CONTENTS
- 1. Évolution de l’environnement réglementaire applicable aux réorganisations d’entreprises

- - Structure essentielle des lignes directrices du ministère de la Justice
- 2. Règles de conduite renforcées selon le type d’opération de réorganisation d’entreprise

- - Fusion entre sociétés affiliées
- - Opérations de fermeture du capital (retrait de la cote)
- - Principaux enjeux pratiques révélés par les demandes de rectification des informations publiées
- 3. Stratégie à adopter lors d’une réorganisation d’entreprise

- - Accompagnement proposé par Daeryun
1. Évolution de l’environnement réglementaire applicable aux réorganisations d’entreprises
La réorganisation d’une entreprise désigne la refonte de sa structure organisationnelle et de son système de gestion au moyen notamment d’une fusion, d’une scission, d’une cession ou acquisition d’activité ou d’une réorganisation de sa gouvernance.
Au-delà d’une simple modification structurelle, il s’agit d’une décision importante qui influe directement sur les droits des actionnaires, la gouvernance et la valeur de l’entreprise.

À la suite du renforcement de l’obligation de loyauté des administrateurs par la révision de 2025 de la Loi commerciale de la République de Corée, le ministère de la Justice de la République de Corée a publié, en février 2026, les « Lignes directrices relatives aux règles de conduite des administrateurs lors des réorganisations d’entreprises ».
Ces lignes directrices n’ont pas de force juridique contraignante, mais elles servent de norme de droit souple en énonçant des critères concrets quant à la manière dont les administrateurs doivent s’acquitter de leur obligation de loyauté.
Or, les autorités coréennes de surveillance financière ont récemment demandé, dans le cadre de réorganisations effectivement menées par des entreprises, la rectification de déclarations d’enregistrement de valeurs mobilières et de rapports sur les faits significatifs en se fondant sur le respect de ces lignes directrices.
Cela signifie que celles-ci pourraient de plus en plus servir, dans la pratique, de critères réglementaires plutôt que de rester de simples recommandations.
Il ne peut en outre être exclu qu’elles deviennent de fait obligatoires si elles sont intégrées à l’avenir aux règles de rédaction des formulaires d’information réglementée.
Structure essentielle des lignes directrices du ministère de la Justice
Les lignes directrices exigent, lorsqu’il existe un conflit d’intérêts entre les administrateurs, l’actionnaire de contrôle ou la direction et la société, ou entre l’actionnaire de contrôle et les autres actionnaires, que des mesures garantissant l’équité soient impérativement mises en œuvre et qu’elles soient suffisamment expliquées aux actionnaires.
L’essentiel ne consiste pas simplement à réaliser l’opération, mais à pouvoir démontrer que son déroulement et son résultat sont objectivement équitables.
À cette fin, les mesures suivantes sont mises en avant.
Premièrement, la constitution d’un comité spécial indépendant. Il est demandé de constituer un comité principalement composé d’administrateurs externes indépendants de l’actionnaire de contrôle et de lui conférer, dès les premières étapes de l’opération, un véritable pouvoir d’examen.
Si le conseil d’administration parvient à une conclusion différente, il doit en consigner clairement les motifs.
Deuxièmement, un examen indépendant réalisé par des experts externes. Une structure d’examen à plusieurs niveaux est nécessaire, comprenant notamment l’examen de la légalité et de l’équité de l’opération au moyen d’un conseil juridique, ainsi que l’analyse de la valorisation et de la situation du marché par un conseil financier.
Troisièmement, la communication d’informations suffisantes aux actionnaires. Au-delà d’une publication purement formelle, le contexte de l’opération, le processus d’examen des solutions alternatives, l’existence éventuelle de conflits d’intérêts et les mesures prises pour garantir l’équité doivent être expliqués à un niveau compréhensible pour les actionnaires.
2. Règles de conduite renforcées selon le type d’opération de réorganisation d’entreprise
Examinons les exigences renforcées résultant des lignes directrices relatives aux règles de conduite des administrateurs lors des réorganisations d’entreprises.
Fusion entre sociétés affiliées
Lors d’une fusion entre sociétés affiliées, un même actionnaire de contrôle exerce une influence sur les deux sociétés, de sorte que la valorisation retenue pour la fusion peut être fixée de manière à avantager certains actionnaires.
Chaque société doit donc constituer un comité spécial indépendant chargé d’examiner séparément la nécessité, le calendrier, les conditions et la structure de la fusion. L’objectivité de la valorisation retenue pour la fusion doit également être garantie au moyen d’évaluations réalisées par des experts externes et de plusieurs avis spécialisés.
Les informations publiées doivent en outre exposer précisément la nécessité de la fusion, ses effets sur la valeur pour les actionnaires, les fondements du calcul de la valorisation retenue, la structure des intérêts en présence et les modifications de la gouvernance après la fusion.
Opérations de fermeture du capital (retrait de la cote)
Les opérations de fermeture du capital réalisées au moyen d’une offre publique d’achat et d’un échange d’actions sont soumises à des critères plus stricts en raison du risque élevé d’asymétrie d’information et de pression sur les autres actionnaires.
Dans ce cas, un comité spécial doit examiner la position à adopter à l’égard de l’offre publique d’achat et des experts externes doivent vérifier l’équité du prix.
Lorsque l’offre publique d’achat et l’échange d’actions se succèdent, il est particulièrement important de garantir une équité entre les prix. La structure de l’opération doit également permettre aux autres actionnaires d’exercer librement leur choix.
Principaux enjeux pratiques révélés par les demandes de rectification des informations publiées
Les demandes de rectification récemment formulées par les autorités coréennes de surveillance financière montrent que le respect des lignes directrices constitue un élément central de l’examen des informations publiées.
Les compléments demandés ont notamment porté sur les points suivants.
En ce qui concerne le comité spécial, il convient d’indiquer précisément la date de sa constitution, sa composition, ses pouvoirs, la teneur de ses discussions, les résultats des consultations externes, son avis final et la prise en compte de celui-ci par le conseil d’administration
Pour les experts externes, il a été demandé d’exposer en détail des éléments d’analyse substantiels, notamment les motifs de leur sélection, leur indépendance, les missions accomplies, les résultats de leur examen, la méthode de valorisation et les fondements du taux d’actualisation appliqué.
Concernant l’information des actionnaires, les explications devaient également porter sur le processus d’examen des solutions alternatives, la structure des conflits d’intérêts, les mesures de protection des autres actionnaires et le plan de communication.
Ces exemples montrent que la publication d’informations sert à démontrer l’équité et le caractère raisonnable du processus décisionnel.
3. Stratégie à adopter lors d’une réorganisation d’entreprise

