CONTENTS
- 1. Rémunération des administrateurs | Cadre juridique et évolution récente de la jurisprudence

- - Fondement juridique et caractère impératif des règles relatives à la rémunération des administrateurs
- - Étendue de la rémunération des administrateurs
- - Principales évolutions de la jurisprudence récente
- 2. Rémunération des administrateurs | Nécessité d’une résolution de l’assemblée générale et d’une décision du conseil d’administration

- - Appréciation du versement d’une rémunération sans résolution de l’assemblée générale
- - Structure et limites de l’approbation du plafond de rémunération
- - Tendance récente concernant l’absence de décision du conseil d’administration
- 3. Rémunération des administrateurs | Responsabilité juridique en cas de versement irrégulier

- - Obligation de restitution de l’enrichissement sans cause
- - Effets juridiques de l’élargissement des restrictions du droit de vote
- - Effets juridiques des vices affectant une résolution
- 4. Rémunération des administrateurs | Principaux éléments à vérifier par les entreprises

- - Liste des éléments à vérifier
- - Assistance du groupe de droit des affaires
1. Rémunération des administrateurs | Cadre juridique et évolution récente de la jurisprudence
La rémunération des administrateurs est directement liée à la gouvernance de l’entreprise et fait l’objet d’un encadrement strict par la Loi commerciale et la jurisprudence coréennes.
La jurisprudence récente tend notamment à renforcer la responsabilité en cas de non-respect de la procédure de versement de la rémunération, ce qui influe sur l’ensemble de la structure interne de prise de décision des entreprises.
Fondement juridique et caractère impératif des règles relatives à la rémunération des administrateurs
L’article 388 de la Loi commerciale dispose que, lorsque le montant de la rémunération des administrateurs n’est pas fixé par les statuts, il doit l’être par une résolution de l’assemblée générale des actionnaires. Cette disposition impérative vise à empêcher les administrateurs de rechercher un avantage personnel dans la fixation de leur propre rémunération et à protéger les intérêts de la société, des actionnaires et des créanciers sociaux. Par conséquent, lorsque les statuts prévoient que la rémunération des administrateurs est fixée par une résolution de l’assemblée générale, un administrateur ne peut exercer un droit au paiement en l’absence de preuve d’une résolution portant notamment sur le montant, les modalités et la date du versement. La « rémunération des administrateurs » comprend toute contrepartie versée au titre de l’exercice de leurs fonctions, quelle que soit sa dénomination, notamment le salaire mensuel et les primes. Il en va de même des sommes versées en fonction des résultats de l’entreprise sous la dénomination de prime de performance ou de prime exceptionnelle, ainsi que de celles destinées à inciter à atteindre certains objectifs.
L’article 388 de la Loi commerciale dispose que « lorsque le montant de la rémunération des administrateurs n’est pas fixé par les statuts, il doit l’être par une résolution de l’assemblée générale des actionnaires ».
Cette disposition est considérée comme impérative et, selon l’arrêt de la Cour suprême du 2020. 4. 9., affaire 2018다290436, une approbation a posteriori ou un accord interne ne suffit généralement pas à remédier à l’irrégularité.
Ce caractère impératif découle des objectifs suivants.
• Empêcher toute sortie arbitraire d’actifs de la société
• Protéger les intérêts des actionnaires et des créanciers
La rémunération des administrateurs peut ainsi être considérée comme un mécanisme de contrôle de la gouvernance de l’entreprise.
Étendue de la rémunération des administrateurs
Catégorie | Inclusion | Critère d’appréciation |
Salaire annuel | Inclus | Rémunération de base |
Indemnités | Incluses | Versement lié aux fonctions |
Primes | Incluses | Liées aux résultats |
Prime exceptionnelle de performance | Incluse | Contrepartie des fonctions |
Indemnité de départ | Incluse | Contrepartie des fonctions exercées pendant le mandat |
La qualification de rémunération des administrateurs dépend de sa nature réelle, indépendamment de sa dénomination.
Selon l’arrêt de la Cour suprême du 2020. 4. 9., affaire 2018다290436, une prime exceptionnelle de performance constitue également une rémunération dès lors qu’elle est versée en contrepartie de l’exercice des fonctions d’administrateur.
La Cour suprême considère également de manière constante que l’indemnité de départ constitue une rétribution versée en contrepartie des fonctions exercées pendant le mandat et qu’elle est donc comprise dans la rémunération des administrateurs.
Principales évolutions de la jurisprudence récente
L’évolution récente de la jurisprudence permet de dégager les orientations suivantes concernant l’encadrement de la rémunération des administrateurs.
• Élargissement continu de la notion de rémunération selon un critère matériel
• Renforcement de la responsabilité en cas de violation de la procédure
• Élargissement des restrictions du droit de vote des personnes intéressées
En particulier, selon l’arrêt de la Cour suprême du 2025. 4. 24., affaire 2025다210138, un actionnaire qui est également administrateur est considéré comme ayant un intérêt particulier, y compris lors d’une résolution fixant le plafond de rémunération, de sorte que son droit de vote est restreint.
Cette décision est considérée comme l’application d’un contrôle plus strict à une procédure de fixation de la rémunération qui était auparavant relativement souple.
Cette orientation influe désormais sur l’ensemble de la structure de fixation de la rémunération au sein des entreprises.
2. Rémunération des administrateurs | Nécessité d’une résolution de l’assemblée générale et d’une décision du conseil d’administration

