CONTENTS
- 1. Présentation de l’affaire relative au contentieux sur les créances

- 2. Jugement de première instance concernant le contentieux relatif aux créances

- - Décision de deuxième instance concernant le contentieux relatif aux créances
- 3. Appréciation de la Cour suprême concernant le contentieux relatif aux créances

- - Enseignements de cet arrêt
- 4. Approche de Daeryun concernant le contentieux relatif aux créances

1. Présentation de l’affaire relative au contentieux sur les créances
L’entreprise de construction demanderesse dans le contentieux relatif aux créances détenait sur la société de promotion A une créance totale de 103 milliards de wons sud-coréens au titre du prix des travaux.
Cependant, lorsque la société A a rencontré des difficultés financières, la demanderesse lui a prêté 49 milliards de wons sud-coréens afin de permettre la poursuite du projet. Elles sont convenues qu’en cas de remboursement ultérieur, la créance résultant du prêt serait remboursée en priorité par rapport à celle relative au prix des travaux.
La société A a effectivement versé par la suite un total de 48,4 milliards de wons sud-coréens, que la demanderesse a affecté au remboursement du prêt conformément à leur accord.
La société A a toutefois rapidement connu une défaillance financière et a été déclarée en faillite. La créance de la demanderesse relative au prix des travaux a alors été définitivement considérée comme irrécouvrable.
La demanderesse a donc comptabilisé le montant concerné comme une créance irrécouvrable déductible au titre de la Loi sur l’impôt sur les sociétés de la République de Corée et a simultanément présenté une demande de rectification afin de bénéficier, en application de la Loi sur la taxe sur la valeur ajoutée, d’une déduction de TVA sur créance irrécouvrable de 7,7 milliards de wons sud-coréens.
L’administration fiscale a néanmoins soutenu que les 48,4 milliards de wons sud-coréens déjà versés devaient être affectés au paiement partiel du prix des travaux. Elle n’a admis que 4,35 milliards de wons sud-coréens de TVA correspondant au solde de la créance relative au prix des travaux et a refusé les 3,37 milliards de wons sud-coréens restants.
La demanderesse a alors engagé une action visant à obtenir l’annulation de cette décision.
2. Jugement de première instance concernant le contentieux relatif aux créances
La juridiction de première instance a rejeté la demande. Les principaux motifs étaient les suivants.
Elle a considéré que la possibilité de comptabiliser une créance irrécouvrable en charge déductible au titre de la Loi sur l’impôt sur les sociétés n’entraînait pas automatiquement l’admission de la déduction de TVA sur créance irrécouvrable.
· La question de la renonciation au recouvrement
Elle a estimé que l’affectation prioritaire par la demanderesse des 48,4 milliards de wons sud-coréens au remboursement du prêt revenait, en substance, à renoncer de sa propre initiative au recouvrement du prix des travaux.
· L’absence de caractère définitivement établi de l’irrécouvrabilité
Elle a jugé que, malgré la faillite du débiteur, le mode d’affectation des paiements choisi par la demanderesse ne permettait pas de conclure que « l’irrécouvrabilité de la créance relative au prix des travaux avait été objectivement établie ».
La juridiction de première instance a ainsi suivi le raisonnement de l’administration fiscale et n’a pas fait droit à la demande de rectification de la demanderesse.
Décision de deuxième instance concernant le contentieux relatif aux créances
La juridiction de deuxième instance a également confirmé le jugement de première instance.
Elle a souligné que pour admettre la déduction de TVA sur créance irrécouvrable, la faillite du débiteur ne suffisait pas et la créance relative au prix des travaux devait elle-même être objectivement irrécouvrable.
Elle a également estimé que le fait que la demanderesse ait volontairement affecté les paiements en priorité au remboursement du prêt pouvait être interprété comme un acte par lequel elle avait elle-même fait obstacle à la possibilité de recouvrer la créance.
Elle a donc jugé que la déduction ne pouvait pas être admise pour les 3,37 milliards de wons sud-coréens restants.
Les juridictions de première et de deuxième instance ont ainsi interprété de manière très restrictive la condition tenant au « caractère définitivement établi de l’irrécouvrabilité de la créance » et ont statué en faveur de l’administration fiscale.
3. Appréciation de la Cour suprême concernant le contentieux relatif aux créances

