CONTENTS
- 1. Action en dommages-intérêts | Définition

- - Catégories de préjudices donnant lieu à des dommages-intérêts
- - Étendue des dommages-intérêts
- 2. Action en dommages-intérêts | Conditions d’exercice

- - Méthode de calcul du montant demandé à titre de dommages-intérêts
- 3. Action en dommages-intérêts | Présentation de la procédure

- 4. Action en dommages-intérêts | Examen de décisions de justice

- 5. Action en dommages-intérêts | Moyens d’agir selon la position des parties

- 6. Action en dommages-intérêts | Questions principales et précautions

1. Action en dommages-intérêts | Définition

Une action en dommages-intérêts est une action civile intentée afin de mettre en cause la responsabilité juridique d’autrui pour un préjudice causé par un fait dommageable ou une négligence et d’obtenir réparation de ce préjudice.
Elle peut être fondée sur les dispositions relatives aux faits dommageables prévues aux articles 750 et suivants de la Loi civile de la République de Corée ou sur l’inexécution d’une obligation au titre des articles 390 et suivants. Elle constitue l’une des catégories courantes de contentieux civil.
Lorsqu’un débiteur n’exécute pas son obligation conformément à son contenu, le créancier peut demander des dommages-intérêts. Il en va toutefois autrement lorsque l’exécution est devenue impossible sans faute intentionnelle ni négligence du débiteur.
∙Article 750 de la Loi civile (contenu du fait dommageable) :
Toute personne qui cause un préjudice à autrui par un acte illégal commis intentionnellement ou par négligence est tenue de réparer ce préjudice.
Catégories de préjudices donnant lieu à des dommages-intérêts
Dans le cadre des dommages-intérêts, le « préjudice » désigne une situation défavorable résultant de l’atteinte à un intérêt juridiquement protégé.
Les préjudices peuvent être classés comme suit.
▶Préjudice patrimonial
Il s’agit d’un préjudice pouvant être évalué en argent, tel qu’une diminution du patrimoine, une perte de revenus ou l’engagement de frais.
Cette catégorie comprend, par exemple, les frais de réparation d’un véhicule endommagé ou la perte de revenus résultant de l’impossibilité de travailler à la suite d’un accident.
▶Préjudice extrapatrimonial
Il s’agit d’un préjudice difficile à évaluer en argent, dont les principales formes sont notamment la souffrance morale et l’atteinte à la réputation.
Dans ce cas, une réparation peut être accordée sous la forme d’une indemnisation du préjudice moral.
▶Préjudice corporel
Il s’agit d’un préjudice affectant directement le corps d’une personne, tel que des blessures ou des séquelles.
Des dommages-intérêts peuvent être demandés au titre des frais médicaux, des frais d’assistance par une tierce personne ou de la perte de capacité de travail.
Ainsi, qu’il soit patrimonial, corporel ou moral, un préjudice peut faire l’objet d’une demande de dommages-intérêts s’il est reconnu comme portant atteinte à un intérêt juridiquement protégé.
Étendue des dommages-intérêts
L’étendue des dommages-intérêts est limitée au « préjudice effectivement subi ».
Le principe consiste à replacer la victime dans la situation où elle se serait trouvée si le préjudice ne s’était pas produit.
Tous les préjudices ne donnent toutefois pas lieu à réparation.
Le droit coréen ne reconnaît comme réparables que les préjudices présentant un « lien de causalité adéquate ».
La réparation est donc limitée aux préjudices que l’acte de l’auteur était normalement susceptible de provoquer.
Lorsqu’un avantage est obtenu en même temps que le préjudice est subi, celui-ci est pris en compte pour ajuster le montant de la réparation. Ce mécanisme correspond à la compensation des avantages avec le préjudice.
Par exemple, si l’absence de remise d’un bien a permis d’économiser des frais de transport ou de stockage, le montant de ces économies est déduit de celui du préjudice.
Les dommages-intérêts visent ainsi à réparer de manière appropriée le préjudice effectivement subi, conformément au principe d’équité.
2. Action en dommages-intérêts | Conditions d’exercice

