CONTENTS
- 1. Action en restitution de l’enrichissement sans cause | Définition

- - Types d’enrichissement sans cause
- 2. Action en restitution de l’enrichissement sans cause | Conditions

- 3. Action en restitution de l’enrichissement sans cause | Déroulement de la procédure

- 4. Action en restitution de l’enrichissement sans cause | Méthodes de réponse

- - Points d’attention et questions en litige
- 5. Action en restitution de l’enrichissement sans cause | Exemples

- 6. Action en restitution de l’enrichissement sans cause | Nécessité de l’assistance d’un professionnel

1. Action en restitution de l’enrichissement sans cause | Définition

L’action en restitution de l’enrichissement sans cause est une action en justice visant à contraindre une personne à restituer l’avantage qu’elle a obtenu sans justification juridique.
Si une personne a acquis les biens d’autrui par un moyen indu, il est possible d’en demander la restitution au moyen d’une action en restitution de l’enrichissement sans cause, en établissant le caractère intentionnel de son comportement.
L’expression « sans justification juridique » ne vise pas uniquement les actes illicites.
Il n’est pas indispensable que le comportement soit illicite : l’action peut être engagée s’il existe des éléments permettant d’établir concrètement le caractère indu de l’avantage obtenu.
Ainsi, lorsqu’une personne obtient indûment un avantage à la suite d’une erreur, d’une méprise ou d’un acte illicite survenu dans le cadre d’un contrat ou d’une transaction, cet avantage peut être restitué par la voie judiciaire.
Types d’enrichissement sans cause

Les enrichissements sans cause se répartissent principalement en deux catégories.
① Enrichissement sans cause résultant d’une prestation
Il s’agit du cas dans lequel un créancier a fourni une prestation à un débiteur, mais où la cause de cette prestation a ensuite disparu en raison notamment de la nullité, de l’annulation ou de la résolution.
Tel est, par exemple, le cas d’une somme versée en application d’un contrat nul.
② Enrichissement sans cause résultant d’une atteinte à un droit
Il s’agit du cas dans lequel une personne obtient un avantage en portant atteinte aux droits d’autrui, par exemple en tirant des revenus d’une violation de droits de propriété intellectuelle tels que le droit d’auteur, le droit des marques ou le droit de brevet.
Si le caractère illicite de l’atteinte est reconnu, celle-ci peut également entraîner une responsabilité pénale.
2. Action en restitution de l’enrichissement sans cause | Conditions
Pour qu’une demande de restitution de l’enrichissement sans cause soit admise, les quatre conditions suivantes doivent être réunies.
▶Survenance d’un préjudice : le demandeur doit avoir subi un préjudice correspondant à cet avantage
▶Lien de causalité : un lien de causalité doit exister entre le préjudice et l’avantage
▶Absence de cause juridique : l’avantage de la partie adverse doit être dépourvu de fondement juridique légitime
3. Action en restitution de l’enrichissement sans cause | Déroulement de la procédure
La procédure applicable à l’action en restitution de l’enrichissement sans cause est identique à celle d’une action civile ordinaire et comprend les étapes suivantes.
1. Rédaction et dépôt de l’acte introductif d’instance
L’acte introductif d’instance précise les faits à l’origine de l’enrichissement sans cause, les motifs de la demande de restitution et le montant exact réclamé.
Il est important d’y joindre les éléments de preuve.
2. Dépôt du mémoire en défense et débats
Lorsque le défendeur dépose un mémoire en réponse contestant la demande, le tribunal fixe une date d’audience et les parties présentent leurs arguments contradictoires.
3. Charge de la preuve
Le demandeur doit établir l’existence de l’enrichissement sans cause et l’absence de cause juridique. Le défendeur peut, quant à lui, invoquer et prouver l’existence d’un fondement juridique légitime.
4. Prononcé du jugement
Si le tribunal accueille les arguments du demandeur, il ordonne au défendeur de restituer l’enrichissement sans cause. Dans le cas contraire, la demande est rejetée.
5. Possibilité d’exécution forcée après le jugement
Si le défendeur ne s’exécute pas volontairement, le créancier peut demander une exécution forcée sur ses biens immobiliers, ses dépôts bancaires ou son salaire.
4. Action en restitution de l’enrichissement sans cause | Méthodes de réponse

