CONTENTS
- 1. Action civile en matière de concurrence | Notion

- - Points auxquels les entreprises doivent être attentives
- - Montant demandé dans une action civile en matière de concurrence
- 2. Action civile en matière de concurrence | Principaux types de situations

- - Action relative à un préjudice causé par une entente
- - Action en dommages-intérêts pour abus de position dominante
- - Action relative à un préjudice causé par des pratiques commerciales déloyales
- - Action pour défaut de paiement ou réduction abusive du prix de sous-traitance
- - Action relative à un désavantage contractuel subi par un franchisé
- 3. Action civile en matière de concurrence | Procédure

- - Conditions de preuve d’une action civile en matière de concurrence
- 4. Action civile en matière de concurrence | Stratégies pratiques de réponse des entreprises

- - Liste de contrôle pour répondre à une action civile en matière de concurrence
1. Action civile en matière de concurrence | Notion

L’action civile en matière de concurrence est une procédure judiciaire engagée lorsque le comportement d’une entreprise contraire à la Loi de la République de Corée sur la régulation des monopoles et le commerce équitable a causé un préjudice et fait naître sa responsabilité civile envers un consommateur.
L’entreprise concurrente ou le consommateur lésé par une violation de cette loi peut engager contre l’entreprise mise en cause une action en dommages-intérêts ou une action en restitution de sommes, notamment au titre de l’enrichissement sans cause.
Dans ce type d’action civile, la partie lésée doit démontrer au moyen de documents objectifs qu’elle a subi un préjudice du fait du comportement de l’entreprise mise en cause contraire à la loi. Il peut donc être difficile d’obtenir les dossiers nécessaires à la procédure.
La loi prévoit par conséquent que le tribunal peut, si nécessaire, demander à la Commission coréenne du commerce équitable les documents et dossiers requis pour l’examen de l’affaire.
Dans le cadre de cette action, il est possible de demander et d’utiliser les dossiers de l’enquête menée par la Commission coréenne du commerce équitable sur l’entreprise mise en cause, les procès-verbaux d’audition, les comptes rendus sténographiques et tout autre document susceptible de servir de preuve au procès.
Ce mécanisme vise à alléger la charge de la preuve pesant sur la victime et à faciliter le déroulement d’une action contre une entreprise.
Par ailleurs, des stratégies de défense sont élaborées pour représenter les entreprises devant répondre à une action civile en matière de concurrence.
L’examen juridique précis et l’utilisation de ces documents peuvent nécessiter l’assistance d’un avocat disposant d’une connaissance approfondie de la Loi sur la régulation des monopoles et le commerce équitable.
Points auxquels les entreprises doivent être attentives
Une violation de la Loi de la République de Corée sur la régulation des monopoles et le commerce équitable ne se limite plus nécessairement à une sanction de la Commission coréenne du commerce équitable et peut également donner lieu à une action civile.
Ces dernières années, des associations de consommateurs, des coopératives de petites et moyennes entreprises et des entreprises concurrentes ont notamment engagé de nombreuses actions civiles, tandis que le nombre d’affaires ayant connu une issue favorable aux demandeurs tend également à augmenter.
Il est nécessaire de vérifier si la structure des transactions internes ou les pratiques contractuelles sont illicites ou constituent un abus excessif d’une position de force.
Montant demandé dans une action civile en matière de concurrence
L’action civile en matière de concurrence ayant pour objet une demande de restitution de sommes, l’évaluation du montant de la réparation constitue une question importante.
Le montant demandé doit être déterminé au regard de l’ensemble des circonstances, notamment l’ampleur du préjudice, l’existence ou non d’une intention, la nature et les modalités du préjudice causé par la violation de la Loi sur la régulation des monopoles et le commerce équitable, l’importance de l’avantage économique obtenu par l’entreprise mise en cause, la durée et la continuité du comportement illicite, la situation financière actuelle de l’entreprise et l’étendue de ses efforts pour réparer le préjudice.
Dans ce cadre, 🔗la Loi sur la régulation des monopoles et le commerce équitable doit faire l’objet d’un examen juridique, qui peut nécessiter l’avis d’un avocat disposant d’une compétence dans ce domaine.
2. Action civile en matière de concurrence | Principaux types de situations

