CONTENTS
- 1. Action collective | Définition

- - Types d’actions collectives
- - Différences avec l’action intentée par une organisation et le règlement collectif des litiges
- - Projet de loi sur les actions collectives
- 2. Action collective | Conditions d’introduction et procédure

- - Exemples d’actions collectives
- 3. Action collective | Points de vigilance

- 4. Action collective | Raisons de recourir à une assistance juridique

1. Action collective | Définition

L’action collective est un mécanisme procédural permettant à plusieurs victimes de résoudre ensemble, dans le cadre d’une seule action, une même question juridique découlant d’une cause identique .
Elle permet généralement de rechercher une solution commune lorsque les victimes sont nombreuses ou qu’il est difficile d’intenter des actions individuelles.
Les actions collectives concernent principalement des préjudices de grande ampleur, notamment des accidents du travail, des escroqueries financières ou des arriérés de salaire.
Ce mécanisme a été conçu pour permettre une réparation efficace lorsque l’introduction d’une action par chaque victime représente une charge importante sur les plans temporel, financier ou psychologique.
Types d’actions collectives
Les actions collectives sont principalement utilisées dans les situations suivantes.
① Préjudices individuels de faible montant touchant de nombreuses personnes
Il s’agit notamment des cas où le préjudice individuel est faible, mais où le dommage total est considérable, comme les préjudices subis par les consommateurs, la facturation excessive de services de télécommunication ou l’imposition excessive de commissions par une plateforme.
Lorsque la faible ampleur du préjudice économique rend difficile l’introduction d’une action individuelle, l’action collective permet de rechercher une réparation efficace.
② Accidents industriels de grande ampleur et pollution environnementale
Lorsqu’un grand nombre de riverains subissent un préjudice en raison de la pollution de l’air ou de l’eau, du bruit ou d’autres nuisances résultant de l’exploitation d’une usine, une action collective peut être engagée même s’il est difficile pour chaque victime de prouver individuellement la cause et le préjudice.
③ Secteurs financier et assurantiel
Lorsque de nombreux investisseurs ont subi un préjudice en raison de publicités mensongères ou exagérées lors de la commercialisation de fonds, ou de pratiques de vente inadéquates, une action collective permet de rechercher une réparation plus cohérente si les préjudices découlent d’un même fait dommageable imputé à l’établissement financier, même si les contrats individuels diffèrent.
④ Pratiques illicites structurelles des entreprises
Lorsque de nombreux salariés se trouvent dans des situations similaires en matière de ressources humaines et de travail, notamment en cas d’arriérés de salaire, de non-paiement des heures supplémentaires, de harcèlement sexuel ou de harcèlement sur le lieu de travail, ils peuvent rechercher une réparation en justice au moyen d’une action collective.
Différences avec l’action intentée par une organisation et le règlement collectif des litiges
1. Qu’est-ce que l’action intentée par une organisation ?
Cette action n’est pas engagée par des particuliers tels que des consommateurs, mais par une organisation de consommateurs ou une organisation privée à but non lucratif remplissant certaines conditions, afin de demander au tribunal d’interdire ou de faire cesser les pratiques illicites d’un professionnel.
Ce mécanisme vise moins à protéger les droits de chaque consommateur qu’à assurer, de manière préventive et dans l’intérêt général, la protection des droits et intérêts d’un grand nombre de consommateurs.
Il se caractérise par l’impossibilité d’obtenir réparation du préjudice effectivement subi par les consommateurs.
Cette action ne peut viser que l’interdiction ou la cessation de l’atteinte.
Une action civile distincte est nécessaire pour obtenir des dommages-intérêts.
2. Qu’est-ce que le mécanisme de règlement collectif des litiges ?
Le mécanisme de règlement collectif des litiges permet de traiter les préjudices subis par de nombreux consommateurs par voie de conciliation plutôt que par une action en justice. Sa procédure est plus simple et plus rapide que celle d’une action collective et convient particulièrement aux affaires portant sur des préjudices de faible montant.
Un organisme public, l’Agence coréenne de la consommation ou une organisation de consommateurs peut présenter une demande. La conciliation est menée par la Commission coréenne de règlement des litiges de consommation.
Sa procédure est plus simple et plus rapide que celle d’une action collective et convient particulièrement aux affaires portant sur des préjudices de faible montant.
3. Qu’est-ce que l’action d’une organisation de consommateurs ?
Lorsqu’un professionnel porte continuellement atteinte aux droits et intérêts des consommateurs, une organisation de consommateurs peut engager une action en cessation afin d’obtenir l’interdiction ou la cessation de ces pratiques.
Cette action vise à faire cesser l’atteinte et non à obtenir des dommages-intérêts. Elle se caractérise également par l’impossibilité pour une autre organisation d’engager une action portant sur les mêmes faits après qu’une décision définitive de rejet a été rendue.
Projet de loi sur les actions collectives
Les actions collectives n’étaient prévues que par la Loi coréenne sur les actions collectives en matière de valeurs mobilières.
Toutefois, afin d’assurer une réparation et une prévention efficaces des préjudices collectifs et d’inciter les entreprises à exercer leurs activités de manière responsable, le ministère de la Justice de la République de Corée a élaboré un projet de loi visant à étendre l’application des actions collectives et des dommages-intérêts punitifs.
Les principales dispositions du projet de loi sont les suivantes.
▶ Possibilité de présenter toute demande de dommages-intérêts lorsque les victimes sont au nombre de 50 ou plus
▶ Extension des effets du jugement à toutes les victimes, à l’exception de celles ayant déposé une déclaration d’exclusion
▶ Application du système coréen de procès avec participation des citoyens
2. Action collective | Conditions d’introduction et procédure

