CONTENTS
- 1. Évolution des droits antidumping en République de Corée : forte hausse des demandes, concentration sur la Chine et diversification des secteurs

- - Analyse de cas récents concernant les droits antidumping
- - Évolution internationale des droits antidumping
- 2. Droits antidumping : renforcement de la protection des secteurs stratégiques et reconfiguration des chaînes d’approvisionnement

- - Évolution possible du mécanisme de détermination des droits antidumping : du « quantitatif » au « politique »
- - Au-delà de la défense, la question d’une utilisation stratégique
- - Types d’entreprises relativement sensibles à l’évolution du contexte antidumping
- 3. Droits antidumping : nécessité d’une réponse juridique face à l’évolution du contexte antidumping

- - Structuration de la réponse initiale à une enquête antidumping
- - Examen préalable des prix, des coûts et de la structure contractuelle
- - Examen de la possibilité de recourir aux mécanismes de défense commerciale et réponse intégrée
1. Évolution des droits antidumping en République de Corée : forte hausse des demandes, concentration sur la Chine et diversification des secteurs

En 2025, 13 demandes d’ouverture d’une enquête antidumping ont été déposées en République de Corée, soit le nombre le plus élevé jamais enregistré.
Parmi elles, 9 visaient des entreprises chinoises, ce qui représente la proportion la plus importante, contre 3 pour l’UE et 1 pour le Japon. Sur ce total, 10 ont effectivement donné lieu à l’ouverture d’une enquête.
La répartition par secteur montre que, si les matériaux de base tels que l’acier, les métaux non ferreux et les produits pétrochimiques restent prédominants, le champ d’application s’étend désormais aux industries de pointe.
Analyse de cas récents concernant les droits antidumping
• Ouverture d’enquêtes antidumping sur des produits pétrochimiques
• Fixation, pour certaines entreprises, de taux provisoires compris entre 21,17 % et 43,60 % au maximum sur les robots industriels
Le cas des robots industriels est notamment considéré comme emblématique de l’extension des mesures antidumping au-delà de l’industrie manufacturière traditionnelle, jusque dans les secteurs de pointe.
Le gouvernement coréen considère ce dispositif comme un moyen de protection de l’industrie. Son intention d’utiliser les droits antidumping comme instrument de politique publique destiné à protéger l’industrie nationale apparaît de plus en plus clairement.
Évolution internationale des droits antidumping
• Recours actif à ces mesures par de grandes économies telles que les États-Unis, l’UE, l’Inde et le Brésil
• Élargissement des produits visés : acier, aluminium, produits chimiques, équipements solaires, batteries et composants de véhicules électriques
Les États-Unis et l’UE continuent notamment de renforcer les mesures antidumping visant principalement les produits chinois dans les secteurs de la sidérurgie et des industries respectueuses de l’environnement. L’Inde a elle aussi considérablement augmenté le nombre d’ouvertures d’enquêtes ces dernières années.
Cette évolution révèle une tendance commune : l’antidumping n’est plus un simple différend industriel ponctuel, mais s’impose comme un « instrument permanent de politique commerciale ».
2. Droits antidumping : renforcement de la protection des secteurs stratégiques et reconfiguration des chaînes d’approvisionnement
Les mesures antidumping récentes tendent à s’étendre au-delà des industries manufacturières traditionnelles, telles que la sidérurgie et la chimie, pour atteindre des secteurs stratégiques comme les robots industriels, les batteries et les composants de véhicules électriques.
Cette évolution montre que les différents États font de la compétitivité de leur industrie nationale et de la stabilité des chaînes d’approvisionnement des objectifs de politique publique.
L’augmentation de la proportion d’enquêtes visant des produits chinois est notamment interprétée comme un phénomène structurel lié à la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Dans un contexte d’intensification des tensions commerciales et de la concurrence technologique entre les États-Unis et la Chine, l’antidumping joue progressivement le rôle d’un instrument de politique commerciale associé aux stratégies industrielles.
Évolution possible du mécanisme de détermination des droits antidumping : du « quantitatif » au « politique »
Jusqu’à présent, les droits antidumping étaient calculés de manière quantitative, principalement en fonction de la marge de dumping et de l’ampleur du préjudice subi par l’industrie nationale.
Le gouvernement coréen envisage toutefois d’intégrer les facteurs suivants au processus de détermination des droits.
▶ Structure du marché national
▶ Stabilité des prix
▶ Relations de coopération commerciale
Cette évolution laisse entrevoir le passage à un mécanisme dans lequel des appréciations relevant de la politique publique pourraient intervenir dans la fixation des taux.
Si les facteurs qualitatifs étaient effectivement pris en compte, une même marge de dumping pourrait donner lieu à des taux différents selon la situation du secteur concerné ou l’environnement commercial.
