CONTENTS
- 1. Gestion éthique | Un volet de la responsabilité sociétale

- - Présentation de la notion de gestion éthique
- 2. Gestion éthique | Nécessité de la gestion éthique pour les entreprises

- - Prévention des risques de violation de la loi
- - Conformité aux exigences de publication ESG et aux indices d’évaluation
- - Respect des exigences ESG des partenaires commerciaux internationaux
- - Préservation de l’image de l’entreprise et de la confiance sociale
- - Protection des dirigeants et salariés et amélioration de la culture d’entreprise
- 3. Gestion éthique | Principales obligations des entreprises en matière de gestion éthique

- 4. Gestion éthique | Exemple de directives pratiques

- - Étendue du conseil juridique
1. Gestion éthique | Un volet de la responsabilité sociétale

La gestion éthique constitue l’un des volets de la responsabilité sociétale des entreprises (CSR, Corporate Social Responsibility).
Fondée sur l’équité et la transparence, elle doit permettre à l’entreprise de gagner la confiance de ses parties prenantes, des consommateurs et de l’ensemble des acteurs internes et externes. Dès lors que les consommateurs, les investisseurs et les pouvoirs publics privilégient les entreprises éthiques et responsables, la gestion éthique doit faire partie intégrante de la vision de l’entreprise.
Lorsque des pratiques contraires à l’éthique surviennent dans le fonctionnement d’une entreprise, telles que la publicité mensongère, la tromperie des consommateurs, l’exploitation des travailleurs, l’utilisation abusive d’informations internes, la fraude comptable, la pollution environnementale, la corruption ou la remise de pots-de-vin, leurs conséquences ne se limitent pas à une baisse des résultats à court terme.
La corruption, les ententes et les pratiques commerciales déloyales peuvent entraîner des sanctions juridiques et des amendes pénales considérables. Elles peuvent également faire perdre la confiance des consommateurs et réduire la compétitivité de l’entreprise sur le marché.
Cette perte de confiance risque ensuite d’entraîner des conséquences juridiques et sociales, notamment le retrait d’investisseurs et la diminution de la valeur de l’entreprise.
Présentation de la notion de gestion éthique
La gestion éthique désigne un système dans lequel l’entreprise mène ses activités en tenant compte à la fois des valeurs sociales et de ses responsabilités juridiques et morales, au-delà du modèle de gestion traditionnel exclusivement axé sur la recherche du profit.
Autrement dit, elle consiste à prendre des décisions équitables et transparentes à l’égard de toutes les parties prenantes, notamment les clients, les dirigeants et salariés, les partenaires commerciaux, les collectivités locales et les pouvoirs publics, et à gérer l’entreprise conformément aux valeurs sociales.
Aujourd’hui, la gestion éthique constitue notamment un élément essentiel de la gestion ESG (environnement, société et gouvernance). Au-delà du respect des lois, elle exige de définir et d’appliquer des normes de valeur éthiques dans l’ensemble de la gestion, notamment en matière de protection des droits humains, de lutte contre la corruption, de commerce équitable, de sécurité et d’environnement, de protection des données personnelles et d’éthique de l’IA.
La gestion éthique s’est élargie pour devenir une notion couvrant non seulement les règles éthiques volontairement définies par l’entreprise, mais également les différentes lois applicables, les normes internationales et les exigences des entreprises clientes internationales.
2. Gestion éthique | Nécessité de la gestion éthique pour les entreprises

