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Analyses de cas / Actualités juridiques

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Loi portant dispositions spéciales relatives au traitement des accidents de la circulation | Analyse de l’arrêt de la Cour suprême selon lequel les 12 cas de faute grave ne s’appliquent pas au conducteur ayant causé un accident en franchissant une ligne blanche continue

La Cour suprême de la République de Corée a rendu, pour la première fois depuis plus de 20 ans, une décision modifiant sa jurisprudence sur la portée de la « ligne blanche continue » visée par la Loi portant dispositions spéciales relatives au traitement des accidents de la circulation. Examinons cette décision en détail.

CONTENTS
  • 1. Contentieux relatif à la Loi portant dispositions spéciales relatives au traitement des accidents de la circulation : déroulement détaillé des faits
    • - Contentieux relatif à la Loi portant dispositions spéciales relatives au traitement des accidents de la circulation : dispositions applicables
  • 2. Contentieux relatif à la Loi portant dispositions spéciales relatives au traitement des accidents de la circulation : quelle a été l’appréciation des juridictions inférieures ?
  • 3. Contentieux relatif à la Loi portant dispositions spéciales relatives au traitement des accidents de la circulation : quelle a été l’appréciation de la Cour suprême ?
  • 4. Contentieux relatif à la Loi portant dispositions spéciales relatives au traitement des accidents de la circulation : quelle est l’approche de Daeryun ?

1. Contentieux relatif à la Loi portant dispositions spéciales relatives au traitement des accidents de la circulation : déroulement détaillé des faits

Dans cette affaire, le prévenu était M. A, renvoyé devant le tribunal pour infraction à la Loi portant dispositions spéciales relatives au traitement des accidents de la circulation.

En 2021, M. A circulait sur la première voie d’une route à quatre voies dans le même sens lorsqu’il a franchi une ligne blanche continue pour se diriger vers la deuxième voie.

Toutefois, un taxi privé qui circulait alors sur la deuxième voie a freiné brusquement pour éviter une collision avec le véhicule de M. A. Le passager du taxi a été blessé lors de cette manœuvre.

Le parquet a estimé que la ligne blanche continue franchie par M. A constituait une « signalisation d’interdiction de circuler » et que l’accident ainsi causé relevait de l’un des 12 cas de faute grave susceptibles d’entraîner une sanction pénale.

Il a donc poursuivi M. A pour infraction à la Loi portant dispositions spéciales relatives au traitement des accidents de la circulation.

Contentieux relatif à la Loi portant dispositions spéciales relatives au traitement des accidents de la circulation : dispositions applicables

En règle générale, lorsqu’un conducteur cause un accident de la circulation qui blesse une personne, il peut ne pas être sanctionné si la victime ne souhaite pas qu’il le soit ou s’il a souscrit une assurance automobile tous risques.

Toutefois, si l’accident relève des « 12 fautes lourdes principales en matière d’accidents de la circulation » présentées ci-dessous, le conducteur est sanctionné indépendamment de la volonté de la victime.

Lorsqu’une personne est impliquée dans un accident de la circulation, il est donc essentiel de déterminer si celui-ci relève des « 12 fautes lourdes principales ».

Examinons les dispositions applicables afin de déterminer quels types d’accidents relèvent de ces 12 fautes lourdes principales.

■ Article 3 de la Loi portant dispositions spéciales relatives au traitement des accidents de la circulation (Dispositions spéciales en matière de sanction)
② Aucune poursuite ne peut être engagée, contre la volonté expressément exprimée par la victime, à l’encontre du conducteur d’un véhicule qui, par la circulation de celui-ci, a commis parmi les infractions visées au paragraphe 1 une infraction de blessures par imprudence professionnelle ou de blessures par faute lourde, ou l’infraction prévue à l’article 151 de la « Loi sur la circulation routière ». Toutefois, il en va autrement lorsque le conducteur, après avoir commis parmi les infractions visées au paragraphe 1 une infraction de blessures par imprudence professionnelle ou de blessures par faute lourde, prend la fuite sans adopter les mesures prévues à l’article 54, paragraphe 1, de la « Loi sur la circulation routière », notamment porter secours à la victime, ou déplace la victime hors du lieu de l’accident, l’abandonne puis prend la fuite ; lorsqu’après avoir commis la même infraction, il refuse de se soumettre à une demande de dépistage d’alcoolémie en violation de l’article 44, paragraphe 2, de la « Loi sur la circulation routière » ; ou lorsque la même infraction résulte de l’un des actes énumérés ci-dessous.