Pour engager une action collective, les conditions suivantes doivent être remplies en plus des conditions générales applicables aux actions civiles.
▶Critère de communauté
Les prétentions de chaque victime doivent reposer sur des faits ou des questions juridiques communs. Il peut s’agir, par exemple, de préjudices causés par un même défaut de fabrication ou d’atteintes à des droits fondées sur un même contrat.
▶Critère numérique
Lorsque les victimes sont au nombre de 50 ou plus, une action collective peut être engagée pour toute demande de dommages-intérêts, quel que soit le domaine concerné.
L’action collective se déroule généralement selon la procédure suivante.
1. Introduction de l’action
La personne qui engage une action collective relative aux valeurs mobilières afin de devenir partie représentative dépose une requête introductive d’instance auprès du tribunal.
2. Avis public de l’introduction de l’action et désignation de la partie représentative
3. Procédure de déclaration d’exclusion
Les victimes qui ne souhaitent pas être soumises aux effets de l’action doivent déposer une déclaration d’exclusion dans le délai fixé. À défaut, les effets de l’action collective leur sont applicables.
4. Collecte des preuves et examen au fond
Les demandeurs doivent prouver l’existence du préjudice commun et la survenance des dommages. À cette fin, un grand nombre de documents, des avis d’experts et des données statistiques peuvent être utilisés.
5. Jugement et procédure d’indemnisation
Le jugement rendu dans le cadre de l’action collective produit ses effets à l’égard de toutes les victimes qui n’ont pas déposé de déclaration d’exclusion. Celles-ci peuvent obtenir l’indemnisation correspondante sans engager d’action individuelle.
Exemples d’actions collectives
Voici plusieurs exemples d’actions collectives.
Cas 1. Action collective relative au piratage des cartes USIM d’un opérateur de télécommunications
Dans cette affaire, de nombreux abonnés d’un opérateur de télécommunications ont subi un piratage à la suite du vol de leurs données USIM.
Le pirate a utilisé frauduleusement les données USIM des victimes pour contourner la procédure d’authentification de l’opérateur. Ces faits ont entraîné des préjudices secondaires, notamment l’accès à des comptes financiers et le vol de cryptoactifs.
Les victimes ont reproché à l’opérateur d’avoir négligé les mesures de sécurité lors de la procédure de remplacement des cartes USIM et de la vérification de l’identité. Elles ont engagé une action collective en dommages-intérêts fondée sur la négligence alléguée de l’opérateur.
Cas 2. Action collective des victimes de fonds commercialisés par des sociétés de valeurs mobilières
Les sociétés de gestion d’actifs L et O avaient commercialisé des fonds auprès d’investisseurs en affirmant qu’ils garantissaient des rendements stables. Elles avaient toutefois investi dans des actifs défaillants et les avaient délibérément dissimulés, ce qui a provoqué une suspension massive des rachats et des pertes.
Les investisseurs lésés ont mis en cause les manœuvres trompeuses des sociétés de gestion et la responsabilité des vendeurs au titre de pratiques de vente inadéquates. Ils ont engagé une action collective en dommages-intérêts contre les établissements financiers et les sociétés de gestion.
Cas 3. Action collective relative au non-règlement du produit des ventes
Plusieurs milliers de consommateurs ayant acheté des produits touristiques par l’intermédiaire de la société T ont subi des annulations de réservations et des refus de remboursement en raison du non-règlement du produit des ventes par les agences de voyages.
Malgré la procédure de règlement collectif des litiges menée par l’Agence coréenne de la consommation, de nombreuses entreprises ont refusé la proposition de conciliation. Les victimes ont alors engagé une action collective contre les agences de voyages et les prestataires de paiement (sociétés PG) afin de demander des dommages-intérêts.
3. Action collective | Points de vigilance

