CONTENTS
- 1. L’essence de l’évolution de la politique relative aux perceptions indues : passage de la « détection a posteriori » au « contrôle préventif »

- - Principaux aspects des mesures contre les perceptions indues
- 2. Élargissement du périmètre des contrôles des perceptions indues : vers un dispositif de contrôle pratiquement exhaustif

- - Pénalité administrative supplémentaire portée à 8 fois le montant indûment perçu
- - Réduction du pouvoir d’appréciation et renforcement de la cohérence des sanctions
- - Intégration du système e-Naradoum
- 3. Évolution de la politique relative aux perceptions indues : les insuffisances de gestion deviennent plus déterminantes que l’intention

- - Nécessité d’une conception structurée du dispositif de conformité
- 4. Réponse aux enquêtes sur les perceptions indues et risques de litige : importance de la réponse initiale

- - Un stade exigeant une conception en amont plutôt qu’une réaction a posteriori
- - Les subventions ne sont plus seulement une « aide », mais font l’objet d’un contrôle
1. L’essence de l’évolution de la politique relative aux perceptions indues : passage de la « détection a posteriori » au « contrôle préventif »

La perception indue désigne notamment le fait de percevoir des ressources publiques, telles que des subventions du Trésor public, au moyen de déclarations fausses ou de procédés irréguliers.
Auparavant, la perception indue de subventions était généralement considérée comme une situation donnant principalement lieu à la restitution des sommes et à des sanctions administratives d’un niveau limité. Toutefois, les récentes évolutions de la politique gouvernementale en modifient la portée juridique.
Les mesures de lutte contre la perception indue de subventions du Trésor public annoncées en mars 2026 méritent particulièrement l’attention. Elles sont conçues pour élargir considérablement le périmètre des contrôles, relever les pénalités administratives supplémentaires, instaurer un dispositif centralisé de contrôle et intégrer les systèmes concernés. Les risques liés aux subventions deviennent ainsi un domaine réglementaire complexe associant des risques administratifs, financiers, pénaux et réputationnels.
Les développements ci-dessous examinent principalement les effets de cette évolution sur les pratiques des entreprises, les principales questions juridiques et les orientations envisageables pour y répondre.
Principaux aspects des mesures contre les perceptions indues
Le principal aspect de ces mesures réside dans la restructuration globale du dispositif de gestion des subventions autour de la « prévention en amont » et du « contrôle permanent ».
Dans le cadre de cette politique, le gouvernement a fixé comme objectifs de la gestion des subventions la prévention, la détection sans faille et des mesures de suivi sans compromis, et met en place simultanément les dispositifs institutionnels destinés à les réaliser.
Auparavant, même lorsque certaines irrégularités étaient possibles, la probabilité de leur détection effective pouvait rester limitée. Désormais, la réalisation même d’un projet subventionné supposera des contrôles et vérifications continus.
Les subventions doivent donc être considérées comme un domaine quasi réglementé dont la gestion suppose l’existence d’un dispositif de contrôle interne.
2. Élargissement du périmètre des contrôles des perceptions indues : vers un dispositif de contrôle pratiquement exhaustif
L’élément ayant l’incidence la plus directe dans cette politique est l’élargissement considérable du périmètre des contrôles.
Dans le cadre du contrôle général des perceptions indues de subventions prévu en 2026, le gouvernement a porté le nombre de projets privés subventionnés par l’administration centrale soumis à un contrôle à au moins 10 fois celui de l’année précédente et a inclus les projets subventionnés par les collectivités locales, jusque-là exclus du périmètre des contrôles.
En particulier, l’inclusion parmi les nouvelles cibles de contrôle des projets subventionnés par les collectivités locales dépassant une certaine ampleur a fait entrer dans le périmètre de nombreux projets subventionnés réalisés par des entreprises.
Cette évolution ne signifie pas seulement une augmentation du nombre de contrôles : elle indique que leur méthode même est passée d’un « audit sélectif » à des « contrôles réguliers et structurels ».
Pénalité administrative supplémentaire portée à 8 fois le montant indûment perçu
Le relèvement du plafond de la pénalité administrative supplémentaire jusqu’à 8 fois le montant indûment perçu constitue le principal point juridique de cette évolution.
Cette mesure élève la perception indue de subventions au rang de risque susceptible d’avoir une incidence directe sur la structure financière d’une entreprise.
Par exemple, lorsqu’une perception indue d’un certain montant est reconnue, ce montant peut non seulement faire l’objet d’une restitution, mais une pénalité administrative supplémentaire correspondant à plusieurs fois celui-ci peut également être imposée. Selon les circonstances, d’autres sanctions administratives ou une responsabilité pénale peuvent s’y ajouter.
Il convient notamment de tenir compte des éléments suivants.
- La pénalité administrative supplémentaire constitue un risque financier directement comptabilisé dans le résultat
- Une incidence négative sur l’évaluation de crédit par les établissements financiers et sur la levée d’investissements
- La possibilité de sanctions supplémentaires, telles qu’une restriction de la participation aux projets publics
En outre, la prime accordée aux auteurs de signalements ayant été relevée jusqu’à une certaine proportion des sommes recouvrées, le risque de signalements internes émanant notamment de salariés ou de partenaires commerciaux augmente également de manière concrète.
Réduction du pouvoir d’appréciation et renforcement de la cohérence des sanctions
Auparavant, chaque comité ministériel d’examen des perceptions indues décidait de l’existence et du niveau des sanctions. Dans le cadre de la nouvelle politique, le Comité de gestion des subventions, placé sous l’égide du ministère de la Planification et du Budget de la République de Corée, exercera le rôle d’organe central de pilotage.
Les critères de qualification des perceptions indues et de sanction seront donc gérés de manière uniforme à l’échelle centrale, tandis que la marge d’appréciation propre à chaque situation devrait progressivement se réduire.
En pratique, les évolutions suivantes sont attendues.
- Standardisation du niveau des sanctions dans les situations similaires
- Renforcement uniforme des sanctions conformément aux orientations de la politique publique
- Réduction du champ d’admission des motifs d’atténuation
Les entreprises doivent donc préparer en amont une stratégie de défense fondée sur des critères objectifs plutôt que de compter, comme auparavant, sur une réponse souple tenant compte des circonstances propres à chaque situation.
Intégration du système e-Naradoum
L’intégration des systèmes de gestion des subventions permettra de gérer sur une plateforme unique les informations relatives aux subventions de l’administration centrale et des collectivités locales.
Les données concernant l’ensemble des étapes, de la demande de subvention à son exécution et à sa liquidation, seront ainsi conservées et pourront faire l’objet de vérifications croisées.
Au-delà de l’amélioration de l’efficacité administrative, cette évolution entraîne les changements structurels suivants.
- Détection d’anomalies par comparaison des données entre différents projets
- Probabilité accrue de détection automatisée grâce à l’analyse des schémas récurrents
- Passage d’un examen formel des documents à une vérification portant sur le fond
À l’avenir, il ne suffira donc plus d’affirmer qu’« aucune irrégularité formelle n’existe ». Un dispositif de gestion permettant d’expliquer la structure réelle des opérations et les flux financiers sera nécessaire.
3. Évolution de la politique relative aux perceptions indues : les insuffisances de gestion deviennent plus déterminantes que l’intention