Une action en dommages-intérêts constitue une demande civile distincte de la procédure pénale et peut donc être engagée indépendamment de l’issue de celle-ci.
Il faut toutefois établir avec précision que le préjudice subi résulte de la négligence ou du fait dommageable de la partie adverse pour que la demande soit admise par le tribunal.
Plusieurs conditions doivent être remplies pour engager une action en dommages-intérêts.
1. Existence d’un fait dommageable ou de l’inexécution d’une obligation
L’acte de l’auteur doit être illégal et résulter d’une faute intentionnelle ou d’une négligence.
En cas d’inexécution d’une obligation, il convient de prouver que l’obligation contractuelle n’a pas été exécutée.
2. Survenance d’un préjudice
La réalité du préjudice corporel, moral ou patrimonial subi par la victime doit être démontrée.
Cette preuve peut notamment être apportée au moyen de certificats médicaux, de relevés de frais médicaux, de factures de réparation ou de documents attestant une diminution de salaire.
3. Lien de causalité
Un lien de causalité doit exister entre l’acte de l’auteur et le préjudice subi par la victime.
Il peut s’agir d’un lien direct ou d’un lien de causalité adéquate au sens du droit coréen, que le tribunal apprécie de manière objective et raisonnable.
4. Capacité d’engager sa responsabilité et illicéité
Le fait que l’auteur ait commis un acte illégal alors qu’il disposait de la capacité d’engager sa responsabilité constitue également un élément important d’appréciation.
La responsabilité des mineurs ou des personnes dont les facultés mentales sont altérées peut être limitée dans certains cas.
Méthode de calcul du montant demandé à titre de dommages-intérêts
L’un des principaux aspects d’une action en dommages-intérêts consiste à demander un montant de réparation approprié.
Le montant demandé dépend de la nature et de l’ampleur du préjudice. Il doit être calculé en tenant compte notamment des frais médicaux, des séquelles et des dommages matériels.
Les revenus illicites sont exclus des préjudices pouvant faire l’objet d’une action en dommages-intérêts.
En principe, une action fondée sur la perte de revenus illicites n’est pas admise. Il n’est donc pas possible de demander des dommages-intérêts au titre du produit d’une infraction.
Chaque situation fait néanmoins l’objet d’une appréciation individuelle tenant compte notamment du degré d’illicéité et du caractère répréhensible de l’activité. Une analyse juridique des circonstances permet donc d’en déterminer plus précisément les conséquences.
3. Action en dommages-intérêts | Présentation de la procédure