La Cour suprême a cassé la décision attaquée et renvoyé l’affaire afin qu’elle soit rejugée, en précisant les principes juridiques suivants.
La Cour suprême a jugé que la « créance ne pouvant être recouvrée en raison de la faillite du débiteur », au sens de la Loi sur la taxe sur la valeur ajoutée, désigne une créance dont l’irrécouvrabilité totale résultant de la faillite a été objectivement établie.
· L’existence antérieure d’une possibilité de recouvrement ne suffit pas à refuser la déduction
La Cour suprême a jugé que la déduction de TVA sur créance irrécouvrable ne pouvait être refusée au seul motif qu’une possibilité de recouvrement existait avant la faillite ou que le créancier avait affecté les paiements en priorité au remboursement du prêt.
Elle a estimé que la déduction devait être admise en l’absence de circonstances particulières démontrant que le contribuable avait manifestement et volontairement renoncé à la créance.
· Cohérence entre la Loi sur l’impôt sur les sociétés et la Loi sur la taxe sur la valeur ajoutée
La Cour a jugé que les motifs ouvrant droit à la déduction de TVA sur créance irrécouvrable reprenaient ceux permettant de comptabiliser les créances irrécouvrables comme charges déductibles au titre de la Loi sur l’impôt sur les sociétés et qu’une interprétation divergente était contraire au principe de légalité fiscale.
· Respect de l’accord sur l’affectation des paiements
La Cour suprême a considéré que l’administration fiscale ne pouvait pas modifier arbitrairement l’ordre d’affectation des paiements convenu entre les parties. Cet ordre devait être respecté conformément au principe de la liberté contractuelle et ne pouvait être assimilé à une renonciation au recouvrement.
Enseignements de cet arrêt
Cet arrêt apporte les enseignements suivants en matière de contentieux relatif aux créances.
1. Réaffirmation du principe de légalité fiscale
Il remet en cause la pratique consistant à interpréter différemment la Loi sur la taxe sur la valeur ajoutée et la Loi sur l’impôt sur les sociétés au détriment du contribuable.
2. Définition d’un critère objectif
La Cour a clairement indiqué que la survenance d’un événement objectif tel que la faillite devait permettre de considérer l’irrécouvrabilité comme définitivement établie et que l’existence antérieure d’une possibilité de recouvrement ou le choix d’affectation des paiements n’en modifiaient pas la nature.
3. Un précédent favorable à la gestion des créances des entreprises
Même lorsqu’un créancier choisit, en raison de difficultés de trésorerie, d’affecter les paiements en priorité au remboursement d’un prêt, cet arrêt permet d’admettre la déduction de TVA si la faillite ultérieure rend impossible le recouvrement du prix des travaux.
4. Renforcement de la protection des petites entreprises
Cet arrêt est considéré comme donnant effet à l’objectif initial du législateur, qui consiste à « alléger la charge financière des petits travailleurs indépendants et des petites et moyennes entreprises ».
4. Approche de Daeryun concernant le contentieux relatif aux créances
À partir de cette jurisprudence, le Cabinet d'avocats Daeryun adopte les approches suivantes dans les contentieux relatifs aux créances et les recours fiscaux.
① Analyse précise des faits
Il convient de distinguer l’origine de la créance relative au prix des travaux de celle résultant du prêt et de consigner par écrit le caractère raisonnable de l’accord d’affectation des paiements.
Les documents relatifs à la gestion des créances, notamment les contrats, documents d’approbation et procès-verbaux de réunion, sont réunis dès le stade du contrôle fiscal afin d’étayer le recours.
② Réunion des preuves établissant définitivement la créance irrécouvrable
La décision de faillite, le tableau de répartition, l’évaluation de la valeur de liquidation et les décisions judiciaires fixant les créances sont réunis afin de démontrer que « l’irrécouvrabilité a été objectivement et définitivement établie ».
③ Traitement coordonné de l’impôt sur les sociétés et de la TVA
La comptabilisation des créances irrécouvrables comme charges déductibles au titre de l’impôt sur les sociétés et la déduction de TVA correspondante sont invoquées de manière cohérente afin de contester toute interprétation divergente de l’administration fiscale.
④ Renforcement de l’argumentation en défense
Lorsque l’administration fiscale invoque une « renonciation au recouvrement », il convient de souligner qu’il ne s’agit que d’un accord sur l’affectation des paiements, distinct d’une telle renonciation.
Il convient également de démontrer que le remboursement prioritaire du prêt était nécessaire au regard des pratiques du secteur, notamment en matière de financement de projets.
⑤ Assistance aux entreprises dans leurs opérations courantes
La concordance entre les factures fiscales émises pour chaque créance et leur traitement comptable est vérifiée.
Le processus d’affectation des paiements, la classification des créances et les déclarations fiscales sont formalisés dans un manuel standardisé afin de prévenir la répétition de risques similaires.
Cet arrêt a clairement établi que lorsque la faillite du débiteur rend une créance objectivement et définitivement irrécouvrable, la déduction de TVA correspondante est admise indépendamment du mode d’affectation des paiements.
Il constitue un critère important pour la gestion des créances par les entreprises et le traitement des risques fiscaux dans les procédures de faillite.
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