Cette évolution réglementaire montre que le principal risque lié aux réorganisations d’entreprises se déplace de « l’opération elle-même » vers « la légitimité de la procédure ».
Les lignes directrices n’ont pas de force juridique contraignante, mais elles servent dans la pratique de critères d’appréciation aux autorités de surveillance et pourraient à l’avenir être intégrées à un dispositif réglementaire.
Les entreprises doivent donc prendre en considération les points suivants dès les premières étapes de la planification d’une réorganisation.
2. Prise en compte de la stratégie de publication d’informations comme moyen de répondre aux exigences réglementaires
3. Communication d’informations compréhensibles du point de vue des actionnaires
La réorganisation d’une entreprise ne relève donc plus uniquement d’une décision de gestion interne. Elle entre désormais dans le domaine des décisions qui doivent pouvoir être expliquées et justifiées auprès des parties prenantes externes et des autorités de surveillance.
Accompagnement proposé par Daeryun
Daeryun, qui figure au 9e rang des cabinets d’avocats de la République de Corée (selon les déclarations de taxe sur la valeur ajoutée déposées auprès du Service national des impôts coréen pour l’année 25), analyse de manière globale les conflits d’intérêts, les mesures visant à garantir l’équité et les risques liés à la publication d’informations susceptibles de survenir lors d’une réorganisation d’entreprise, et accompagne l’élaboration d’une stratégie dès les premières étapes.
Le cabinet fournit notamment des conseils juridiques axés sur la pratique tout au long du processus, de la constitution d’un comité spécial et de la conception d’une structure de consultation d’experts externes jusqu’à la rédaction des documents d’information et aux échanges avec les autorités coréennes de surveillance financière.
Il examine également de manière approfondie les questions propres à chaque type d’opération, notamment les fusions, les scissions et les retraits de la cote, afin de concevoir une procédure permettant d’établir que les administrateurs ont satisfait à leur devoir de loyauté, et propose une stratégie d’anticipation tenant compte d’éventuels litiges ultérieurs.
Pour réduire les risques juridiques liés à une réorganisation d’entreprise et favoriser une prise de décision stable, il est souhaitable de solliciter l’assistance d’un avocat disposant d’une expérience en la matière.