La rémunération des administrateurs doit principalement être fixée par une résolution de l’assemblée générale des actionnaires, mais cette compétence peut être déléguée au conseil d’administration dans certaines limites.
Si cette procédure n’est pas respectée, le fondement juridique même du versement de la rémunération peut être remis en cause.
Appréciation du versement d’une rémunération sans résolution de l’assemblée générale
En principe, la rémunération des administrateurs doit être fixée par une résolution de l’assemblée générale des actionnaires. À défaut, l’existence même du droit à rémunération peut être écartée.
La Cour suprême considère que la charge de prouver l’existence d’une résolution de l’assemblée générale incombe à l’administrateur (arrêt de la Cour suprême du 2015. 9. 10., affaire 2015다213308) et que la rémunération versée sans résolution doit être restituée au titre de l’enrichissement sans cause (arrêt de la Cour suprême du 2020. 4. 9., affaire 2018다290436).
Cette orientation jurisprudentielle signifie qu’une approbation a posteriori ou un accord interne suffit difficilement à régulariser un vice de procédure.
Structure et limites de l’approbation du plafond de rémunération
En pratique, l’assemblée générale des actionnaires approuve généralement uniquement le montant total de la rémunération et délègue au conseil d’administration la fixation des rémunérations individuelles.
La Cour suprême admet cette structure en elle-même, mais considère que la délégation au conseil d’administration n’est possible que dans des limites précises et qu’une délégation générale n’est pas autorisée.
Tendance récente concernant l’absence de décision du conseil d’administration
Concernant la rémunération des administrateurs versée sans décision du conseil d’administration, les juridictions inférieures tendent à considérer qu’il s’agit d’un paiement dépourvu de fondement juridique et soumis à restitution au titre de l’enrichissement sans cause.
Ainsi, le jugement du tribunal de district de l’ouest de Séoul de la République de Corée du 2021. 11. 4., affaire 2020가단306634 et le jugement du tribunal de district du sud de Séoul du 2022. 12. 15., affaire 2022가단237856 ont également considéré, dans le même sens, que le versement d’une rémunération sans décision du conseil d’administration était contraire au droit.
Ces décisions permettent de dégager la structure suivante.
Situation | Appréciation juridique |
Seule l’approbation du plafond par l’assemblée générale existe | Insuffisant |
Absence de décision du conseil d’administration | Absence de fondement du versement |
Rémunération déjà versée | Restitution de l’enrichissement sans cause |
Cette jurisprudence peut avoir une incidence importante sur les pratiques habituellement suivies pour le versement des rémunérations.
3. Rémunération des administrateurs | Responsabilité juridique en cas de versement irrégulier
Le fondement juridique du versement de la rémunération des administrateurs n’est reconnu que si la procédure de décision exigée par la Loi commerciale est respectée.
À défaut, le versement de cette rémunération peut engager la responsabilité civile.
Obligation de restitution de l’enrichissement sans cause
Selon l’article 741 de la Loi civile de la République de Corée, toute personne ayant obtenu un avantage sans cause légale doit le restituer.
En matière de rémunération des administrateurs, lorsque le versement est effectué sans résolution de l’assemblée générale des actionnaires ou sans décision du conseil d’administration, son fondement juridique n’est pas reconnu.
La rémunération est alors considérée comme une prestation dépourvue de cause légale et le montant versé doit être restitué.
Ainsi, un vice affectant la procédure de décision relative à la rémunération des administrateurs peut priver le versement de tout fondement et soulever la question de la restitution de l’intégralité des sommes déjà versées.
Effets juridiques de l’élargissement des restrictions du droit de vote
Lors de l’adoption d’une résolution sur la rémunération des administrateurs, le droit de vote d’un actionnaire ayant un intérêt direct dans cette rémunération peut être restreint.
La jurisprudence récente tend à interpréter cette restriction de manière large, en l’appliquant non seulement à la fixation d’une rémunération individuelle, mais aussi aux étapes préalables de décision telles que la fixation du plafond de rémunération.
• Risque de contestation de la validité de la résolution fixant le plafond de rémunération
• Remise en cause du fondement du versement de la rémunération en raison d’un vice de la résolution
• Réexamen de la validité des résolutions antérieures et risque accru de litiges
Cette interprétation renforce le niveau de contrôle applicable à l’ensemble des résolutions relatives à la rémunération et peut produire les effets juridiques précités.
Effets juridiques des vices affectant une résolution
Lorsqu’une résolution présente l’un des vices suivants, elle peut être déclarée nulle ou annulée.
• Non-respect du quorum légal ou statutaire
• Vice de procédure substantiel
En présence d’un tel vice, le versement de la rémunération des administrateurs fondé sur cette résolution peut difficilement être reconnu comme régulier.
La restitution de la rémunération déjà versée peut alors être demandée.
4. Rémunération des administrateurs | Principaux éléments à vérifier par les entreprises

