions relatives à la qualité de titulaire des droits ne sont pas remplies, l’action elle-même peut être déclarée irrecevable. Le nombre d’actes de cession et la procédure de délibération du conseil représentatif doivent donc être clairement établis.
6. Action en réparation des malfaçons | Liste de contrôle

L’action en réparation des malfaçons est une procédure associant divers éléments tels que l’expertise, les contrats et les preuves. Elle nécessite une préparation préalable rigoureuse.
La liste de contrôle suivante récapitule les principaux points à vérifier avant, pendant et après l’instance.
Étape de préparation préalable
▷ Obtention des actes de cession des droits à réparation des malfaçons (auprès de la majorité des copropriétaires)
▷ Établissement d’un relevé des défauts (emplacement, manifestations et date d’apparition, notamment)
▷ Obtention de photographies et de vidéos des défauts (prises à différents moments de la journée et principalement sur des exemples représentatifs)
▷ Obtention de l’historique des réclamations et des demandes de réparation relatives aux défauts
▷ Collecte des documents relatifs aux travaux, tels que les plans, le cahier des charges et les rapports de contrôle
▷ Obtention préalable d’une expertise technique ou de devis (facultatif)
Introduction de l’action et étape de l’expertise
▷ Vérification de la désignation exacte des défendeurs (constructeur, promoteur, notamment)
▷ Vérification des critères de calcul du montant de l’action (notamment le taux de cession des créances par rapport au montant estimé de l’expertise)
▷ Préparation de l’expertise judiciaire et désignation préalable de la personne accompagnant l’inspection sur place
▷ Communication à l’expert de documents explicatifs suffisants (notamment un exposé des circonstances d’apparition des défauts)
▷ Examen de la nécessité de produire des documents complémentaires ou des observations après l’expertise
Jugement et mesures ultérieures
▷ Vérification de l’application et du caractère approprié du taux de limitation de responsabilité
▷ Examen de la méthode de calcul du montant accordé par le jugement
▷ Après que le jugement est devenu définitif, examen de la nécessité d’une exécution forcée (saisie, recouvrement, notamment)
▷ Vérification du commencement effectif des travaux de réparation et du règlement de leur coût
▷ Élaboration d’un plan de réponse ultérieure en cas de persistance des défauts
Dispositif d’accompagnement par des avocats spécialisés en droit de la construction
Le cabinet compte des avocats spécialisés en droit de la construction enregistrés comme tels auprès de l’Association du barreau coréen, ainsi que plusieurs avocats spécialisés disposant en moyenne d’au moins 10 ans d’expérience.
Il peut ainsi fournir une assistance juridique pour l’ensemble des démarches liées à l’apparition de malfaçons, depuis l’envoi d’un courrier à contenu certifié jusqu’à l’introduction d’une action, la demande d’expertise et la demande de dommages-intérêts.
Si une action juridique vous paraît difficile à mener seul, vous pouvez envisager de faire appel à un avocat spécialisé en droit de la construction afin de faire valoir vos droits.
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