CONTENTS
- 1. Infraction d’homicide volontaire sur un enfant dans le cadre de maltraitances : quelles étaient les circonstances détaillées ?

- - Infraction d’homicide volontaire sur un enfant dans le cadre de maltraitances : quels sont les textes applicables et la jurisprudence pertinente ?
- 2. Infraction d’homicide volontaire sur un enfant dans le cadre de maltraitances : quelle a été l’appréciation des juridictions inférieures ?

- 3. Infraction d’homicide volontaire sur un enfant dans le cadre de maltraitances : quelle a été l’appréciation de la Cour suprême ?

- 4. Infraction d’homicide volontaire sur un enfant dans le cadre de maltraitances : l’approche de Daeryun

1. Infraction d’homicide volontaire sur un enfant dans le cadre de maltraitances : quelles étaient les circonstances détaillées ?

La personne poursuivie pour homicide volontaire sur un enfant dans le cadre de maltraitances était une femme, Mme A.
Mme A vivait depuis plusieurs années avec M. B dans le cadre d’une union de fait.
Ils élevaient trois enfants au total : un enfant né du précédent mariage de M. B et deux enfants nés de leur vie commune.
Les maltraitances visaient le jeune C, né de l’union de M. B avec son ancienne épouse.
Mme A éprouvait un stress important parce que le jeune C suivait mal ses consignes et se montrait quelque peu agité.
Après avoir fait une fausse couche alors qu’elle était enceinte, Mme A en a attribué toute la responsabilité au jeune C et a manifesté un profond mécontentement à son égard.
Ce mécontentement a conduit Mme A à commettre des actes constitutifs de maltraitance d’enfant.
Mme A a frappé le jeune C à l’aide de divers objets, notamment des baguettes de batterie, une tige servant de support d’étagère et des cintres en plastique.
Elle lui a également infligé des sévices en lui piquant les jambes et le corps plus de 200 fois avec un crayon.
En conséquence, alors qu’il était en pleine croissance, le jeune C a perdu près de 10 kg en seulement 1 an.
Les actes d’abandon et de négligence se sont également poursuivis. Sous prétexte de lui dispenser un enseignement à domicile, Mme A ne l’envoyait pas à l’école, l’enfermait dans une chambre et l’obligeait à recopier des textes.
L’état physique et psychologique du jeune C s’est ainsi progressivement dégradé.
La veille des faits, le jeune C avait encore reçu de Mme A plusieurs dizaines de coups sur différentes parties du corps. Elle l’avait attaché à une chaise de bureau et immobilisé pendant plus de 16 heures. Le jeune C est finalement décédé le lendemain.
Le parquet coréen a poursuivi Mme A notamment pour maltraitance d’enfant ayant entraîné la mort et M. B, son compagnon, notamment pour maltraitance habituelle d’enfant, celui-ci ayant eu connaissance de la situation sans intervenir.
Infraction d’homicide volontaire sur un enfant dans le cadre de maltraitances : quels sont les textes applicables et la jurisprudence pertinente ?
📌 Textes applicables
Loi portant dispositions spéciales relatives à la répression des infractions de maltraitance d’enfant de la République de Corée, article 4 (homicide volontaire et décès d’un enfant dans le cadre de maltraitances)
① Toute personne ayant commis une infraction de maltraitance d’enfant et ayant volontairement tué l’enfant est punie de la peine de mort, de la réclusion à perpétuité ou d’une peine d’emprisonnement avec travail d’au moins 7 ans.
② Toute personne ayant commis une infraction de maltraitance d’enfant et ayant causé la mort de l’enfant est punie de la réclusion à perpétuité ou d’une peine d’emprisonnement avec travail d’au moins 5 ans.
Loi sur la protection de l’enfance de la République de Corée, article 17 (actes interdits)
Nul ne peut commettre l’un quelconque des actes suivants.
3. Tout acte de maltraitance physique causant une atteinte corporelle à un enfant ou portant préjudice à sa santé physique ou à son développement
5. Tout acte de maltraitance psychologique portant préjudice à la santé mentale ou au développement d’un enfant
