CONTENTS
- 1. Infraction de violation de domicile : quelles étaient les circonstances exactes ?

- - Infraction de violation de domicile : quelles sont les dispositions légales et la jurisprudence applicables ?
- 2. Infraction de violation de domicile : quelle a été l’appréciation des juridictions inférieures ?

- 3. Infraction de violation de domicile : quelle a été l’appréciation de la Cour suprême ?

- 4. Infraction de violation de domicile : quelle est l’approche de Daeryun ?

1. Infraction de violation de domicile : quelles étaient les circonstances exactes ?
Les faits concernant la personne A, poursuivie pour infraction de violation de domicile, sont les suivants.
En 2022, la personne A est entrée dans un petit immeuble résidentiel situé à Séoul. Elle n’y résidait pas et n’était ni une connaissance ni un membre de la famille de l’un de ses résidents.
Après avoir ouvert la porte de l’immeuble et être entrée, la personne A s’est dirigée vers l’escalier du 5e étage. Dès son arrivée, elle a inhalé sur place de la colle industrielle qu’elle avait apportée.
En proie à des hallucinations, la personne A a proféré seule des insultes, ri et marmonné.
Un résident de l’immeuble, ayant entendu ces bruits, a prévenu la police, qui a arrêté la personne A en flagrant délit.
Infraction de violation de domicile : quelles sont les dispositions légales et la jurisprudence applicables ?
📌 Dispositions légales applicables
Article 319 de la Loi pénale de la République de Corée (violation de domicile, refus de quitter les lieux)
① Quiconque pénètre dans le domicile d’autrui, dans un bâtiment placé sous la garde d’une personne, dans un navire ou un aéronef, ou dans une pièce occupée, est puni d’une peine d’emprisonnement avec travail de 3 ans au plus ou d’une amende pénale de 5 millions de wons sud-coréens au plus.
② Quiconque, après avoir été sommé de quitter l’un des lieux visés au paragraphe précédent, refuse de le faire encourt la même peine.
📌 Jurisprudence applicable
« Les parties communes situées à l’intérieur d’une maison individuelle destinée à plusieurs ménages ou d’un immeuble d’habitation collectif, telles que les ascenseurs, escaliers communs et couloirs, doivent également être considérées comme le “domicile d’autrui”, objet de l’infraction de violation de domicile, puisqu’il est nécessaire de protéger la tranquillité de fait du domicile de leurs résidents. » (voir notamment l’arrêt de la Cour suprême de la République de Corée du 10 septembre 2009, 2009도4335)
« Pour déterminer si l’accès d’une personne extérieure non résidente aux parties communes d’un immeuble d’habitation collectif constitue une violation du domicile de ses résidents, il convient de rechercher si ces parties communes ne sont pas ouvertes au public et constituent des dépendances indispensables aux parties privatives de chaque ménage ou logement utilisées comme domicile, si le contrôle et la gestion de l’accès des personnes extérieures par les résidents ou le gestionnaire y sont prévus et si ces parties nécessitent ainsi la protection de la tranquillité de fait du domicile des résidents. Il faut également tenir compte de la manière dont les résidents ou le gestionnaire contrôlaient et géraient habituellement l’accès des personnes extérieures, ainsi que de la finalité, des circonstances, des modalités et de l’heure de cet accès. L’ensemble de ces éléments doit faire l’objet d’une appréciation objective, au regard des manifestations extérieures, afin de déterminer si la tranquillité de fait du domicile a été troublée. » (voir notamment l’arrêt de la Cour suprême de la République de Corée du 27 janvier 2022, 2021도15507, et l’arrêt du 25 août 2022, 2022도3801)
2. Infraction de violation de domicile : quelle a été l’appréciation des juridictions inférieures ?
Concernant la personne A, mise en cause notamment pour infraction de violation de domicile, la juridiction de première instance a prononcé une peine privative de liberté ferme.
Elle a considéré que le fait d’entrer dans l’immeuble et d’y inhaler de la colle constituait une violation de domicile.
La juridiction d’appel a toutefois adopté une appréciation différente.
