Analyses de cas / Actualités juridiques

Injure envers un supérieur | La prise en compte du statut, du mobile et du lieu peut conduire à exclure l’illicéité

Nous analyserons un jugement d’un tribunal de district coréen ayant considéré que le prévenu, poursuivi du chef d’injure envers un supérieur pour avoir proféré des insultes en raison de son mécontentement à l’égard du manque d’assiduité de celui-ci, avait accompli un acte justifié excluant l’illicéité.

1. Injure envers un supérieur, quelles sont les circonstances détaillées ?

M. A, mis en cause pour injure envers un supérieur, a été renvoyé devant une juridiction pénale militaire alors qu’il était affecté à une unité située dans la province de Gangwon, pour avoir proféré des insultes à l’encontre de son supérieur, M. B, dont il était mécontent.

Peu après son arrivée dans l’unité, M. A s’est retrouvé à travailler seul parce que son supérieur, M. B, s’absentait souvent pour assurer des missions de soutien. Son mécontentement s’est alors progressivement accru.

Dans les quartiers de vie, M. A a tenu devant d’autres soldats des propos insultants envers son supérieur, M. B, en déclarant : « Le sergent-chef B se décharge toujours de son travail sur les autres, putain. Ce connard ne devrait pas toucher de salaire. »

Il a également publiquement insulté son supérieur en déclarant : « Le sergent-chef B est vraiment merdique. », au motif que les plaisanteries de M. B n’étaient pas amusantes et que celui-ci ne venait pas travailler.

M. A a donc été poursuivi du chef d’injure envers un supérieur.

M. A a soutenu que les propos insultants envers son supérieur n’avaient pas de caractère public et qu’ils constituaient l’expression d’un mécontentement légitime, de sorte qu’ils relevaient d’un acte justifié.

Injure envers un supérieur, quels sont les textes et la jurisprudence applicables ?

🔗L’injure envers un supérieur peut être considérée comme un acte portant atteinte à l’ordre de l’organisation militaire et être sanctionnée en vertu de la Loi pénale militaire de la République de Corée. Cette loi encadre strictement les injures envers un supérieur ; cette notion comprend non seulement les personnes investies d’un pouvoir de commandement, mais également celles d’un grade supérieur.

▣ Article 64 de la Loi pénale militaire de la République de Corée (injure envers un supérieur, etc.)

① Quiconque insulte un supérieur en sa présence est puni d’une peine d’emprisonnement avec ou sans travail d’une durée maximale de 2 ans.

② Quiconque insulte un supérieur en affichant publiquement un écrit, un dessin ou une effigie, en prononçant un discours ou par tout autre moyen public est puni d’une peine d’emprisonnement avec ou sans travail d’une durée maximale de 3 ans.

③ Quiconque porte publiquement atteinte à la réputation d’un supérieur en alléguant des faits est puni d’une peine d’emprisonnement avec ou sans travail d’une durée maximale de 3 ans.

④ Quiconque porte publiquement atteinte à la réputation d’un supérieur en alléguant des faits mensongers est puni d’une peine d’emprisonnement avec ou sans travail d’une durée maximale de 5 ans.

L’infraction d’injure publique envers un supérieur prévue par la Loi pénale militaire est constituée lorsqu’un supérieur est insulté dans des circonstances permettant à un nombre indéterminé ou important de personnes d’en prendre connaissance. Le degré de publicité ne doit pas nécessairement être équivalent à celui résultant de l’affichage public d’un écrit, d’un dessin ou d’une effigie, ou du prononcé d’un discours.

Cour suprême de la République de Corée, arrêt du 12 novembre 1999, 99도3801

La sanction pénale de l’infraction d’injure restreint la liberté d’expression. Dès lors, même lorsqu’un écrit contient un jugement ou une opinion comportant une expression insultante, si cette expression peut, au regard des conceptions sociales raisonnables de l’époque, être considérée comme ne contrevenant pas aux usages sociaux, elle doit être qualifiée d’acte justifié au sens de l’article 20 de la Loi pénale, excluant ainsi l’illicéité.

Voir notamment Cour suprême de la République de Corée, arrêt du 23 décembre 2005, 2005도1453

2. Injure envers un supérieur, quelle a été l’appréciation de la juridiction ?

La formation de jugement saisie du procès pénal militaire engagé pour injure envers un supérieur a statué sur l’affaire en se fondant sur les éléments constitutifs de cette infraction et sur la jurisprudence de la Cour suprême de la République de Corée.

La juridiction a tout d’abord considéré que, même si les propos de M. A exprimaient son mécontentement à l’égard du manque d’assiduité de son supérieur, ils réunissaient les éléments constitutifs de l’infraction d’injure envers un supérieur, compte tenu de leur caractère méprisant et insultant.

Pour déterminer si l’illicéité de cet acte pouvait néanmoins être exclue, elle s’est référée à l’arrêt suivant de la Cour suprême.

L’infraction d’injure envers un supérieur prévue par la Loi pénale militaire vise non seulement à protéger la considération sociale du supérieur, mais aussi à préserver l’ordre de l’organisation militaire et la chaîne de commandement. Pour déterminer si l’illicéité des propos peut être exclue en application de l’article 20 de la Loi pénale de la République de Corée (acte justifié)*, il convient de prendre conjointement en considération le statut et le rôle de la victime et du prévenu, l’existence d’une atteinte à l’ordre de l’organisation militaire et à la chaîne de commandement légitime du fait de ces propos, ainsi que le degré de cette atteinte.

