CONTENTS
- 1. Loi pénale militaire | Notion et objectifs de la Loi pénale militaire

- - Caractéristiques de la Loi pénale militaire qui la distinguent de la Loi pénale générale
- 2. Loi pénale militaire | Principales infractions et moyens concrets d’y répondre

- - Désertion militaire
- - Injure envers un supérieur ∙ violences physiques contre un supérieur
- - Insubordination
- - Infractions relatives aux biens militaires
- 3. Loi pénale militaire | Stratégies à chaque étape de la procédure en cas d’affaire

- - Conseils pratiques : préparatifs pouvant être effectués seul
- - Réformes du régime de la Loi pénale militaire
- 4. Loi pénale militaire | Pourquoi l’assistance d’un avocat spécialisé en droit pénal militaire peut être nécessaire

- - Affaire pénale militaire, points essentiels de la défense
1. Loi pénale militaire | Notion et objectifs de la Loi pénale militaire

Promulguée en 1962, la Loi pénale militaire s’applique notamment aux officiers, sous-officiers, militaires du rang, personnels civils des forces armées et élèves des écoles militaires, ainsi qu’aux personnes servant dans l’armée ou ayant un lien étroit avec celle-ci.
Elle ne vise pas seulement à sanctionner les infractions. Destinée également à préserver l’ordre militaire, la chaîne de commandement et la capacité opérationnelle, elle possède des caractéristiques propres qui la distinguent de la Loi pénale générale.
▶Champ d’application
-Militaires en service actif : officiers, adjudants, sous-officiers, militaires du rang, etc.
-Personnel civil des forces armées : fonctionnaires relevant des forces armées
-Élèves-officiers et élèves des écoles militaires
-Réservistes mobilisés, etc. : réservistes, membres de la réserve complémentaire et personnes affectées au service de travail servant en temps de guerre ou de crise
Caractéristiques de la Loi pénale militaire qui la distinguent de la Loi pénale générale
La Loi pénale militaire présente les caractéristiques particulières suivantes, qui la distinguent de la Loi pénale générale.
Premièrement, elle prévoit séparément des catégories d’infractions propres à l’armée.
Elle érige en infractions certains actes commis au sein de l’armée qui ne sont pas considérés comme tels dans la société civile.
Ces actes sont qualifiés d’« infractions exclusivement militaires ». Il s’agit d’infractions autonomes applicables uniquement aux militaires afin de préserver la discipline et la chaîne de commandement.
Les principales catégories d’infractions exclusivement militaires sont les suivantes.
-désertion militaire
-insubordination
Deuxièmement, le niveau des peines est plus élevé que celui prévu par la Loi pénale générale.
La Loi pénale militaire ayant pour objet de préserver l’ordre militaire et la capacité opérationnelle, elle tend à prévoir des peines plus lourdes que la Loi pénale générale, même pour des catégories d’infractions identiques.
Dans les faits, les peines légales qu’elle prévoit consistent le plus souvent au minimum en une peine d’emprisonnement avec ou sans travail. Dans certains cas, la peine de mort est également prévue.
Par exemple, alors que des violences physiques commises dans la société civile peuvent être sanctionnées par une peine d’amende, celles commises contre un supérieur dans l’armée font l’objet d’une peine aggravée pouvant comprendre un emprisonnement avec travail.
Troisièmement, les catégories d’infractions prévues dans la partie spéciale sont très variées et présentent un caractère fortement militaire.
La partie spéciale de la Loi pénale militaire prévoit notamment les infractions suivantes.
-abus de l’autorité de commandement, capitulation ou fuite d’un commandant
-désertion militaire, abandon d’un poste de garde et manquement aux devoirs militaires
-insubordination, violation des consignes et outrage
-infractions violentes telles que les violences physiques, les menaces, les blessures et l’homicide
-détournement, destruction ou abandon de biens militaires
-pillage et infractions relatives aux prisonniers de guerre, entre autres
La Loi pénale militaire classe ainsi systématiquement les infractions en tenant compte des particularités militaires directement liées à la sécurité nationale.