Les principaux types de situations dans lesquelles une action civile en matière de concurrence peut être engagée sont présentés ci-dessous.
Action relative à un préjudice causé par une entente
Lorsqu’une entreprise ou un consommateur subit un préjudice économique en raison d’actes portant atteinte à une concurrence loyale, tels qu’une entente sur les prix ou une collusion dans un appel d’offres, la victime peut demander des dommages-intérêts aux entreprises responsables.
Exemple : si une petite ou moyenne entreprise de construction est écartée à plusieurs reprises d’appels d’offres portant sur des travaux commandés par un organisme public en raison d’une entente préalable sur les prix entre de grandes entreprises de construction et se voit ainsi privée de la possibilité de concourir, elle peut engager une action en dommages-intérêts contre les entreprises ayant participé à l’entente.
Action en dommages-intérêts pour abus de position dominante
Lorsqu’une entreprise en position dominante fixe des prix de manière abusive ou limite artificiellement la visibilité de services afin d’évincer ou d’entraver l’activité d’une entreprise concurrente, l’entreprise lésée peut engager une action civile pour établir ces faits et demander des dommages-intérêts.
Exemple : si le portail A exclut de son algorithme de recherche les contenus d’une plateforme vidéo concurrente ou abaisse leur classement afin de limiter l’accès des utilisateurs, la plateforme concurrente peut demander des dommages-intérêts à la société A au titre de l’abus de position dominante.
Action relative à un préjudice causé par des pratiques commerciales déloyales
Lorsqu’une entreprise impose à un partenaire commercial des conditions qui lui sont défavorables ou lui cause un préjudice par des pratiques telles qu’une vente liée ou un retour forcé de marchandises, l’entreprise lésée peut établir son préjudice civil et engager une action en justice.
Exemple : si le fournisseur B subit de la part du fabricant A une réduction unilatérale du prix de transaction et se voit imposer, sans contrat distinct, la vente groupée de ses produits, il peut engager contre la société A une action civile en dommages-intérêts.
Action pour défaut de paiement ou réduction abusive du prix de sous-traitance
En cas de violation connexe de la Loi de la République de Corée sur les transactions équitables en matière de sous-traitance, notamment lorsque le donneur d’ordre ne paie pas le sous-traitant dans le délai requis ou réduit unilatéralement le montant dû, ce dernier peut engager une action civile sur ce fondement.
Exemple : si, après la livraison des produits du sous-traitant B, le fabricant A réduit de 15 % le prix de livraison ou en retarde le paiement pour un motif ne figurant dans aucun contrat distinct, la société B peut engager une action civile en paiement.
Action relative à un désavantage contractuel subi par un franchisé
Lorsque le franchiseur cause un préjudice à un franchisé en lui imposant des conditions d’exploitation abusives, en omettant des informations dans le document d’information ou en résiliant unilatéralement le contrat, le franchisé peut demander des dommages-intérêts au franchiseur.
Exemple : si le franchiseur impose la vente d’un nouveau produit tout en refusant les commandes inférieures à une quantité déterminée et que le franchisé subit des pertes en raison de la durée de conservation des produits, celui-ci peut établir son préjudice et demander une réparation civile.
3. Action civile en matière de concurrence | Procédure
Dans une action civile en matière de concurrence, il est essentiel de présenter des éléments de preuve objectifs étayant sa position.
Il peut être nécessaire d’utiliser le mécanisme d’ordonnance de production de documents afin de recueillir les preuves, ainsi que de bien connaître et d’utiliser la procédure permettant d’obtenir la transmission de documents par la Commission coréenne du commerce équitable.
La procédure d’une action civile en matière de concurrence est la suivante.
Lorsqu’une pratique commerciale déloyale, telle qu’un refus de transaction, une discrimination ou une vente liée, survient dans le cadre de la concurrence entre entreprises, l’entreprise lésée prend connaissance du comportement illicite.
À ce stade, le problème apparaît généralement à la suite d’un signalement interne, de la rupture d’une relation commerciale ou d’une distorsion des prix.
2. Obtention des éléments prouvant le préjudice