La gestion éthique est une politique nécessaire dans l’ensemble des secteurs d’activité. Elle ne saurait se limiter à une déclaration et doit être concrétisée au moyen d’une mise en œuvre structurée.
Plus les lignes directrices sont précisément établies, plus leur application au sein de l’entreprise peut être efficace. Elles peuvent notamment porter sur les biens ou avantages reçus, les invitations, les contributions à l’occasion d’événements familiaux et le commerce équitable, sur l’obligation de bonne foi envers les investisseurs par la communication équitable des informations d’investissement et la production ainsi que la diffusion d’informations financières transparentes, sur l’établissement d’une confiance mutuelle avec les partenaires commerciaux, ou encore sur le respect de la législation environnementale et l’amélioration de l’impact environnemental.
Examinons plus en détail les raisons pour lesquelles la gestion éthique est nécessaire aux entreprises.
Prévention des risques de violation de la loi
Le renforcement récent de diverses lois de la République de Corée, notamment la Loi sur la régulation des monopoles et le commerce équitable, la Loi sur la répression des accidents graves, la Loi sur la protection des données personnelles et la législation environnementale, a considérablement accru l’importance de la gestion éthique des entreprises.
Lorsqu’un système de gestion éthique n’est pas établi ou que son fonctionnement est insuffisant, les écarts de conduite des dirigeants ou salariés et les actes irréguliers des partenaires commerciaux peuvent exposer l’entreprise à des sanctions juridiques de grande ampleur, à des sanctions pécuniaires administratives de type gwajinggeum, à des sanctions pénales ou à une suspension d’activité.
Les accidents graves, les ententes, la pollution environnementale, les atteintes aux droits humains ou encore les discriminations liées à l’IA présentent notamment un niveau de risque susceptible, une fois ces faits survenus, de compromettre jusqu’à la pérennité de l’entreprise.
Conformité aux exigences de publication ESG et aux indices d’évaluation
Les résultats obtenus en matière de gestion éthique servent d’indicateurs essentiels dans les publications relatives à la gestion ESG. Les organismes internationaux d’évaluation ESG intègrent obligatoirement à leurs critères les résultats concernant la lutte contre la corruption, les droits humains, la sécurité au travail et la gestion éthique de la chaîne d’approvisionnement.
Une faible notation ESG pouvant avoir une incidence directe sur la levée de fonds, les taux d’intérêt des prêts, la participation aux appels d’offres des organismes publics et l’éligibilité en qualité de fournisseur auprès de clients internationaux, la mise en place d’un système de gestion éthique est devenue un facteur déterminant de la compétitivité des entreprises.
Respect des exigences ESG des partenaires commerciaux internationaux
Les principales entreprises étrangères et les marques internationales procèdent obligatoirement à un audit de gestion éthique lors de la sélection de leurs partenaires commerciaux (CSR Audit, audit ESG).
Le non-respect des normes relatives aux droits humains, à l’environnement, à la sécurité et à la lutte contre la corruption peut entraîner la cessation des relations commerciales, l’exclusion de la chaîne d’approvisionnement ou la résiliation des contrats d’importation et d’exportation. L’établissement d’un système de gestion éthique constitue donc une condition indispensable pour intégrer les chaînes d’approvisionnement mondiales et maintenir des relations commerciales durables.
Compte tenu notamment de la réglementation de l’UE relative au devoir de vigilance dans les chaînes d’approvisionnement et de la politique coréenne visant à rendre obligatoire la publication d’informations ESG, le niveau de mise en œuvre de la gestion éthique devient une exigence essentielle pour les entreprises exportatrices internationales.
Préservation de l’image de l’entreprise et de la confiance sociale
Les comportements contraires à l’éthique d’une entreprise, les écarts de conduite de ses dirigeants ou salariés et les atteintes aux droits humains commises par ses partenaires commerciaux peuvent se diffuser instantanément sur les réseaux sociaux, YouTube et les communautés en ligne. Ils entraînent de plus en plus souvent des critiques sociales, une détérioration de l’image de marque, des mouvements de boycott, une baisse du cours des actions et une perte de clientèle.