Cour suprême de la République de Corée, arrêt du 19 août 2021, 2020도14576

Les propos de M. A ont été tenus dans les quartiers de vie, espace informel où se trouvaient des soldats de la même promotion et des soldats moins gradés. Les soldats de la même promotion ont déclaré les avoir compris comme la simple expression d’un mécontentement.

La juridiction a également estimé que les raisons pour lesquelles M. A éprouvait du mécontentement envers son supérieur étaient fondées.

Elle a dès lors jugé que les propos et le comportement de M. A ne pouvaient être considérés comme ayant troublé l’ordre de l’organisation militaire ou la chaîne de commandement légitime. Estimant qu’ils constituaient un acte justifié excluant l’illicéité au sens de l’article 20 de la Loi pénale, elle a déclaré M. A non coupable.


* Article 20 de la Loi pénale de la République de Corée (acte justifié) : n’est pas puni l’acte accompli en vertu d’une loi, dans l’exercice d’une activité professionnelle ou qui, pour toute autre raison, ne contrevient pas aux usages sociaux.

3. Injure envers un supérieur, quelle est la stratégie de Daeryun ?

Nous avons analysé le jugement d’un tribunal de district coréen ayant considéré que, même lorsque les éléments constitutifs de l’infraction d’injure envers un supérieur sont réunis, l’illicéité peut être exclue au titre d’un acte justifié après une appréciation globale du statut du prévenu, du mobile des propos, des particularités du lieu où ils ont été tenus et de leurs effets sur l’ordre de l’organisation militaire.

L’infraction d’injure envers un supérieur est punie d’une peine d’emprisonnement avec ou sans travail, sans possibilité d’amende pénale. Comme elle ne constitue ni une infraction non punissable si la victime s’oppose aux poursuites* ni une infraction poursuivie uniquement sur plainte de la victime*, l’enquête se poursuit même en cas d’accord transactionnel avec la victime ou de retrait de la plainte. Une personne mise en cause peut donc solliciter l’assistance d’un avocat intervenant en matière pénale militaire.

Le 🔗groupe Défense et affaires militaires de Cabinet d’avocats Daeryun réunit une équipe dédiée d’avocats intervenant en droit pénal militaire et en droit militaire, chargée d’assister les clients dans la protection de leurs droits et intérêts légitimes.

Une personne appelée à comparaître devant une juridiction pénale militaire pour des faits de cette nature peut solliciter un conseil juridique.


* Infraction non punissable si la victime s’oppose aux poursuites : infraction qui ne peut être sanctionnée lorsque la victime exprime sa volonté que l’auteur ne soit pas puni

* Infraction poursuivie uniquement sur plainte de la victime : infraction pour laquelle l’action publique ne peut être exercée en l’absence de plainte de la victime

Informations connexes

Consultez les informations juridiques liées à cette affaire.

Découvrir plus d'informations juridiques

Les principaux atouts de Daeryun

Arrière-plan des principaux atouts de Daeryun
Stratégie contentieuse fondée sur
les technologies IA et IT propres à Daeryun

Stratégie contentieuse fondée sur les technologies IA et IT propres à Daeryun

Plus de 240
membres clés

Plus de 240 membres clés

Plus de *experience_cnt* dossiers
traités par mois

Plus de 1,200 dossiers traités par mois

* 2025년 월평균 기준
Conforme à l'article 4 (1) du règlement sur la publicité du Barreau coréen

Découvrir
plus d'atouts
Flèche pour découvrir plus d'atouts

Réservez une consultation
juridique avec un avocat

Toutes les consultations sont d'abord examinées par un avocat spécialisé,
elles se déroulent donc uniquement sur rendez-vous.

Consultation téléphonique

1800-7905

Disponible 24h/24, 365 jours par an

Consultation téléphonique
Consultation en ligne

Consultation en ligne

Nous proposons des services juridiques
sur mesure pour nos clients.

Consultation par chat

Consultation par chat

Canal KakaoTalk
Avocats de Daeryun Law LLC

Demander une consultation

Membres concernés

Voir plus
Avocat Seo In-ho

Seo In-ho

T. 070-7510-3368

Juge militaire des 3e et 5e corps, juriste de la 2e et 11e division

Avocat Young Hyung Kim

Young Hyung Kim

T. 070-7510-2014

Chef des affaires juridiques, 5e Escadre de mobilité aérienne, Force aérienne, Procureur militaire, 5e Escadre de mobilité aérienne, Force aérienne

Domaines de pratique associés

Voir plus

Consulter dans d'autres langues

Chroniques populaires

Voir plus

Précédent

Action en réduction pour atteinte à la réserve héréditaire | Analyse d’un arrêt d’une haute cour coréenne qualifiant d’« avantage successoral particulier » du mari la donation consentie à son épouse par ses parents avant son décès

Suivant

Transporteur de stupéfiants | L’envoi en taxi de méthamphétamine importée en République de Corée constituait une aide postérieure à l’infraction et a donné lieu à une décision déclarant la personne non coupable

Voir la liste
Quick Menu

Chat