Afin de prévenir les litiges relatifs à la rémunération des administrateurs, il convient de vérifier au préalable la structure et la procédure de fixation de cette rémunération.
Liste des éléments à vérifier
Éléments à vérifier |
|---|
Le plafond ou les critères de rémunération sont-ils clairement fixés par l’assemblée générale des actionnaires ? |
Chaque rémunération individuelle a-t-elle été précisément fixée par une décision du conseil d’administration ? |
Les critères de calcul et les modalités de versement de la rémunération sont-ils consignés dans des documents internes ? |
Les restrictions du droit de vote des actionnaires qui sont également administrateurs ont-elles été correctement prises en compte ? |
Certaines rémunérations versées antérieurement sont-elles susceptibles de présenter un vice de procédure ? |
En particulier, lorsque seul un plafond de rémunération a été fixé et que les versements effectifs ont ensuite été effectués selon les pratiques habituelles, une vérification préalable est nécessaire, car les critères récents peuvent soulever des difficultés juridiques.
Assistance du groupe de droit des affaires
Les avocats du Cabinet d’avocats Daeryun spécialisés en droit des affaires fournissent des conseils juridiques portant notamment sur la vérification des systèmes de rémunération, la réorganisation des procédures de décision et l’élaboration de stratégies de gestion des litiges.
▶ Examen des vices de procédure susceptibles de survenir lors de la fixation du plafond et des rémunérations individuelles, et proposition de mesures de révision des statuts et des règles internes
▶ Examen des difficultés juridiques relatives aux rémunérations déjà versées, calcul de l’étendue de la restitution de l’enrichissement sans cause et élaboration d’une stratégie de réponse
▶ Analyse de l’étendue de la responsabilité de la société et de ses dirigeants en cas de litige, notamment dans le cadre d’une action sociale exercée par un actionnaire, et proposition de mesures adaptées à chaque étape de la procédure
▶ Examen des questions de gouvernance liées notamment aux restrictions du droit de vote et à la validité des résolutions, et mise en place de mesures de contrôle interne visant à prévenir de futurs litiges
En cas de préoccupations relatives à un vice de procédure ou à un risque de litige concernant la rémunération des administrateurs, une consultation avec un 🔗avocat spécialisé en droit des affaires peut permettre de procéder à une vérification préalable et d’élaborer une stratégie adaptée.