La mise en place d’un système de gestion éthique contribue à prévenir les risques, à renforcer la confiance sociale, à attirer des personnes qualifiées et à accroître la confiance des investisseurs.
Protection des dirigeants et salariés et amélioration de la culture d’entreprise
La gestion éthique permet de prévenir le harcèlement sexuel ou moral au travail, les discriminations, les instructions abusives et les conflits d’intérêts. La mise en place d’une structure décisionnelle équitable et transparente ainsi que d’un dispositif de protection des droits humains contribue à prévenir les conflits internes et à préserver la confiance au sein de l’organisation.
Les lignes directrices et les dispositifs de signalement en matière de gestion éthique permettent notamment de détecter en amont les faits de corruption et les comportements contraires à l’éthique, contribuant ainsi à préserver l’intégrité de l’entreprise et un environnement de gestion durable.
3. Gestion éthique | Principales obligations des entreprises en matière de gestion éthique
Les principales obligations qu’une entreprise doit assumer en matière de gestion éthique sont les suivantes.
Élaboration et publication d’un code éthique et de directives pratiques
Interdiction du harcèlement moral et sexuel au travail, de l’acceptation de biens, d’avantages ou d’invitations et des actes créant un conflit d’intérêts
Mise en place d’un fondement permettant de prononcer des sanctions disciplinaires ou autres en cas de violation
② Mise en place d’un système de lutte contre la corruption et les pots-de-vin
Interdiction d’offrir des biens ou avantages lors de transactions avec des agents publics, conformément aux lois coréennes sur la prévention de la corruption et sur l’éthique des agents publics
Respect de l’interdiction des sollicitations indues et de l’acceptation de biens ou d’avantages
Certification ISO 37001 et utilisation d’une grille d’autoévaluation des risques de corruption
Conclusion d’engagements d’intégrité avec les partenaires commerciaux et les autres parties prenantes externes
③ Établissement d’un système de prévention des conflits d’intérêts
Définition des actes créant un conflit d’intérêts et recensement de leurs différentes formes
Gestion des conflits d’intérêts liés aux entreprises familiales, aux participations au capital et aux administrateurs externes
Inclusion de clauses interdisant la recherche d’intérêts personnels et les opérations privilégiées
④ Respect du commerce équitable et application d’un code éthique aux partenaires commerciaux
Respect de la Loi sur la régulation des monopoles et le commerce équitable et de la Loi sur les transactions équitables en matière de sous-traitance
Interdiction des clauses contractuelles abusives et des pratiques commerciales déloyales
Conclusion d’accords de commerce équitable avec les partenaires commerciaux et organisation de formations à leur intention
Publication d’une déclaration visant à éliminer les abus de pouvoir dans les relations commerciales et suivi des mesures mises en œuvre
⑤ Mise en œuvre d’une politique de respect des droits humains et de non-discrimination
Déclaration de conformité aux Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme (UNGP) et aux Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales
Procédures de prévention et de traitement du harcèlement moral et sexuel au travail
Respect de la législation coréenne relative à l’interdiction des discriminations et à la promotion de l’emploi des personnes handicapées
Adoption d’une charte de gestion respectueuse des droits humains
⑥ Mise en œuvre d’une gestion ESG et socialement responsable
Élaboration d’une stratégie ESG et fonctionnement d’un comité ESG
Publication d’informations relatives à l’environnement, à la contribution sociale et à la gouvernance
Préparation de rapports de gestion durable et respect des obligations de publication ESG
Évaluation et audit des risques ESG dans la chaîne d’approvisionnement (Due Diligence)
⑦ Fonctionnement d’un centre de signalement des violations de la gestion éthique et d’un dispositif de protection
Création d’un centre interne permettant les signalements anonymes
Mise en œuvre de dispositifs de protection et de récompense des auteurs de signalement
Établissement de procédures de traitement des réclamations et de conseil juridique
Enquête sur les violations et création d’une commission disciplinaire
4. Gestion éthique | Exemple de directives pratiques