Contrairement à la procédure menée par la Commission coréenne du commerce équitable, une action civile en matière de concurrence impose à la victime de prouver directement l’ensemble des faits. Il est donc essentiel de réunir les contrats, courriels, relevés de transactions, échanges par messagerie, enregistrements de réunions et autres documents permettant d’établir le comportement illicite et le préjudice qui en résulte.
Cette étape peut influer sur l’issue ultérieure du procès.
3. Évaluation du préjudice
Le préjudice effectivement causé par le comportement illicite établi doit être calculé.
Il peut comprendre non seulement une baisse directe du chiffre d’affaires, mais aussi une perte d’opportunités ou un recul de la part de marché. Il est chiffré à partir de documents comptables, d’expertises externes ou de résultats d’études de marché.
4. Examen de la possibilité d’utiliser les documents de la Commission coréenne du commerce équitable
Si la Commission coréenne du commerce équitable a déjà enquêté sur l’affaire ou prononcé une sanction, ses appréciations, documents d’enquête et décisions peuvent constituer d’importants éléments de preuve dans l’action civile.
Les documents de la Commission peuvent être obtenus au moyen d’une « demande de consultation de documents administratifs » ou d’une demande de divulgation d’informations et peuvent servir d’éléments de preuve favorables.
5. Introduction de l’action : saisine du tribunal compétent
Le tribunal compétent est généralement le tribunal de district du lieu du domicile de la victime ou de celui du défendeur, et l’affaire est introduite sous la forme d’une action en dommages-intérêts.
L’action civile en matière de concurrence peut être introduite dans un délai de 3 ans à compter de la connaissance du comportement ou de 10 ans à compter de sa survenance.
6. Débat contradictoire et production des preuves
Après le dépôt de la requête introductive d’instance, les parties échangent leurs arguments, le défendeur présente ses réfutations et chacune produit ses éléments de preuve et contre-preuves.
Dans une action fondée sur une violation de la Loi sur la régulation des monopoles et le commerce équitable, la charge de la preuve pèse sur la victime. La fiabilité et la cohérence des preuves sont donc importantes, et une stratégie de réponse juridiquement étayée est nécessaire.
7. Jugement ou transaction
Le tribunal apprécie globalement l’existence du comportement illicite, le lien de causalité ainsi que l’existence et le montant du préjudice, puis rend un jugement sur les dommages-intérêts. Selon les circonstances, les parties peuvent également parvenir à une conciliation ou à une transaction.
En pratique, une transaction peut mettre fin à l’affaire au moyen d’un accord confidentiel.
Pour obtenir gain de cause dans une action civile en matière de concurrence, il faut établir la survenance du comportement illicite, son illégalité, le préjudice et le lien de causalité, ce qui exige des preuves dotées d’une force probante élevée.
Conditions de preuve d’une action civile en matière de concurrence
Comme toute action en dommages-intérêts, une action civile en matière de concurrence exige la preuve des trois éléments suivants.
Il faut établir l’existence d’un comportement interdit par la Loi de la République de Corée sur la régulation des monopoles et le commerce équitable, tel qu’une entente restrictive de concurrence, un abus de position dominante ou une pratique commerciale déloyale.
Une sanction prononcée par la Commission coréenne du commerce équitable peut faciliter cette preuve, mais une conclusion préalable de cette Commission n’est pas indispensable pour engager une action civile.
2. Survenance d’un préjudice
Il faut prouver de manière précise que le comportement illicite a causé un préjudice financier ou un désavantage concurrentiel.
Ce préjudice doit être exprimé au moyen de données chiffrées, telles qu’une baisse du chiffre d’affaires, des coûts supplémentaires ou une perte d’opportunités, et étayé par des documents comptables, des relevés de transactions ou d’autres pièces justificatives.
3. Lien de causalité
Il faut démontrer l’existence d’un lien de causalité adéquat entre le comportement illicite et le préjudice.
Une simple succession chronologique ne suffit pas : il doit être reconnu que le comportement illicite a eu une incidence déterminante sur le préjudice.
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4. Action civile en matière de concurrence | Stratégies pratiques de réponse des entreprises

