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Infraction d’entrave à l’exercice de fonctions publiques | Analyse d’un arrêt de la Cour suprême selon lequel pousser un policier sans motif légitime constitue une entrave à l’exercice de fonctions publiques
Nous analyserons un arrêt de la Cour suprême de la République de Corée selon lequel, au regard de l’infraction d’entrave à l’exercice de fonctions publiques, le fait de formuler des protestations infondées en état d’ivresse et de pousser un policier est passible de sanctions pénales.
1. Infraction d’entrave à l’exercice de fonctions publiques : quel est le déroulement détaillé de l’affaire ?

Les circonstances dans lesquelles la personne poursuivie A a été renvoyée devant le tribunal pour infraction d’entrave à l’exercice de fonctions publiques sont les suivantes.
Tard dans la nuit, un poste de police de proximité a reçu un signalement. Son auteur était un chauffeur de taxi.
Le chauffeur de taxi a indiqué qu’un passager était monté de son propre chef dans le véhicule et ne voulait pas en descendre.
La police s’est immédiatement rendue sur place afin d’examiner la situation.
Sur les lieux, A, en état d’ivresse avancée, se disputait avec le chauffeur de taxi.
Désignant le chauffeur de taxi, A a soutenu que le véhicule n’était pas réservé et que le chauffeur avait refusé de le prendre en charge.
Cependant, les affirmations de A ne correspondaient pas à la réalité : le taxi avait déjà été réservé.
Après lui avoir expliqué la situation, les policiers ont indiqué à A comment déposer une réclamation concernant un refus de prise en charge.
Le comportement et les propos de A sont toutefois devenus plus agressifs. Il a fini par se précipiter contre un policier qui se tenait au bord de la route, tout en criant.
Face à ce comportement, un autre policier a repoussé A afin de le maîtriser. Encore plus agité, A a proféré des insultes et poussé à plusieurs reprises ce policier.
A a finalement été renvoyé devant le tribunal pour infraction d’entrave à l’exercice de fonctions publiques.
Infraction d’entrave à l’exercice de fonctions publiques : quelles sont les dispositions légales et la jurisprudence applicables ?
📌 Dispositions légales applicables
Article 136 de la Loi pénale de la République de Corée (entrave à l’exercice de fonctions publiques)
① Quiconque exerce des violences physiques ou profère des menaces à l’encontre d’un agent public dans l’exercice de ses fonctions est puni d’une peine d’emprisonnement avec travail maximale de 5 ans ou d’une amende pénale maximale de 10 millions de wons sud-coréens.
② Est passible de la même peine qu’à l’alinéa précédent quiconque exerce des violences physiques ou profère des menaces à l’encontre d’un agent public afin de le contraindre à accomplir ou à empêcher un acte relevant de ses fonctions, ou de l’amener à démissionner.
📌 Jurisprudence applicable
« L’infraction d’entrave à l’exercice de fonctions publiques suppose que l’agent public exerce légalement ses fonctions. Pour que cet exercice soit légal, l’acte doit non seulement relever des attributions générales de l’agent public, mais aussi entrer concrètement dans le champ de ses pouvoirs et respecter les formalités essentielles propres à l’exercice de ses fonctions. La légalité d’un acte accompli par un agent public dans le cadre de ses attributions générales doit être appréciée de manière objective et raisonnable au regard des circonstances concrètes existant au moment des faits, et non a posteriori selon un critère purement objectif. » (Voir l’arrêt 2018도2993 rendu le 14 octobre 2021 par la Cour suprême de la République de Corée).
2. Infraction d’entrave à l’exercice de fonctions publiques : quelle a été l’appréciation des juridictions inférieures ?
Les juridictions de première et de deuxième instance sont parvenues à la même conclusion au sujet de l’infraction d’entrave à l’exercice de fonctions publiques.
Elles ont déclaré A « non coupable ».
La juridiction de première instance a tout d’abord considéré que le fait, pour les policiers dépêchés sur place, de ne pas enregistrer le signalement relatif au refus de prise en charge était illégal.