1. Lorsque le conducteur ne respecte pas les signaux affichés par un feu de circulation ou les signaux donnés par un agent de police chargé de régler la circulation conformément à l’article 5 de la « Loi sur la circulation routière », ou conduit en violation des indications d’un panneau de sécurité prescrivant une interdiction de circuler ou un arrêt temporaire

2. Lorsque le conducteur franchit la ligne médiane en violation de l’article 13, paragraphe 3, de la « Loi sur la circulation routière », ou traverse la chaussée, effectue un demi-tour ou recule en violation de l’article 62 de la même loi

3. Lorsque le conducteur dépasse de 20 kilomètres par heure la limitation de vitesse prévue à l’article 17, paragraphe 1, ou à l’article 17, paragraphe 2, de la « Loi sur la circulation routière »

4. Lorsque le conducteur enfreint les règles relatives aux modalités, aux périodes ou aux lieux d’interdiction de dépassement prévues à l’article 21, paragraphe 1, à l’article 22 et à l’article 23 de la « Loi sur la circulation routière », ou l’interdiction de s’insérer dans une file, ou conduit en violation des modalités de dépassement sur autoroute prévues à l’article 60, paragraphe 2, de la même loi

5. Lorsque le conducteur enfreint les modalités de franchissement d’un passage à niveau prévues à l’article 24 de la « Loi sur la circulation routière »

6. Lorsque le conducteur manque à l’obligation de protéger les piétons sur un passage pour piétons prévue à l’article 27, paragraphe 1, de la « Loi sur la circulation routière »

7. Lorsque le conducteur conduit, en violation de l’article 43 de la « Loi sur la circulation routière », de l’article 26 de la « Loi sur la gestion des engins de construction » ou de l’article 96 de la « Loi sur la circulation routière », sans avoir obtenu de permis de conduire ou de permis de conduite d’engins de construction, ou sans être titulaire d’un permis de conduire international. Lorsque le permis de conduire ou le permis de conduite d’engins de construction est suspendu, ou que la conduite est interdite, le conducteur est réputé ne pas avoir obtenu ce permis ou ne pas être titulaire d’un permis de conduire international.

8. Lorsque le conducteur conduit sous l’emprise de l’alcool en violation de l’article 44, paragraphe 1, de la « Loi sur la circulation routière », ou dans un état faisant craindre qu’il ne puisse conduire normalement sous l’influence de stupéfiants ou de médicaments, en violation de l’article 45 de la même loi

9. Lorsque le conducteur empiète sur le trottoir d’une route qui en est pourvue, en violation de l’article 13, paragraphe 1, de la « Loi sur la circulation routière », ou conduit en violation des modalités de franchissement du trottoir prévues à l’article 13, paragraphe 2, de la même loi

10. Lorsque le conducteur manque à l’obligation d’empêcher la chute d’un passager prévue à l’article 39, paragraphe 3, de la « Loi sur la circulation routière »

11. Lorsque le conducteur blesse un enfant en manquant, dans une zone de protection des enfants visée à l’article 12, paragraphe 3, de la « Loi sur la circulation routière », à son obligation de respecter les mesures prévues au paragraphe 1 du même article et de conduire en veillant à la sécurité des enfants

12. Lorsque le conducteur conduit sans prendre les mesures nécessaires pour empêcher la chute du chargement du véhicule, en violation de l’article 39, paragraphe 4, de la « Loi sur la circulation routière »

2. Contentieux relatif à la Loi portant dispositions spéciales relatives au traitement des accidents de la circulation : quelle a été l’appréciation des juridictions inférieures ?

La juridiction de première instance a tout d’abord rendu une décision de « rejet de l’action publique ».

Elle a considéré que le champ d’application des panneaux de sécurité mentionnés dans la Loi portant dispositions spéciales relatives au traitement des accidents de la circulation était clairement limité à l’« interdiction de circuler ou à l’arrêt temporaire ».

La juridiction a expliqué qu’une ligne blanche continue est une signalisation interdisant seulement le changement de voie, et non la circulation. Elle a donc estimé que l’argument du procureur selon lequel cette ligne devait être interprétée comme un « panneau de sécurité prescrivant une interdiction de circuler » ne pouvait être retenu.