Quatrièmement, une autre caractéristique importante tient au fait que les infractions commises par les militaires sont jugées par les juridictions militaires.
En principe, les infractions commises par les militaires et le personnel civil des forces armées relèvent de la compétence des juridictions militaires.
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2. Loi pénale militaire | Principales infractions et moyens concrets d’y répondre
Examinons les principales catégories d’infractions prévues par la Loi pénale militaire, leurs éléments constitutifs et les questions qu’elles soulèvent.
Nous présenterons notamment les conditions de constitution de la désertion militaire, de l’injure et des violences physiques envers un supérieur, de l’insubordination et des infractions relatives aux biens militaires, ainsi que les moyens concrets d’y répondre.
Désertion militaire
La désertion militaire, communément appelée « désertion », est l’une des infractions les plus fréquentes au regard de la Loi pénale militaire.
-En temps de guerre ou de crise, ou dans une zone soumise à la loi martiale : emprisonnement à durée déterminée d’au moins 5 ans
-Dans les autres cas : emprisonnement de 1 an à 10 ans
-Le fait de quitter son unité ou ses fonctions et de ne pas les réintégrer sans motif légitime est également passible de la peine de mort, de l’emprisonnement à perpétuité ou d’un emprisonnement d’au moins 10 ans
▶Il convient de réunir des éléments permettant de prouver l’existence d’un motif légitime et de préparer des pièces expliquant précisément les circonstances du départ.
Injure envers un supérieur ∙ violences physiques contre un supérieur
L’infraction d’injure envers un supérieur couvre notamment les propos et comportements exprimant du mépris à son égard, tandis que l’infraction de violences physiques suppose un contact physique.
L’injure et les violences physiques envers un supérieur constituent de graves manquements à la discipline militaire. Parce qu’elles portent atteinte à l’ordre et à la hiérarchie militaires, elles font l’objet de sanctions sévères.
Les violences physiques ou les menaces contre un supérieur sont passibles d’un emprisonnement de 1 an à 10 ans lorsqu’elles sont commises en présence de l’ennemi et d’un emprisonnement maximal de 5 ans dans les autres cas.
▶Il importe de préparer un rapport circonstancié et une lettre exprimant des regrets, de rechercher un accord avec le supérieur concerné et de recueillir une déclaration sollicitant la clémence.
▶Il convient d’analyser les circonstances, le lieu et le contexte des propos afin d’examiner s’il est possible de contester l’intention d’injurier.
Insubordination
L’insubordination est constituée lorsqu’une personne s’oppose à l’ordre d’un supérieur ou refuse d’y obéir.
-Légalité de l’ordre : aucune obligation d’obéissance ne s’applique lorsque l’ordre est manifestement illégal
-Modalités du refus : une distinction est opérée entre la simple inexécution et la résistance active
Lorsqu’un ordre est illégal ou injustifié, son refus peut ne pas être sanctionné au titre de l’insubordination.
▶Si l’ordre relève d’un exercice abusif de l’autorité, sa légitimité et sa légalité peuvent être placées au cœur du débat afin de contester le caractère illicite du refus.
▶Des enregistrements, messages écrits, relevés d’instructions professionnelles ou autres éléments peuvent établir les circonstances antérieures et postérieures au refus. Les déclarations des supérieurs ou collègues présents sur les lieux peuvent également permettre de démontrer que la résistance reposait sur un motif légitime.
Infractions relatives aux biens militaires
Les infractions telles que le détournement, la dégradation ou l’abandon de biens militaires sont considérées comme graves, car elles sont directement liées à la sécurité nationale et à l’efficacité des opérations militaires.
-Détournement de biens militaires : utilisation de matériel ou de fournitures militaires à des fins personnelles
-Abandon de biens militaires : comprend le fait d’en causer la perte intentionnellement ou par négligence
3. Loi pénale militaire | Stratégies à chaque étape de la procédure en cas d’affaire