Notre cabinet met à disposition l’exemple suivant de directives pratiques destinées à la gestion éthique des entreprises.
Ces directives peuvent, si nécessaire, servir à consolider les fondements d’un système de gestion éthique.
Article 2 (Champ d’application) Les présentes directives s’appliquent à l’ensemble des dirigeants et salariés ainsi qu’à toutes les parties prenantes de l’entreprise, notamment ses partenaires commerciaux, ses prestataires et ses partenaires externes.
Article 3 (Respect des lois et des normes) ① Tous les dirigeants et salariés doivent respecter strictement les lois nationales et étrangères applicables, les normes internationales et les règles internes de l’entreprise.
② Toute situation laissant soupçonner une violation juridique ou éthique doit être signalée sans délai au responsable du service concerné et au service chargé de la gestion éthique.
Article 4 (Exécution équitable des fonctions) ① Les dirigeants et salariés doivent préserver l’équité et la transparence dans l’exercice de leurs fonctions. Dans leurs relations avec les parties prenantes, ils ne doivent ni accepter ni offrir de sollicitations indues, de biens, d’avantages, d’invitations ou de facilités.
② L’équité et l’objectivité doivent être garanties lors de la sélection, de la contractualisation, du contrôle et de l’évaluation des partenaires commerciaux. Les décisions ne doivent pas être faussées par un intérêt financier ou une relation personnelle.
Article 5 (Respect des droits humains et interdiction des discriminations) ① Tous les dirigeants et salariés respectent les droits humains de leurs collègues, des clients, des partenaires commerciaux et des membres des collectivités locales. Ils ne pratiquent aucune discrimination fondée notamment sur l’origine ethnique, le sexe, le niveau d’études, la religion, l’âge, la région d’origine, le handicap ou l’orientation sexuelle.
② Le harcèlement moral ou sexuel au travail, les violences verbales ou physiques, l’exclusion et les autres atteintes aux droits humains sont interdits. Toute personne qui constate ou apprend l’existence de tels faits doit les signaler sans délai.
Article 6 (Protection de la sécurité et de l’environnement) ① Les dirigeants et salariés respectent la Loi de la République de Corée sur la sécurité et la santé au travail, la législation environnementale applicable ainsi que les règles internes relatives à la sécurité et à l’environnement, et prennent les mesures requises pour protéger les travailleurs et l’environnement.
② Toute pollution environnementale, violation des règles de sécurité ou possibilité de survenance d’un accident grave doit être signalée sans délai au responsable du service concerné et au service chargé de la sécurité.
Article 7 (Lutte contre la corruption et les pratiques anticoncurrentielles) ① Les dirigeants et salariés ne doivent pas demander ni accepter, dans le cadre de leurs fonctions, de biens, d’avantages, de facilités ou de bénéfices indus.
② Ils doivent respecter strictement la Loi sur la régulation des monopoles et le commerce équitable, la loi coréenne interdisant les sollicitations indues et l’acceptation de biens ou d’avantages ainsi que les règles limitant les opérations internes.
Article 8 (Protection des informations et confidentialité) ① Les dirigeants et salariés ne doivent ni divulguer à l’extérieur ni utiliser abusivement les informations relatives aux clients ou à l’entreprise obtenues dans le cadre de leurs fonctions.
② Ils doivent respecter strictement la Loi sur la protection des données personnelles et les autres lois relatives à la sécurité de l’information.
Article 9 (Signalement et protection) ① Les dirigeants et salariés peuvent signaler toute violation de la gestion éthique ou tout fait suspect au service compétent ou par l’intermédiaire d’un canal de signalement anonyme.
② L’auteur d’un signalement ne doit subir aucun préjudice pour quelque motif que ce soit, et l’entreprise met en œuvre les mesures nécessaires à sa protection.
Article 10 (Formation et contrôle de la mise en œuvre) ① L’entreprise organise régulièrement des formations à la gestion éthique afin de sensibiliser ses dirigeants et salariés, et contrôle périodiquement le respect des directives pratiques.
② Lorsqu’une violation est constatée, l’affaire est, selon sa gravité, soumise à la commission du personnel et peut donner lieu à une sanction disciplinaire ou à des mesures juridiques.
Étendue du conseil juridique
La gestion éthique est directement liée à la pérennité de l’entreprise.
Au-delà de la simple adoption de règles internes et de lignes directrices, il convient de mettre en place des procédures et des systèmes opérationnels pouvant être effectivement appliqués. Selon les besoins, un conseil juridique peut également accompagner les enquêtes internes et la gestion des situations de crise.
Les avocats du cabinet intervenant en droit des entreprises proposent des solutions en matière de gestion éthique sur la base de leur expérience, notamment en conseil relatif aux lois coréennes sur la prévention de la corruption et l’interdiction des sollicitations indues ainsi qu’en mise en place de dispositifs de conformité.
Certains intervenants ont siégé au sein de commissions chargées de l’éthique et des droits humains auprès d’organismes publics ou en qualité d’évaluateurs de programmes de conformité. Le cabinet fournit également des conseils juridiques en lien avec les questions présentées par l’intermédiaire d’un 🔗avocat intervenant en droit des entreprises.
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