6. Tout acte consistant à abandonner un enfant placé sous sa protection ou sa surveillance, ou à négliger sa protection, son éducation, ses soins ou son instruction élémentaires, y compris ses besoins en nourriture, vêtements et logement
Loi sur la protection de l’enfance de la République de Corée, article 72 (infractions habituelles)
Quiconque commet de manière habituelle l’une des infractions visées aux différents points de l’article 71, paragraphe 1, encourt une aggravation pouvant atteindre la moitié de la peine prévue pour cette infraction.
📌 Jurisprudence pertinente
« Les critères permettant d’établir l’intention homicide dans le cadre de l’infraction d’homicide volontaire sur un enfant par maltraitance doivent être considérés comme identiques à ceux applicables à l’homicide volontaire. L’intention homicide ne suppose pas nécessairement un objectif de tuer ni une intention préméditée ; il suffit que l’auteur ait eu conscience ou ait prévu que ses actes étaient susceptibles d’entraîner le décès de l’enfant ou créaient un tel risque, cette conscience ou cette prévision pouvant être certaine ou incertaine, auquel cas l’intention homicide peut être retenue sous la forme du dol éventuel. » (Voir notamment l’arrêt de la Cour suprême de la République de Corée du 9 mars 2001, 2000도5590)
« Lorsque la personne poursuivie conteste avoir eu une intention homicide au moment des faits, il convient d’apprécier cette intention en tenant compte de l’ensemble des circonstances objectives antérieures et postérieures aux faits, notamment le déroulement ayant conduit à l’infraction, le mobile, l’existence, le type et le mode d’utilisation d’une arme préparée, les parties du corps visées et le caractère répété des attaques, le degré de probabilité du décès ainsi que l’existence de mesures prises après les faits afin d’éviter ce résultat. Il convient de déterminer au regard de l’ensemble de ces éléments si l’auteur avait une intention homicide. » (Voir notamment l’arrêt de la Cour suprême de la République de Corée du 12 janvier 2023, 2022도11245, 2022보도52)
2. Infraction d’homicide volontaire sur un enfant dans le cadre de maltraitances : quelle a été l’appréciation des juridictions inférieures ?
Les juridictions de première et de deuxième instance ayant examiné l’infraction d’homicide volontaire sur un enfant dans le cadre de maltraitances ont estimé que Mme A n’avait pas eu l’intention de « tuer » le jeune C.
Elles ont considéré que le stress et le mécontentement qu’elle éprouvait à l’égard du jeune C ne suffisaient pas à constituer un mobile susceptible de la conduire à le tuer.
Elles ont également expliqué qu’il était difficile d’affirmer que le fait d’avoir attaché le jeune C à une chaise, de l’avoir frappé notamment avec des cintres et de l’avoir piqué avec un crayon avait, en soi, entraîné son décès.
Elles ont relevé que le jeune C était sorti acheter et boire une boisson deux jours avant son décès et qu’il avait encore parlé à Mme A peu avant de mourir. Au regard de ces éléments, elles ont estimé qu’il avait probablement été difficile pour Mme A elle-même de prévoir le décès du jeune C.
Elles ont ajouté que Mme A avait installé une caméra intérieure à son domicile, qu’elle ne l’avait pas retirée avant le décès du jeune C et qu’elle n’avait pas non plus détruit les différents éléments révélant les maltraitances. Selon elles, ces agissements paraissaient difficilement compatibles avec ceux d’une personne ayant eu l’intention de tuer.
Pour ces motifs, les juridictions inférieures ont retenu à l’encontre de Mme A non pas l’homicide volontaire sur un enfant dans le cadre de maltraitances, mais l’infraction de maltraitance d’enfant ayant entraîné la mort.
Elles ont également considéré que les faits de maltraitance habituelle, de négligence et d’abandon d’enfant reprochés à Mme A étaient suffisamment établis et lui ont infligé une lourde peine.
M. B, père du jeune C et compagnon de Mme A, a lui aussi été condamné à une peine privative de liberté ferme.
Les juridictions inférieures ont relevé que M. B savait que son fils subissait régulièrement des violences, mais qu’il n’avait pas cherché à mettre fin à la situation. Elles ont également indiqué qu’il avait participé aux maltraitances en infligeant lui-même des châtiments corporels au jeune C et en l’insultant.