Une action en dommages-intérêts débute lorsque la victime dépose une requête introductive d’instance auprès du tribunal. Plusieurs étapes se succèdent ensuite jusqu’à la clôture du procès.
La procédure généralement suivie dans une action civile en dommages-intérêts est présentée ci-dessous.
1. Dépôt de la requête introductive d’instance
Le procès commence lorsque le demandeur, qui est la victime, rédige une requête introductive d’instance et la dépose auprès du tribunal compétent.
La requête doit exposer précisément l’objet de la demande et ses motifs. Il est également utile de préparer les éléments de preuve correspondants.
2. Signification de la requête et dépôt des conclusions en réponse du défendeur
Le tribunal transmet au défendeur la requête enregistrée. Cette formalité est appelée « signification d’une copie de la requête introductive d’instance ».
Le défendeur doit déposer ses conclusions en réponse à la demande du demandeur dans les 30 jours suivant la réception de la requête.
Si le défendeur ne dépose pas de réponse ou reconnaît les faits dans sa réponse, le tribunal peut rendre immédiatement un jugement sans tenir de débats distincts.
3. Procédure de préparation des débats
Avant l’examen au fond, le tribunal met en œuvre une « procédure de préparation des débats » afin d’assurer le déroulement efficace de ceux-ci.
À ce stade, les parties organisent leurs prétentions et leurs preuves et déposent, si nécessaire, des mémoires préparatoires ou des documents connexes.
Si le tribunal l’estime nécessaire, il peut fixer une audience distincte de préparation des débats et demander aux parties de comparaître.
Cette procédure permet de clarifier les prétentions des deux parties et de déterminer les questions à examiner lors du procès.
4. Audience des débats
Une fois la procédure préparatoire terminée, une « audience des débats » est tenue et l’examen au fond commence.
Les parties y présentent devant le tribunal les prétentions et les preuves qu’elles ont préparées.
Le tribunal peut immédiatement procéder à l’administration de la preuve si nécessaire. Lorsqu’il n’existe plus d’autres prétentions à présenter, il clôt les débats.
5. Prononcé du jugement
Lorsque les débats et l’administration de la preuve sont terminés, le tribunal prononce son jugement.
4. Action en dommages-intérêts | Examen de décisions de justice
Examinons des décisions de justice relatives aux actions en dommages-intérêts.
| Cas 1. Décision écartant la responsabilité en dommages-intérêts pour diffamation lorsqu’il existait des raisons suffisantes de croire à la véracité des faits Cette affaire concernait le rejet d’une demande de dommages-intérêts pour diffamation relative à un article portant sur des faits historiques. L’ancien député S avait engagé une action en dommages-intérêts contre une entreprise de presse et des journalistes, leur reprochant d’avoir publié des informations mensongères sur ses activités passées au sein du mouvement étudiant. Des décisions défavorables au demandeur ont toutefois été rendues de la première instance jusqu’à la Cour suprême de la République de Corée et sont devenues définitives. Le tribunal a considéré que, même si l’article contenait certains faits inexacts, la responsabilité de la presse au titre des dommages-intérêts n’était pas engagée lorsque l’article reposait sur des faits historiques et qu’il existait des circonstances permettant raisonnablement de croire à sa véracité. Questions en litige : -La présence de raisons suffisantes de croire à la véracité d’informations de presse portant atteinte à la réputation exclut-elle l’illicéité ? -Selon quels critères l’illicéité de l’ensemble d’un article doit-elle être appréciée lorsque celui-ci contient certains faits inexacts ? |
| Cas 2. Rejet d’une demande de dommages-intérêts fondée sur des soupçons concernant une enquête menée sur un responsable public Le député H a été débouté en appel de son action en dommages-intérêts de 100 millions de wons sud-coréens contre un ancien journaliste qui avait affirmé qu’il avait mené de manière insuffisante l’enquête B lorsqu’il était procureur. La juridiction de première instance avait retenu une responsabilité à hauteur de 10 millions de wons sud-coréens. La juridiction d’appel a toutefois rejeté la demande du demandeur, considérant que « la presse doit pouvoir faire état de soupçons concernant des questions d’intérêt public et qu’un responsable public doit y répondre par la réfutation et l’explication ». Questions en litige : -Étendue admissible des critiques relatives à une enquête visant un responsable public -Limites des demandes de dommages-intérêts en réponse aux critiques de la presse et risque d’usage abusif de telles demandes |
5. Action en dommages-intérêts | Moyens d’agir selon la position des parties
Examinons les moyens d’agir selon la position de chaque partie à une action en dommages-intérêts.
▶Moyens d’agir du demandeur
Il est essentiel de calculer et de prouver précisément le montant du préjudice. Une stratégie adaptée doit être élaborée afin de demander la réparation intégrale du préjudice subi.
La preuve peut devenir difficile si les mesures de conservation de la preuve sont négligées. Il convient donc de réunir dès les premières étapes de l’affaire des certificats médicaux, des photographies et des témoignages.
▶Moyens d’agir du défendeur
Une stratégie peut consister à démontrer l’absence de faute ou l’exagération du préjudice allégué.
Le défendeur peut invoquer l’existence de plusieurs auteurs du fait dommageable ou le partage de responsabilité fondé sur la faute de la victime afin de limiter la part de responsabilité retenue à son encontre.
Lorsqu’une procédure pénale est menée parallèlement, les pièces du dossier pénal peuvent être utilisées pour étayer les moyens de défense.
6. Action en dommages-intérêts | Questions principales et précautions
Examinons les principales questions et précautions relatives au déroulement d’une action en dommages-intérêts.
▶Reconnaissance du lien de causalité
Si le tribunal ne reconnaît pas que l’accident ou l’acte est à l’origine du préjudice, la demande de dommages-intérêts peut être rejetée.
▶Exactitude du calcul du préjudice
La demande d’un montant excessif peut réduire la crédibilité des prétentions et conduire à une décision accordant un montant inférieur.
▶Limitation des demandes portant sur des revenus illicites
La jurisprudence ne protège en principe pas la perte de revenus illicites, tels que les revenus tirés de la prostitution ou de jeux d’argent illicites. Une telle perte est donc exclue des préjudices pouvant faire l’objet d’une demande de dommages-intérêts.
▶Question de la prescription
Un délai de prescription extinctive de 3 ans à compter du jour où la victime a eu connaissance du préjudice et de son auteur, et de 10 ans à compter du jour où le fait dommageable s’est produit, est applicable. Il convient de vérifier si ce délai est expiré.
Une action en dommages-intérêts ne constitue pas une procédure simple. Elle exige une analyse rigoureuse des faits et des règles de droit ainsi que la collecte et l’utilisation des preuves.
L’assistance d’un avocat peut notamment être utile dans les situations suivantes.
-Lorsque le montant du préjudice est élevé ou que l’affaire est complexe
-Lorsque plusieurs personnes ont conjointement commis le fait dommageable
-Lorsqu’une action en dommages-intérêts est menée parallèlement à une affaire pénale
-Lorsque l’action est engagée contre une personne morale
Le cabinet organise la collaboration d’avocats intervenant en matière de dommages-intérêts avec des avocats intervenant en matière pénale et administrative afin d’élaborer une stratégie adaptée aux caractéristiques de chaque affaire.
Par ailleurs, la charge de la preuve incombe à la personne qui engage une action en dommages-intérêts. Il est donc nécessaire d’établir soigneusement les faits, de réunir les preuves et de calculer le montant du préjudice.
Le cabinet coopère avec son centre d’investigation des preuves pour intervenir dans la collecte des preuves nécessaires au procès, les mesures conservatoires prises avant celui-ci, telles qu’une saisie conservatoire, la procédure de conciliation pendant l’instance ainsi que les procédures postérieures au jugement, notamment l’exécution forcée.
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