Cette évolution pourrait réduire la prévisibilité des droits. Pour les entreprises dont les exportations représentent une part importante de l’activité, elle constitue notamment une variable imposant de réexaminer l’ensemble de leur stratégie tarifaire et de leur structure contractuelle.
Au-delà de la défense, la question d’une utilisation stratégique
Le dispositif antidumping constitue à la fois un risque et un instrument stratégique.
Pour les entreprises manufacturières coréennes, les mécanismes de défense commerciale peuvent permettre d’ajuster l’environnement concurrentiel lorsqu’une distorsion des prix résulte de produits importés.
Des droits provisoires situés entre la partie haute des taux à deux chiffres et la tranche des 30 % ont récemment été imposés sur des produits sidérurgiques tels que les tôles fortes originaires de Chine. Pour les robots industriels, des taux provisoires compris entre 21,17 % et 43,60 % au maximum ont été fixés à l’égard de certaines entreprises.
Les ouvertures d’enquêtes antidumping sur des produits pétrochimiques se poursuivent également.
Ces cas montrent que le dispositif antidumping exerce une incidence directe sur la structure des prix du marché.
Autrement dit, l’antidumping ne relève plus seulement d’une réponse défensive, mais devient un instrument susceptible d’être envisagé dans le cadre d’une stratégie industrielle.
Types d’entreprises relativement sensibles à l’évolution du contexte antidumping
Type d’entreprise | Principaux points à prendre en considération |
Entreprises fortement dépendantes des exportations | Évolution de la structure du chiffre d’affaires à la suite de l’ouverture d’une enquête et de l’imposition de droits |
Entreprises manufacturières en concurrence directe avec des entreprises chinoises ou de l’UE | Probabilité accrue d’une enquête en cas d’intensification de la concurrence par les prix |
Entreprises produisant des produits à forte valeur ajoutée ou de pointe | Risque d’exposition lié à l’élargissement du champ des enquêtes |
Entreprises présentant une structure de coûts complexe | Risque d’une appréciation défavorable lors du calcul de la marge de dumping |
La forte augmentation des enquêtes antidumping et les débats relatifs à l’évolution du mécanisme de détermination des droits peuvent signaler une transformation structurelle de l’environnement commercial.
Les entreprises doivent donc éviter de considérer cette évolution comme un enjeu à court terme et l’intégrer à leur stratégie commerciale à moyen et long terme, tout en réorganisant leur dispositif de réponse.
3. Droits antidumping : nécessité d’une réponse juridique face à l’évolution du contexte antidumping
L’augmentation des enquêtes antidumping et l’évolution du mécanisme de détermination des droits ne constituent pas de simples actualités commerciales, mais des variables susceptibles d’avoir une incidence directe sur la gestion des entreprises.
Dès lors que des facteurs relevant de la politique publique pourraient jouer un rôle accru dans le calcul des taux, l’examen préalable des structures devient plus important qu’une réponse intervenant après les faits.
Structuration de la réponse initiale à une enquête antidumping
Après l’ouverture d’une enquête, les entreprises sont tenues de présenter des documents dans un délai limité et de fournir des explications sur la méthode de calcul de la marge de dumping.
La définition précise, dès le stade initial, du périmètre des documents et de l’argumentation à présenter peut avoir une incidence importante sur la fixation du taux.
Examen préalable des prix, des coûts et de la structure contractuelle
Les prix à l’exportation, les conditions des opérations intragroupe, les politiques de remise et la structure des contrats d’approvisionnement à long terme servent de données de référence pour apprécier l’existence d’un dumping.
Un examen et une réorganisation préalables de ces structures peuvent contribuer à réduire les risques liés à de futures enquêtes et la probabilité de différends.
Examen de la possibilité de recourir aux mécanismes de défense commerciale et réponse intégrée

En cas de préjudice causé par des produits importés, il convient d’examiner la possibilité de demander l’ouverture d’une enquête et de mettre en place un dispositif d’analyse globale intégrant les aspects douaniers et comptables.
Les questions antidumping se situent à la croisée des domaines douanier, comptable et commercial.
Les avocats spécialisés en droit des entreprises du Cabinet d'avocats Daeryun collaborent ainsi avec un conseiller interne spécialisé en douane et titulaire d’une qualification professionnelle coréenne en matière douanière afin de mettre en place un dispositif d’examen global de la marge de dumping et de la stratégie de réponse.
Pour les entreprises dont les exportations représentent une part importante de l’activité ou qui sont en concurrence directe avec des entreprises chinoises ou de l’UE, un examen ponctuel des risques commerciaux peut être pertinent.
Lorsque le mécanisme de détermination des droits évolue, l’examen préalable et la gestion structurée prennent davantage d’importance qu’une réponse ponctuelle.
Une approche consistant à gérer les risques commerciaux comme des variables stratégiques est alors nécessaire.










