CONTENTS
- 1. Frais de procédure pénale | Une évolution structurelle avec la disparition des « frais d’accès aux dossiers »

- - La charge financière la plus fréquente dans les procédures pénales
- 2. Frais de procédure pénale | Principaux éléments de la réforme

- - Une question de « droits », et non de « coûts »
- 3. Frais de procédure pénale | Incidences sur la pratique de la procédure pénale

- - Une transition « modeste, mais importante »
1. Frais de procédure pénale | Une évolution structurelle avec la disparition des « frais d’accès aux dossiers »
Les frais de procédure pénale comprennent non seulement les honoraires d’avocat, mais aussi les frais de consultation et de copie des dossiers d’affaires, les coûts liés à l’obtention et à l’expertise des preuves ainsi que divers frais de procédure. Ils se caractérisent par leur accumulation tout au long de l’affaire.
Le ministère de la Justice de la République de Corée a soumis à consultation publique, le 26 mars 2026, un projet de révision partielle du « Règlement relatif aux modalités et aux frais de consultation et de copie des dossiers d’affaires » et prévoit de supprimer intégralement les frais de consultation et de copie des dossiers d’affaires jusqu’alors facturés au cours des procès pénaux.
Cette réforme devrait entrer en vigueur le 1er mai 2026. Elle devrait permettre l’exonération de frais de procédure pénale correspondant à environ 180 000 demandes par an, pour un montant annuel d’environ 1,8 milliard de wons sud-coréens.
Cette réorganisation ne réduit pas directement l’ensemble des frais de procédure pénale. Toutefois, la suppression des « frais d’obtention des dossiers », qui survenaient de manière répétée au cours des procès, devrait alléger sensiblement la charge financière effectivement supportée.
L’obtention du dossier étant essentielle à la préparation de la défense, cette mesure peut être considérée comme une politique modifiant l’accessibilité et la structure même de la procédure pénale.
La charge financière la plus fréquente dans les procédures pénales
Dans un procès pénal, la consultation et la copie du dossier de l’affaire constituent une procédure indispensable tant pour la personne poursuivie que pour la victime.
La personne poursuivie doit impérativement obtenir ce dossier afin d’analyser les faits visés par les poursuites, de vérifier la légalité des preuves et d’élaborer sa stratégie de défense. La victime doit également pouvoir y accéder pour suivre l’avancement du procès, présenter ses observations et prendre les mesures nécessaires à la réparation de son préjudice.
Le barème appliqué jusqu’à présent prévoyait notamment 500 wons sud-coréens par affaire, 50 wons sud-coréens par page de document et 250 à 300 wons sud-coréens pour l’impression de preuves numériques.
La difficulté réside dans le fait que, compte tenu des caractéristiques des affaires pénales, il est souvent nécessaire d’obtenir des dossiers comptant de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de pages, de sorte que ce poste s’accumule constamment dans les frais réels de procédure pénale.
En particulier, l’augmentation des frais d’obtention du dossier en fonction de la complexité de l’affaire a constitué un facteur limitant l’accès même aux informations.
2. Frais de procédure pénale | Principaux éléments de la réforme

L’exonération des frais de consultation et de copie des dossiers d’affaires ainsi que son champ d’application se présentent comme suit.
1. Exonération intégrale des frais
Le principal élément de ce projet de révision consiste à exonérer intégralement de frais les demandes de consultation et de copie présentées par une personne poursuivie, une victime ou un avocat concernant un dossier d’affaire conservé par le parquet après l’engagement des poursuites .
Cette mesure supprime structurellement un poste récurrent des frais de procédure pénale et réduit ainsi les obstacles à l’accès aux informations.
2. Champ d’application
Elle ne s’applique toutefois pas à toutes les étapes et se limite au champ suivant.
- Après l’engagement des poursuites
- Avant la présentation des preuves au tribunal
- Dossiers conservés par le parquet
Cette conception peut être considérée comme visant à renforcer la garantie des droits de la défense au début de la procédure pénale, tout en maintenant un équilibre avec les procédures existantes au stade du procès.
3. Dispositions destinées à prévenir les abus
Parallèlement à l’élargissement du dispositif, des frais pourront exceptionnellement être facturés en cas d’abus de droit, notamment lorsque les demandes sont répétées.
Ce mécanisme tient compte de l’équilibre entre l’extension de la garantie des droits et la charge administrative.
Une question de « droits », et non de « coûts »
Cette réforme porte essentiellement sur la manière de garantir le droit d’accès aux informations dans le cadre de la procédure pénale.
Premièrement, les droits de la défense de la personne poursuivie s’exercent concrètement grâce à l’accès au dossier de l’affaire.
Lorsque cet accès est restreint, les droits de la défense n’existent que de manière formelle.
Deuxièmement, le droit de la victime de participer à la procédure judiciaire suppose également qu’elle dispose d’informations suffisantes sur l’affaire.
Troisièmement, le ministère de la Justice considère que le droit de consulter et de copier le dossier de l’affaire est étroitement lié au droit constitutionnel d’accès à la justice et au droit d’être jugé dans un délai rapide.
Cette réforme est donc considérée comme une mesure réorganisant la structure des droits fondamentaux dans la procédure pénale, au-delà de la seule question des frais.
3. Frais de procédure pénale | Incidences sur la pratique de la procédure pénale
Cette évolution devrait également avoir une incidence notable sur la pratique de la procédure pénale.
1. Perfectionnement des stratégies de défense
La réduction de la charge liée à l’obtention des dossiers pourrait élargir le champ d’analyse des avocats et permettre l’élaboration de stratégies plus précises.
Elle pourrait ainsi contribuer à améliorer la qualité des procès.
2. Participation accrue des victimes
L’amélioration de l’accès des victimes aux dossiers pourrait favoriser leur participation plus active au déroulement des procès.
Cette évolution s’inscrit également dans la tendance conduisant progressivement les procès pénaux d’une structure centrée sur l’État vers une participation accrue des parties.
3. Augmentation de la charge des autorités chargées des enquêtes
L’augmentation des demandes de consultation et de copie pourrait accroître la charge de travail du parquet et des autorités chargées des enquêtes. La nécessité de numériser la gestion des dossiers devrait par conséquent devenir plus importante.
4. Importance accrue de la prise en charge initiale
L’évolution la plus importante réside dans le rôle encore plus déterminant des premières étapes de l’enquête.
Lorsque les dossiers d’affaires sont plus faciles à obtenir, les déclarations, documents et preuves recueillis au début de la procédure sont davantage susceptibles d’être examinés tels quels lors du procès.
Ce facteur accroît sensiblement l’importance de la stratégie adoptée dès les premières étapes, tant pour les particuliers que pour les entreprises impliquées dans une affaire.
Une transition « modeste, mais importante »
La politique d’exonération des frais de consultation et de copie des dossiers d’affaires ne réduit pas substantiellement l’ensemble des frais de procédure pénale. Elle allège néanmoins la charge effectivement supportée en supprimant des frais récurrents au cours des procès.
Cette réforme ne constitue surtout pas une simple mesure tarifaire. Elle pourrait marquer le point de départ d’une transformation de la structure d’accès aux informations et des modalités de garantie des droits dans le cadre de la procédure pénale.
Elle pourrait donner lieu à de nouvelles discussions sur des améliorations institutionnelles, notamment la transmission numérique des dossiers et l’élargissement du champ de consultation. Un suivi continu de ces évolutions sera nécessaire.

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