L’action en restitution de l’enrichissement sans cause est relativement fréquente en matière civile, mais ses conditions juridiques et les exigences de preuve peuvent être complexes.
Lorsqu’une personne envisage d’agir seule, elle doit prêter attention aux points suivants.
▶Réunir des éléments de preuve précis
Il convient de réunir des preuves écrites établissant l’obtention de l’avantage, telles que les relevés de virement, les numéros de compte, les messages, les courriels et les contrats.
▶Construire une argumentation excluant toute cause légitime
En prévision de l’éventualité que le défendeur invoque une cause juridique, l’acte introductif d’instance ou les écritures préparatoires doivent comporter une argumentation permettant de réfuter cette prétention.
▶Vérifier le délai de prescription extinctive
En règle générale, le délai de prescription extinctive de l’action en restitution de l’enrichissement sans cause est de 10 ans (ou de 3 ans à compter du jour où les faits ont été connus).
L’expiration ou non de ce délai constitue un élément déterminant dans l’appréciation du tribunal.
▶Rédiger rigoureusement les déclarations et observations écrites
Lorsqu’il est difficile de comparaître à l’audience ou de présenter oralement ses arguments, il est également possible de rédiger et de déposer au préalable des observations écrites.
Points d’attention et questions en litige
Dans une action en restitution de l’enrichissement sans cause, les principaux points suivants exigent une attention particulière.
1. Causes exceptionnelles excluant la restitution
Conformément à l’article 746 de la Loi civile de la République de Corée, une prestation fondée sur une cause illicite, c’est-à-dire fournie dans un but illicite, ne peut faire l’objet d’une demande de restitution.
Par exemple, la restitution de sommes transférées pour financer des jeux d’argent est en principe limitée, même si elles constituent un enrichissement sans cause.
2. Paiement de l’indu en connaissance de l’absence de dette
Cette notion vise le cas dans lequel une personne effectue un paiement tout en sachant qu’elle n’est tenue d’aucune dette. Conformément à l’article 742 de la Loi civile, elle ne peut en principe en demander la restitution.
Toutefois, si le paiement a été effectué contre sa libre volonté, elle ne perd pas son droit d’en demander la restitution.
3. Éventuel déroulement parallèle d’une procédure pénale pour escroquerie ou détournement
Lorsque les circonstances à l’origine de l’enrichissement sans cause comprennent des actes susceptibles de constituer notamment une escroquerie, une infraction patrimoniale résultant de la violation du devoir de loyauté dans la gestion des affaires d’autrui ou un détournement de biens confiés, l’action civile peut être accompagnée d’une plainte pénale déposée par la victime ou d’une dénonciation par un tiers.
4. Effectivité pratique de l’exécution forcée
Même en cas d’issue favorable du litige, l’action peut perdre son utilité pratique si la partie adverse ne possède aucun bien ou prend la fuite.
Il est important d’examiner avant l’action la possibilité de prendre des mesures conservatoires sur les biens du débiteur.
5. Action en restitution de l’enrichissement sans cause | Exemples
Examinons des exemples concrets d’actions en restitution de l’enrichissement sans cause.
| Affaire 1. La Cour suprême juge que le délai de prescription court séparément pour chaque jour Dans cette affaire, la société de jeux défenderesse avait utilisé sans l’autorisation du titulaire du droit d’auteur une musique de fond, l’enregistrement C, dans le jeu F. Le demandeur, titulaire du droit d’auteur, réclamait la restitution de 40 000 000 de wons sud-coréens au titre de l’enrichissement sans cause. La Cour suprême de la République de Corée a considéré que l’utilisation non autorisée du 18 décembre 2008 à mai 2016, pendant environ 8 ans, avait fait naître chaque jour un nouvel enrichissement sans cause. Elle a jugé que le délai de prescription de la demande de restitution courait séparément pour chaque jour. Points en litige : 1. Point de départ du délai de prescription extinctive L’enrichissement sans cause naît chaque jour pendant l’utilisation continue ; le délai de prescription court donc séparément pour chacun de ces enrichissements. 2. Application du délai de prescription civile ou commerciale La demande ne portait pas sur la restitution d’une prestation, mais sur une somme équivalente à la redevance due pour l’utilisation de l’œuvre. Il était donc justifié d’appliquer le délai de prescription de 10 ans prévu par la Loi civile de la République de Corée. Le délai de prescription de 5 ans prévu par la Loi commerciale de la République de Corée ne pouvait pas être appliqué par analogie. 3. Critère de calcul de l’enrichissement sans cause En cas d’utilisation d’une œuvre sans l’autorisation du titulaire du droit d’auteur, le montant correspondant à la contrepartie raisonnable qui aurait dû être versée pour cette utilisation est considéré comme un enrichissement sans cause. |