Contrairement à la procédure pénale ordinaire, une affaire d’infraction à la Loi pénale militaire suit les étapes suivantes : police militaire → parquet militaire → juridiction militaire → commission disciplinaire.
Les principaux points à prendre en considération à chaque étape sont les suivants.
1. Étape de l’enquête menée par la police militaire
-Précautions avant de rédiger une déclaration : lorsqu’une déclaration manuscrite est demandée, il est possible de différer temporairement sa rédaction en indiquant « je souhaite y réfléchir avant de la rédiger »
-Vigilance face aux questions incitant à avouer : il convient de se méfier de formulations suggestives telles que « tout sera terminé si vous reconnaissez simplement tous les faits »
-Demande d’une copie du contenu de l’interrogatoire : demander impérativement une copie de la déclaration et la conserver
2. Transmission au parquet militaire et décision relative aux poursuites
-Présentation de pièces explicatives : une lettre exprimant des regrets, une déclaration ou une requête du supérieur sollicitant la clémence peuvent être produites
-Examen juridique des éléments constitutifs : il est possible d’examiner juridiquement si chacun de ces éléments est réuni et de déposer des observations écrites
3. Étape du procès devant la juridiction militaire
-Possibilité de demander l’audition de témoins : il est possible de faire citer une personne de référence ou la victime afin d’établir les faits
4. Réponse à la procédure disciplinaire en cas de condamnation définitive
-Préparation de pièces en vue de l’atténuation de la sanction disciplinaire : réputation dans l’unité, attitude pendant le service, requête du commandant d’unité, etc.
-Participation à la procédure disciplinaire : possibilité de comparaître devant la commission disciplinaire pour présenter des explications
Conseils pratiques : préparatifs pouvant être effectués seul
Élément | Points pratiques à prendre en considération |
| Lettre exprimant des regrets | Reconnaissance des faits constitutifs de l’infraction → expression de regrets sincères → engagement à prévenir toute récidive → appréciations de l’entourage |
| Déclaration | Exposé clair des circonstances de l’affaire → limitation des déclarations défavorables → exclusion des formulations empreintes d’émotion |
| Accord écrit | Signature et sceau de la victime obligatoires → mention expresse de la formule « ne souhaite pas que l’auteur soit sanctionné » |
| Requête | Obtention d’une requête manuscrite d’un supérieur ou d’un militaire plus ancien → inclusion d’une formule renvoyant au dossier administratif |
| Évaluation du service | Récapitulatif des récompenses, distinctions et conduites exemplaires au sein de l’unité, accompagné des justificatifs correspondants |
Réformes du régime de la Loi pénale militaire
Les juridictions militaires sont des juridictions spéciales chargées de juger les infractions commises par les militaires. Elles se distinguent des juridictions ordinaires en ce qu’elles relèvent du ministère de la Défense nationale de la République de Corée et non du pouvoir judiciaire.
Cette organisation comporte des limites structurelles susceptibles d’exposer les juridictions militaires à l’influence du pouvoir exécutif, ce qui alimente depuis longtemps les débats sur leur indépendance.
Dans le passé, les systèmes dits de l’autorité de juridiction et des assesseurs permettaient au commandant de l’unité auprès de laquelle une juridiction militaire était instituée d’intervenir directement dans le procès militaire et de décider de la nomination ou de la désignation des juges et procureurs militaires.
Cette organisation a été considérée comme l’une des principales causes d’atteinte à la neutralité et à l’indépendance des procès.
Les juridictions militaires ont également fait l’objet de critiques constantes concernant la protection insuffisante des droits de la défense du militaire poursuivi, les procès se déroulant dans l’environnement fermé de l’armée, contrairement aux audiences pénales ordinaires.
Afin de remédier à ces problèmes structurels, la Haute Cour militaire a été supprimée en 2022.
Cette réforme est considérée comme une réorganisation institutionnelle destinée à assurer concrètement la protection des droits fondamentaux des militaires en temps de paix ainsi que l’indépendance et l’équité de la justice militaire.
Les principales modifications apportées en même temps que la suppression de la Haute Cour militaire sont présentées ci-dessous.
1. Transfert aux juridictions civiles notamment des affaires d’infractions sexuelles
2. Suppression de la Haute Cour militaire et transfert des appels aux juridictions civiles
3. Intégration de la structure des juridictions militaires et réorganisation à l’échelle régionale
4. Suppression des bureaux ordinaires du parquet militaire et réorganisation de sa chaîne de commandement
5. Composition des formations de jugement principalement autour de juges militaires
4. Loi pénale militaire | Pourquoi l’assistance d’un avocat spécialisé en droit pénal militaire peut être nécessaire
Les affaires relevant de la Loi pénale militaire se déroulent dans un cadre particulier, très différent de celui des affaires pénales ordinaires.
Dans une culture institutionnelle fermée, une chaîne de commandement fondée sur l’obéissance hiérarchique et un système de justice militaire distinct du système civil, l’enquête, les poursuites et le procès peuvent en effet progresser relativement rapidement.
L’assistance d’un avocat connaissant les particularités de la Loi pénale militaire revêt donc une importance particulière dès le début de l’affaire.
Une affaire relevant de la Loi pénale militaire commence généralement par une enquête de la police militaire.
Les déclarations recueillies à ce stade servent ensuite de preuves essentielles lors des poursuites engagées par le parquet militaire et du procès devant la juridiction militaire. Elles peuvent, dans les faits, déterminer l’orientation de l’affaire.
Une condamnation dans une affaire relevant de la Loi pénale militaire peut entraîner, au-delà de la sanction pénale, des conséquences défavorables importantes sur l’ensemble du service militaire et de la vie sociale de l’intéressé, notamment le report de la fin du service, l’impossibilité d’obtenir une promotion, l’inscription d’une sanction au dossier disciplinaire et l’enregistrement d’antécédents pénaux.
Affaire pénale militaire, points essentiels de la défense
Les affaires d’infraction à la Loi pénale militaire exigent une approche différente de celle des affaires pénales ordinaires en raison de la culture institutionnelle et du système judiciaire propres à l’armée.
Pour qu’un militaire mis en cause puisse exercer effectivement ses droits de la défense, il est indispensable de comprendre précisément la procédure de justice militaire et d’adopter une position cohérente dès les premières déclarations.
Les principaux points de défense à prendre en considération dans la pratique sont présentés ci-dessous.
Notre cabinet constitue une équipe dédiée d’avocats spécialisés dans les affaires militaires, en mesure d’intervenir simultanément devant les juridictions militaires et civiles afin d’assurer la défense des droits et intérêts du client.
Élément | Points stratégiques à prendre en considération |
1. Réponse aux premières déclarations dans l’affaire | -Vigilance face aux questions incitant à avouer |
2. Garantie des droits de la défense de la personne mise en cause | -Vérification et, si nécessaire, correction de la déclaration recueillie lors de l’enquête de la police militaire |
3. Analyse des éléments constitutifs de l’infraction | -Analyse juridique de la réunion des éléments constitutifs |
4. Présentation des facteurs de détermination de la peine | -Présentation d’une lettre exprimant des regrets, de la réputation au sein de l’unité, de l’attitude pendant le service, etc. |
5. Protection du parcours de service militaire et de la carrière | -Proposition de mesures visant à limiter les conséquences défavorables après la clôture de l’affaire |