Le parquet a interjeté appel, mais la juridiction de deuxième instance a adopté la même position que celle de première instance.

Le parquet ayant ensuite formé un pourvoi, l’affaire a été portée devant la Cour suprême de la République de Corée.

3. Contentieux relatif à la Loi portant dispositions spéciales relatives au traitement des accidents de la circulation : quelle a été l’appréciation de la Cour suprême ?

La Cour suprême de la République de Corée a également estimé que l’appréciation des juridictions inférieures ne présentait aucune erreur et a rejeté le pourvoi du procureur.

Dans le cadre du pourvoi, la question essentielle consistait également à déterminer si une « ligne blanche continue » pouvait être considérée comme une « signalisation d’interdiction de circuler ».

À l’instar des juridictions de 1re et 2e instance, la Cour suprême a jugé que le franchissement d’une ligne blanche continue ne pouvait être considéré comme une violation d’une interdiction de circuler.

La Cour suprême a notamment relevé que la Loi sur la circulation routière réglemente séparément l’interdiction de circuler et l’interdiction de changer de voie et prévoit des régimes de sanction distincts.

L’article 6, paragraphe 1, de la Loi sur la circulation routière prévoit qu’il est possible d’interdire ou de limiter la circulation sur une section déterminée lorsque cela est jugé nécessaire pour prévenir les dangers sur la route et assurer la sécurité et la fluidité de la circulation.

La violation de cette interdiction de circuler est sanctionnée conformément au point 2 de l’article 156 de la même loi.

En revanche, l’interdiction de changer de voie repose sur une autre disposition légale.

L’article 14, paragraphe 5, de la Loi sur la circulation routière dispose qu’un véhicule ne peut changer de voie dans les lieux où ce changement est expressément interdit par une signalisation de sécurité.

La violation de l’interdiction de changer de voie est, quant à elle, sanctionnée conformément au point 1 de l’article 156 de la même loi.

La Cour suprême a ainsi relevé que l’« interdiction de circuler » et l’« interdiction de changer de voie » reposent sur des normes distinctes. Elle a estimé qu’interpréter ces deux interdictions de la même manière afin d’appliquer les « 12 fautes lourdes principales » dépassait le sens objectif du texte et revenait à retenir une interprétation défavorable au prévenu.

4. Contentieux relatif à la Loi portant dispositions spéciales relatives au traitement des accidents de la circulation : quelle est l’approche de Daeryun ?

Dans un arrêt rendu en 2004, la Cour suprême de la République de Corée avait jugé que les dispositions relatives aux infractions non punissables si la victime s’oppose aux poursuites et les dispositions spéciales applicables en cas de souscription d’une assurance automobile tous risques ne s’appliquaient pas aux accidents de la circulation liés au franchissement d’une ligne blanche continue.

Dans le présent arrêt, elle a toutefois modifié sa jurisprudence antérieure en jugeant qu’une ligne blanche continue ne constituait pas une signalisation de sécurité et que la règle excluant la sanction lorsque la victime s’oppose aux poursuites pouvait donc s’appliquer au conducteur ayant provoqué un accident après l’avoir franchie.

La Cour suprême a expliqué qu’elle avait interprété strictement la notion d’« interdiction de circuler » afin d’éviter que le champ des sanctions pénales ne soit indûment étendu, contrairement à l’intention du législateur.

Cette modification de la jurisprudence de la Cour suprême relative aux lignes blanches continues, intervenue après environ 20 ans, devrait également entraîner de nombreux changements dans le traitement des accidents de la circulation.

Cet arrêt ne permet toutefois pas de conclure que le franchissement d’une ligne blanche continue est autorisé sur toutes les routes.

Il signifie seulement que les « 12 fautes lourdes principales » ne s’appliquent pas lorsqu’un accord transactionnel a été conclu avec la victime et qu’une assurance automobile tous risques a été souscrite. Le franchissement d’une ligne blanche continue demeure passible d’une amende forfaitaire pour infraction routière.

En outre, le dépassement d’un autre véhicule en franchissant une ligne blanche continue sur un pont ou dans un tunnel peut faire l’objet d’une sanction pénale en vertu de dispositions distinctes.

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