| Affaire 2. Jugement déclarant abusive la clause excluant tout remboursement intégral plus de 10 minutes après la réservation La société Y, exploitante d’une plateforme de réservation d’hébergements, avait prévu dans ses clauses contractuelles qu’une annulation assortie d’un remboursement ne serait possible que dans les 10 minutes suivant la réservation. Le Tribunal du district central de Séoul de la République de Corée a jugé que cette clause, excessivement défavorable au consommateur, était abusive et nulle, puis a ordonné à la société Y de rembourser l’intégralité des frais d’hébergement. Le tribunal a considéré que, même si la société Y se présentait comme un simple intermédiaire de vente à distance, elle occupait en substance une position correspondant à celle d’un opérateur de vente à distance et relevait des lois coréennes sur le commerce électronique et sur la réglementation des clauses contractuelles. Points en litige : 1. Validité de la clause limitant le remboursement La clause selon laquelle l’annulation n’était possible que dans les 10 minutes suivant la réservation était excessivement défavorable au consommateur et donc nulle en tant que clause abusive au regard de la législation coréenne sur les clauses contractuelles. 2. Reconnaissance de la responsabilité de l’intermédiaire de vente à distance Contrairement à l’affirmation de la société Y selon laquelle elle n’était qu’un simple intermédiaire, le tribunal a estimé qu’elle occupait en substance la position d’un opérateur de vente à distance ou une position équivalente. 3. Responsabilité de l’hôtel en tant que bénéficiaire du paiement Même si l’hôtel n’avait pas reçu directement le paiement du consommateur, il ne pouvait être exonéré de toute responsabilité dès lors qu’il avait reçu le règlement par l’intermédiaire de la plateforme. |
6. Action en restitution de l’enrichissement sans cause | Nécessité de l’assistance d’un professionnel
L’action en restitution de l’enrichissement sans cause peut sembler porter sur une simple restitution d’argent, mais il s’agit en réalité d’un contentieux complexe qui implique une interprétation approfondie et des débats sur les conditions juridiques applicables.
L’assistance d’un avocat en droit civil peut notamment s’avérer nécessaire dans les situations suivantes.
▶Lorsque les circonstances à l’origine de l’enrichissement sans cause sont complexes
Lorsque plusieurs relations juridiques sont imbriquées, par exemple en matière de droit d’auteur, d’immobilier, de contrat de franchise, de frais d’aménagement intérieur ou de restitution de fonds investis, une simple demande de restitution peut ne pas suffire à obtenir un résultat concrètement utile.
▶Lorsque les éléments de preuve sont insuffisants ou uniquement indirects
La détermination du montant de l’enrichissement sans cause et la preuve de l’absence de cause juridique légitime peuvent nécessiter une collecte méthodique des éléments et la rédaction d’écritures juridiquement structurées.
▶Lorsque la partie adverse invoque l’expiration du délai de prescription, l’existence d’une prestation légitime ou le règlement des comptes
Si le défendeur invoque la prescription extinctive, une relation contractuelle légitime ou l’exonération de responsabilité d’un intermédiaire de vente à distance, une réfutation juridique est nécessaire.
▶Lorsqu’une procédure pénale est menée parallèlement ou que des mesures ultérieures, telles qu’une demande de dommages-intérêts ou une exécution forcée, sont envisagées
Lorsque l’affaire est jointe à une procédure pénale portant notamment sur une escroquerie, une infraction patrimoniale résultant de la violation du devoir de loyauté dans la gestion des affaires d’autrui ou un détournement de biens confiés, ou lorsqu’une exécution forcée doit suivre le jugement civil, la gestion des différentes étapes procédurales revêt une importance accrue.
Les avocats en droit civil du cabinet analysent les principales questions de l’affaire, déterminent les éléments à établir et élaborent une stratégie contentieuse en tenant compte de l’étendue de la restitution concrètement envisageable.
Ils interviennent également aux étapes de la conciliation, de la transaction et de l’exécution forcée en privilégiant une approche tenant compte de l’utilité pratique et de la protection des droits du client.
Le choix du mode d’action suppose une analyse globale portant notamment sur l’utilité pratique du procès, la stratégie probatoire et l’éventuelle expiration du délai de prescription.