Dans les affaires récentes liées aux perceptions indues, les cas reconnus comme tels en raison de l’absence d’un dispositif de gestion ou de contrôles internes insuffisants se multiplient davantage que ceux reposant sur une intention manifeste.
Les situations suivantes posent notamment problème.
En particulier, un « traitement comptable ne correspondant pas à la réalité » peut être qualifié de perception indue même en l’absence d’intention. La cohérence entre les aspects juridiques, comptables et opérationnels constitue donc un élément essentiel de la gestion des risques.
Nécessité d’une conception structurée du dispositif de conformité
Les risques liés aux subventions ne concernent pas un service particulier, mais doivent être abordés comme une question relevant du dispositif de gestion de l’ensemble de l’organisation.
Les entreprises doivent donc concevoir les structures de contrôle suivantes pour toutes les étapes de la gestion des subventions.
- Étape de la demande : examen de la conformité juridique du plan d’activité
- Étape de l’exécution : clarification des règles d’utilisation du budget et des procédures d’approbation
- Étape comptable : standardisation des pièces justificatives et des règles de traitement comptable
- Étape de la liquidation : mise en place d’une double vérification et d’un contrôle préalable
- Contrôle interne : séparation des rôles et des responsabilités entre les services
Ce dispositif doit constituer un système de contrôle effectif, susceptible de fonctionner concrètement lors des contrôles et des enquêtes.
4. Réponse aux enquêtes sur les perceptions indues et risques de litige : importance de la réponse initiale
Parallèlement à l’élargissement des contrôles, la fréquence et l’intensité des inspections sur place et des enquêtes administratives devraient également augmenter.
Dans cette situation, la réponse initiale revêt une importance particulière.
L’exactitude et la cohérence des documents et des déclarations présentés au début de l’enquête constituent des éléments essentiels pour déterminer l’existence et le niveau d’une éventuelle sanction.
Les entreprises doivent donc renforcer en amont leur capacité de réponse, notamment en élaborant un manuel de gestion des enquêtes, en définissant des règles de remise des documents, en mettant en place un dispositif de contrôle de la communication interne et en réalisant des contrôles simulés.
Un stade exigeant une conception en amont plutôt qu’une réaction a posteriori
Les risques liés aux perceptions indues dépassent désormais la seule réponse administrative et s’inscrivent dans une structure complexe de litiges pouvant conduire à un recours administratif, à un contentieux administratif ou à une procédure pénale.
Le rôle de l’avocat ne se limite donc plus à une intervention a posteriori, mais s’étend également aux domaines suivants.
- Examen juridique préalable de l’existence d’une perception indue
- Élaboration d’une stratégie de réponse à l’enquête et représentation
- Contestation des pénalités administratives supplémentaires et des décisions de restitution
- Conduite des recours administratifs et des contentieux administratifs
- Mise en place d’un dispositif interne de conformité
Plus récemment, une stratégie contestant la qualification même de perception indue, c’est-à-dire un raisonnement de défense structurel soutenant qu’« il n’y a pas eu de manquement », constitue une méthode de réponse importante.
Les subventions ne sont plus seulement une « aide », mais font l’objet d’un contrôle
Cette évolution de la politique érige les perceptions indues de subventions en objet de réglementation stricte et les intègre à la gestion des risques des entreprises.
Dans ce contexte marqué par l’élargissement des contrôles, le renforcement des sanctions et l’introduction d’un système centralisé de contrôle, les entreprises ne peuvent plus s’appuyer uniquement sur une réaction a posteriori et doivent gérer les risques en amont.
Pour toute question connexe, une demande peut être déposée 24 heures sur 24 auprès de notre cabinet via le lien 🔗Prise de rendez-vous pour une consultation juridique avec un avocat en droit des affaires.