Les points de vigilance relatifs aux actions collectives sont présentés ci-dessous.
▶Qualité de la partie représentative
La partie représentative d’une action collective doit appartenir au groupe concerné et avoir qualité pour représenter ses nombreux membres.
▶Frais et responsabilités liés à l’action
Les victimes partagent les frais de procédure et participent ensemble à son déroulement.
Toutefois, les frais de procédure ou une issue défavorable peuvent entraîner des responsabilités. Les modalités de répartition des frais doivent donc être examinées attentivement avant l’introduction de l’action.
▶Difficultés liées à l’obtention des preuves
Une action collective exige de prouver les préjudices subis par différentes victimes. La collecte et l’organisation d’un volume de documents bien plus important que dans une action civile ordinaire sont donc nécessaires.
Il peut notamment être difficile d’obtenir les documents internes d’une entreprise, ses contrats ou ses rapports d’activité, ce qui peut faire obstacle à l’élaboration de la stratégie contentieuse.
▶Relations avec les actions similaires et les actions dérivées
Lorsque des actions individuelles ou des procédures concernant d’autres affaires sont menées parallèlement à l’action collective, des contradictions entre les jugements ou une confusion juridique peuvent survenir.
Il importe donc de les organiser et de les coordonner, ce qui requiert une appréciation stratégique par des professionnels du droit.
4. Action collective | Raisons de recourir à une assistance juridique
L’action collective constitue un instrument important en ce qu’elle permet d’assurer la réparation des préjudices subis par de nombreuses victimes, mais sa procédure est particulièrement complexe et exige une expertise spécifique.
Les tribunaux examinant strictement le caractère commun des préjudices individuels, il est nécessaire d’élaborer avec précision la stratégie juridique dès le début de l’affaire.
Au sein du Cabinet, des avocats spécialisés ayant traité plusieurs affaires relatives à des actions collectives fournissent aux victimes l’accompagnement suivant.
-Conseil juridique sur les conditions d’introduction d’une action collective
-Explication des effets juridiques et des responsabilités découlant de la désignation de la partie représentative
-Collecte des preuves destinées à établir le préjudice des victimes et réalisation d’analyses forensiques numériques
-Calcul des proportions d’indemnisation et conception de la procédure de répartition des indemnités
-Élaboration d’une stratégie adaptée au déroulement de la procédure judiciaire
-Analyse des risques liés aux actions similaires et aux actions jointes
-Conseil après la procédure sur l’exercice des droits et les mesures d’exécution
L’action collective est un mécanisme permettant de mettre en cause la responsabilité sociale et d’assurer efficacement la protection des droits des victimes.
Toutefois, compte tenu de la rigueur de ses conditions d’introduction et de sa procédure, ainsi que de la nécessité de coordonner les intérêts du groupe, il importe d’élaborer au préalable une stratégie rigoureuse avec l’assistance d’un avocat expérimenté.
Si vous envisagez une action collective, vous pouvez consulter les avocats du Cabinet spécialisés en dommages-intérêts et en contentieux civil.