3. Infraction d’homicide volontaire sur un enfant dans le cadre de maltraitances : quelle a été l’appréciation de la Cour suprême ?
Le pourvoi du procureur demandant un nouvel examen de l’infraction d’homicide volontaire sur un enfant dans le cadre de maltraitances a finalement été accueilli par la Cour suprême de la République de Corée.
La Cour suprême a estimé qu’il existait de sérieux éléments permettant de considérer que Mme A avait eu une intention homicide sous la forme du dol éventuel.
La Cour suprême a tout d’abord expliqué que, lorsque la personne poursuivie conteste avoir eu une intention homicide, les caractéristiques propres aux infractions de maltraitance d’enfant imposent d’examiner attentivement la relation entre l’auteur et l’enfant victime, ainsi que l’âge, le niveau de développement et l’état de santé de ce dernier.
Elle a ajouté qu’il convenait d’apprécier l’existence d’un homicide volontaire sur enfant par maltraitance en tenant compte de l’ensemble des circonstances antérieures et postérieures aux faits, notamment de la poursuite de sévices graves, de la passivité de l’auteur ou de l’abandon de l’enfant jusqu’à son décès.
La Cour suprême a relevé que les maltraitances s’étaient encore aggravées pendant environ 3 mois, entre l’arrêt de la scolarisation du jeune C et les instants précédant son décès.
À cette époque, son poids diminuait rapidement. Certaines parties de son corps présentaient une nécrose parce que ses blessures n’avaient pas été soignées à temps, tandis que de graves brûlures à l’intérieur de sa bouche l’empêchaient même de s’alimenter correctement.
Bien que Mme A ait eu connaissance de la gravité de l’état de santé du jeune C, elle a continué à le frapper à plusieurs dizaines de reprises et l’a également immobilisé en l’attachant.
La Cour suprême a considéré que, l’état de santé du jeune C s’étant déjà dégradé plusieurs jours avant son décès, Mme A pouvait suffisamment prévoir que la reprise de maltraitances graves et répétées était susceptible d’entraîner une issue fatale ou créait un tel risque.
Elle a cependant ignoré ce risque, poursuivi les maltraitances et laissé le jeune C sans prendre aucune mesure.
La Cour suprême a ainsi jugé que la décision attaquée avait été rendue sur le fondement d’une interprétation juridique erronée de l’intention homicide requise pour caractériser l’infraction d’homicide volontaire sur un enfant dans le cadre de maltraitances et que cette erreur avait influé sur le jugement. Elle a donc accueilli le pourvoi du procureur, annulé la décision et renvoyé l’affaire devant la juridiction d’origine afin qu’elle statue à nouveau.
4. Infraction d’homicide volontaire sur un enfant dans le cadre de maltraitances : l’approche de Daeryun
L’infraction d’homicide volontaire sur un enfant dans le cadre de maltraitances a été créée en mars 2021.
Cette création résulte de la modification de la Loi portant dispositions spéciales relatives à la répression des infractions de maltraitance d’enfant, intervenue après l’affaire dite « Jeong-in », dans laquelle une enfant de 16 mois était décédée après avoir subi pendant une longue période des maltraitances de la part de ses parents adoptifs.
Comme pour l’homicide volontaire en général, l’établissement de l’intention constitue un élément essentiel de cette infraction.
Ainsi que l’illustre la présente affaire, l’appréciation de l’intention peut varier selon les juridictions. Les éléments de preuve produits et les arguments présentés peuvent influer sur l’issue du procès.
Lorsqu’une personne fait l’objet d’une enquête pour de tels faits ou qu’une victime envisage de déposer une plainte pénale, elle peut solliciter l’assistance d’un avocat exerçant en matière pénale.
Des avocats de Cabinet d’avocats Daeryun interviennent dans des affaires de maltraitance d’enfant.
Les demandes relatives à ce type d’affaire peuvent être adressées à Cabinet d’avocats Daeryun au moyen de la rubrique 🔗consultation.