1. Évaluation des risques internes liés au droit de la concurrence et formation
Des formations périodiques destinées aux dirigeants et aux salariés permettent de présenter les notions et les cas de violation de la Loi sur la régulation des monopoles et le commerce équitable.
Un diagnostic préalable permet de rechercher d’éventuels risques d’illégalité dans les contrats, la définition des conditions de transaction et les pratiques de distribution.
2. Justification de la conclusion et de la modification des contrats
Lors d’une modification des conditions de transaction, il convient d’indiquer clairement le consentement du cocontractant et les motifs de la modification, puis d’en conserver la preuve, notamment par courriel.
L’utilisation d’un contrat type ou d’un modèle recommandé par la Commission coréenne du commerce équitable peut également faciliter la défense.
3. Renforcement de la gestion des documents et des preuves
Les relevés de transactions, procès-verbaux de réunions et documents d’approbation interne doivent être conservés de façon systématique afin de pouvoir servir de fondement à la défense en cas de procès.
Les accords verbaux et les pratiques tacites sont difficiles à faire reconnaître dans un litige.
4. Présentation d’explications et coopération avant une sanction de la Commission coréenne du commerce équitable
Lorsqu’une enquête de la Commission débute, une correction volontaire ou une coopération peut réduire non seulement la sanction pécuniaire administrative de type gwajinggeum, mais aussi le risque d’action civile.
Il est important de clarifier la situation, notamment par le dépôt préalable d’un mémoire explicatif ou le recours à un expert externe.
5. Coordination entre avocats et experts-comptables en cas de procès
Une analyse par des professionnels est nécessaire concernant l’illégalité du comportement et le montant du préjudice.
Une stratégie doit être définie pour chaque étape précédant, accompagnant et suivant le procès. Il est notamment essentiel de réunir les éléments permettant de contester le montant du préjudice.
Liste de contrôle pour répondre à une action civile en matière de concurrence
Point à vérifier | Vérification effectuée | Description |
|---|---|---|
1. Vérification de l’existence d’un comportement illicite | ☐ | Déterminer s’il y a eu des pratiques commerciales déloyales, telles qu’un refus de transaction, une discrimination ou une vente liée |
2. Obtention des preuves | ☐ | Réunir les contrats, courriels, enregistrements, relevés de transactions et autres documents prouvant le comportement illicite et le préjudice |
3. Possibilité d’évaluer le préjudice | ☐ | Vérifier si le préjudice effectif ou la perte d’opportunités peut être chiffré |
4. Vérification de l’existence d’une appréciation de la Commission coréenne du commerce équitable | ☐ | Vérifier si la Commission a examiné l’affaire ou s’il existe des documents connexes |
5. Consultation d’un professionnel du droit | ☐ | Définir une stratégie avec un avocat en droit de la concurrence et examiner la possibilité d’engager une action |
6. Élaboration de la stratégie probatoire | ☐ | Établir un plan probatoire permettant d’expliquer de manière structurée le comportement illicite, le lien de causalité et le préjudice |
7. Recherche sur les textes et la jurisprudence applicables | ☐ | Effectuer des recherches sur la Loi sur la régulation des monopoles et le commerce équitable et sur des affaires comparables |
8. Définition de la stratégie d’introduction de l’action | ☐ | Préparer les démarches pratiques, notamment la détermination du tribunal compétent et du montant demandé ainsi que la rédaction de la requête introductive d’instance |
9. Examen des possibilités de conciliation ou de transaction extrajudiciaire | ☐ | Examiner les possibilités et les conditions d’un règlement des différends ou d’une transaction en dehors du contentieux judiciaire |
10. Mise en place d’un contrôle interne pour prévenir la répétition de comportements similaires | ☐ | Préparer des mesures institutionnelles et contractuelles destinées à prévenir toute récidive |
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