Elle a estimé que A avait réagi parce qu’il considérait l’intervention des policiers comme injustifiée et que son comportement constituait donc un acte légitime.
La juridiction d’appel a d’abord estimé que l’intervention des policiers n’était pas illégale.
Elle a considéré qu’il n’était pas déraisonnable de penser que A, qui criait et s’approchait d’une policière, pourrait bientôt recourir à la force physique.
Elle a toutefois relevé que, du point de vue de A, celui-ci s’était contenté de protester à voix haute sans intention d’employer la force physique, mais qu’après avoir été poussé par un autre policier, il avait pu prendre cette intervention pour un abus des pouvoirs de police et y résister.
Elle a ajouté qu’en application de l’article 16 de la Loi pénale de la République de Corée, A devait par conséquent être considéré comme n’étant pas responsable.
L’article 16 de cette loi prévoit que « l’acte commis par une personne qui croit à tort que son comportement ne constitue pas une infraction en vertu de la loi n’est pas puni uniquement lorsque cette erreur repose sur un motif légitime ».
Les juridictions de première et de deuxième instance ont estimé que le comportement de A reposait sur un « motif légitime » et ne constituait donc pas une infraction.
3. Infraction d’entrave à l’exercice de fonctions publiques : quelle a été l’appréciation de la Cour suprême ?
La Cour suprême a adopté une appréciation différente lorsqu’elle a réexaminé l’affaire relative à l’infraction d’entrave à l’exercice de fonctions publiques.
Elle a estimé que le comportement de A ne reposait sur aucun motif légitime.
La Cour suprême a d’abord expliqué que, malgré les indications données par les policiers, A avait continué à protester en état d’ivresse avancée et n’avait pas cessé ses comportements dangereux, notamment en poussant vers la chaussée une policière de plus petite stature que lui.
Elle a souligné que, dans ces circonstances, le fait qu’un autre policier ait repoussé A pour l’éloigner constituait un exercice légal des fonctions publiques relevant de la « prévention et de la cessation des infractions » prévues par la Loi coréenne sur l’exercice des fonctions de police.
La Cour suprême a également réfuté l’existence de la « cause de justification » mentionnée par les juridictions de première et de deuxième instance.
Elle a relevé que le comportement de A n’était pas sans rapport avec son état d’ivresse ni avec le fait qu’il s’était lui-même agité en poursuivant des protestations infondées.
Elle a ajouté que cette situation ne se serait pas produite si A n’avait pas lui-même créé les circonstances à l’origine de son erreur ou s’il avait accompli le moindre effort pour éviter celle-ci.
La Cour suprême a néanmoins constaté que la juridiction précédente avait conclu à l’existence d’un motif légitime sans préciser concrètement les circonstances susceptibles de justifier l’erreur de A. Elle a donc cassé la décision et renvoyé l’affaire pour un nouvel examen.
4. Infraction d’entrave à l’exercice de fonctions publiques : quelle est l’approche de Daeryun ?
Nous avons présenté une affaire dans laquelle un prévenu poursuivi pour infraction d’entrave à l’exercice de fonctions publiques avait été déclaré non coupable par les juridictions inférieures, avant que la Cour suprême de la République de Corée ne casse la décision et ne renvoie l’affaire en retenant une appréciation allant dans le sens de la culpabilité.
Il n’est pas rare que des personnes soient sanctionnées pour infraction d’entrave à l’exercice de fonctions publiques à la suite d’un différend avec des policiers intervenus après un signalement ou avec des agents administratifs chargés de traiter les requêtes des usagers.
Lorsqu’il existait un motif légitime de faire obstacle à l’exercice de fonctions publiques ou des raisons valables de ne pas avoir conscience du caractère illicite de l’acte d’entrave, l’article 16 de la Loi pénale de la République de Corée peut permettre d’écarter la sanction.
Toutefois, des éléments de preuve objectifs et clairs concernant ces « motifs légitimes et valables » doivent être présentés au cours de l’enquête et du procès.
En cas de mise en cause pour de tels faits, il convient donc d’élaborer une stratégie avec l’assistance d’un avocat compétent en droit pénal.
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