Elle a relevé que la porte d’entrée commune de l’immeuble ne comportait aucun dispositif de verrouillage, qu’aucune caméra de vidéosurveillance n’était installée et qu’aucun panneau n’interdisait l’accès aux personnes extérieures.
La juridiction d’appel a également relevé que l’absence de gestionnaire distinct ne permettait pas d’établir suffisamment que les résidents de cet immeuble contrôlaient ou géraient les entrées non autorisées de personnes extérieures.
Elle a ajouté qu’il apparaissait que la personne A était simplement entrée dans le bâtiment de manière ordinaire et qu’elle n’avait, au cours de son entrée, commis aucun acte troublant la tranquillité des résidents.
Elle a expliqué que la diffusion de l’odeur de colle autour de l’escalier commun, provoquée par son inhalation par la personne A, résultait d’un autre acte accompli après son entrée dans le bâtiment.
3. Infraction de violation de domicile : quelle a été l’appréciation de la Cour suprême ?
La Cour suprême de la République de Corée a adopté une appréciation différente concernant l’infraction de violation de domicile.
Elle s’est d’abord prononcée sur la configuration de l’immeuble concerné.
Cet immeuble, de petite taille, abritait 8 ménages. La Cour suprême a considéré que son entrée commune, ses escaliers communs et les espaces situés devant la porte de chaque logement devaient être regardés comme des dépendances indispensables aux parties privatives de chaque logement, puisqu’ils permettaient aux résidents d’accéder à leurs espaces d’habitation respectifs.
Elle a également estimé que, compte tenu des caractéristiques du bâtiment, les parties communes étaient peu étendues et dépourvues d’ascenseur, de sorte que les événements qui s’y produisaient étaient davantage susceptibles d’affecter les espaces d’habitation privés de chaque ménage que dans d’autres immeubles collectifs.
Au regard de l’ensemble de ces circonstances, la Cour suprême a réfuté l’appréciation de la juridiction d’appel en considérant que les résidents ressentaient au contraire d’autant plus fortement la nécessité de contrôler et de gérer les entrées injustifiées de personnes extérieures afin de préserver leur tranquillité.
Or, la personne A était entrée dans les parties communes de l’immeuble en recherchant uniquement un endroit approprié pour inhaler de la colle. La Cour suprême a relevé que cet acte pouvait être considéré comme manifestement contraire à la volonté des résidents du bâtiment.
Elle a ajouté que le comportement de la personne A, qui, sous l’effet de la colle, avait notamment marmonné seule des insultes, était suffisamment inquiétant pour susciter l’anxiété des résidents.
La Cour suprême a toutefois considéré que l’arrêt attaqué avait méconnu les règles de droit applicables à l’infraction de violation de domicile, ce qui avait influé sur la décision, et que le pourvoi du procureur était donc fondé.
4. Infraction de violation de domicile : quelle est l’approche de Daeryun ?
L’infraction de violation de domicile porte atteinte à la tranquillité dont une personne jouit dans son domicile. Elle désigne le fait de pénétrer sans motif légitime dans le domicile d’autrui, un navire ou un aéronef.
La violation de domicile est souvent associée à la situation dans laquelle une personne pénètre dans un bâtiment en endommageant brutalement ses installations afin de voler des biens ou de porter atteinte à une personne déterminée.
Le champ dans lequel une violation de domicile peut être reconnue est toutefois bien plus large.
Comme dans l’affaire présentée ci-dessus, une personne peut faire l’objet de sanctions pénales même si elle est entrée silencieusement dans un bâtiment sans rien endommager, dès lors que les actes qu’elle y accomplit troublent la « tranquillité » des résidents.
Le fait d’introduire une partie de son corps dans l’espace d’habitation d’autrui peut également être sanctionné au titre de l’infraction de violation de domicile.
Des actes accomplis sans réflexion particulière dans la vie quotidienne ou sous l’effet d’une colère momentanée peuvent ainsi relever de cette infraction.
Lorsqu’une personne est mise en cause pour une infraction de violation de domicile, l’assistance d’un avocat peut lui permettre d’organiser sa défense de manière adaptée.
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