CONTENTS
- 1. Qu’est-ce que l’étomidate ?

- - Classement parmi les stupéfiants et renforcement de la réglementation par le ministère coréen de la Sécurité des aliments et des médicaments
- 2. Administration illicite d’étomidate par un médecin : 4 ans d’emprisonnement avec travail

- - Synthèse des questions juridiques
- - Critères retenus par la Cour suprême
- - Mécanisme de réduction de la peine
- 3. Points à prendre en compte par le personnel médical concernant l’étomidate

- - Si une assistance est nécessaire
1. Qu’est-ce que l’étomidate ?
L’étomidate est un médicament injectable par voie intraveineuse utilisé pour l’induction de l’anesthésie générale. Il est initialement destiné à réduire rapidement l’état de conscience du patient lors d’actes médicaux tels qu’une intervention chirurgicale.
Toutefois, en raison de son action relativement rapide et de la récupération qu’il permet, son usage inapproprié ou abusif à des fins d’induction du sommeil dans certains établissements médicaux est devenu un problème de société.
Il est notamment utilisé d’une manière similaire au propofol, et les cas d’utilisation non médicale ont augmenté au point qu’il est surnommé « le second propofol ».
Un tel usage inapproprié ou abusif dépasse le cadre d’un écart dans la pratique médicale et présente un risque important pour la santé des patients. Lorsqu’il s’accompagne d’administrations répétées et de transactions financières, il peut donner lieu à des sanctions pénales.
Classement parmi les stupéfiants et renforcement de la réglementation par le ministère coréen de la Sécurité des aliments et des médicaments
L’étomidate était initialement soumis au régime des « médicaments présentant un risque d’usage inapproprié ou abusif ». Toutefois, la persistance des cas d’administration illicite a fait apparaître la nécessité de renforcer sa réglementation.
En conséquence, le ministère de la Sécurité des aliments et des médicaments de la République de Corée a classé l’étomidate parmi les substances psychotropes et l’a intégré au régime de la Loi sur le contrôle des stupéfiants.
Cela signifie que l’ensemble du processus, de l’importation à la distribution et à l’administration, relève désormais du contrôle de l’État.
Son classement parmi les stupéfiants a notamment entraîné une obligation de déclaration à chaque étape de sa manipulation. Le gouvernement peut désormais suivre en temps réel son utilisation, ce qui permet de détecter rapidement les administrations anormales et les cas d’usage inapproprié ou abusif.
Ce renforcement de la réglementation est considéré comme une mesure préventive prise en réponse à l’augmentation de l’utilisation illicite de l’étomidate comme produit de substitution au propofol.
2. Administration illicite d’étomidate par un médecin : 4 ans d’emprisonnement avec travail

Un médecin de Séoul ayant administré illégalement de l’étomidate à des patients a récemment fait l’objet d’une condamnation définitive à 4 ans d’emprisonnement avec travail.
Le médecin, qui exploitait une clinique de médecine interne à Gangnam, à Séoul, a été poursuivi pour avoir administré de l’étomidate à 75 patients sur la période allant de 2019 à 2024 inclus, pour un total d’au moins 5 000 administrations, et pour en avoir tiré des revenus d’environ 1 200 000 000 de wons sud-coréens.
Dans ce cadre, le médicament était injecté par un assistant infirmier à la demande des patients, ce qui a soulevé la question d’infractions à la Loi sur les services médicaux, à la Loi sur les affaires pharmaceutiques et à la Loi sur le contrôle des infractions portant atteinte à la santé publique.
L’affaire a été mise au jour lorsque la police a obtenu les images de vidéosurveillance de la clinique au cours de l’enquête sur une autre affaire. Les images montraient que de l’étomidate était administré de manière répétée à de nombreux patients.
Synthèse des questions juridiques
Dans cette affaire, outre le caractère illicite des administrations, les principales questions juridiques examinées étaient les suivantes.
• L’illégalité de l’administration répétée d’étomidate à des fins d’induction du sommeil ou à d’autres fins similaires
• La question de savoir si l’administration par l’intermédiaire d’un assistant médical constituait une infraction à la Loi sur les services médicaux
• L’admissibilité comme preuves des enregistrements de vidéosurveillance obtenus lors de la perquisition et saisie
• L’étendue de la responsabilité pénale selon que les preuves recueillies illégalement étaient ou non exclues
Critères retenus par la Cour suprême
La Cour suprême de la République de Corée a confirmé la décision de la juridiction de deuxième instance, rendant définitive la peine de 4 ans d’emprisonnement avec travail.
Les administrations répétées à but lucratif sont illégales
La Cour suprême a considéré que le fait d’administrer de manière répétée de l’étomidate à des fins de commodité, notamment pour induire le sommeil, plutôt qu’à des fins thérapeutiques, et d’en tirer des revenus ne pouvait être considéré comme un acte médical légitime.
Le fait que le produit ait été administré par du personnel auxiliaire n’ayant pas la qualité de professionnel de santé a également renforcé le caractère illégal des actes.
Application de la règle d’exclusion des preuves recueillies illégalement
La décision la plus importante dans cette affaire concernait l’admissibilité des preuves.
Les autorités chargées de l’enquête avaient examiné des enregistrements de vidéosurveillance sans rapport avec le mandat initial. La juridiction a considéré cet examen comme un acte d’enquête illégal.
La Cour suprême a énoncé les critères suivants.
• En cas de découverte d’informations sans rapport avec l’objet du mandat, les recherches supplémentaires doivent être interrompues
• La poursuite de l’examen sans mandat distinct est illégale
• Les preuves recueillies illégalement ne peuvent être déclarées admissibles
En conséquence, certains enregistrements de vidéosurveillance et les faits d’administration établis sur leur fondement ont été exclus des preuves, et les faits concernés ont donné lieu à une décision déclarant le prévenu non coupable.
Mécanisme de réduction de la peine
En première instance, une peine de 6 ans d’emprisonnement avec travail avait été prononcée. En deuxième instance, l’exclusion des preuves recueillies illégalement a empêché que certains faits infractionnels soient retenus, et la peine a été réduite à 4 ans.
La Cour suprême a également jugé cette décision fondée et a rejeté le pourvoi.
3. Points à prendre en compte par le personnel médical concernant l’étomidate

L’examen de cette affaire relative à l’étomidate et du renforcement de sa réglementation montre que la finalité, les modalités et le caractère répété des administrations constituent des critères d’appréciation essentiels.
Tout d’abord, une administration à des fins de commodité, notamment pour induire le sommeil, plutôt qu’à des fins thérapeutiques, peut difficilement être reconnue comme un acte médical. Lorsqu’elle est répétée et effectuée en contrepartie d’un paiement, le risque de sanction pénale augmente sensiblement.
En outre, si le professionnel de santé n’effectue pas lui-même l’acte et confie l’administration à du personnel auxiliaire, tel qu’un assistant médical, une infraction à la Loi sur les services médicaux peut également être en cause.
Dans une affaire pénale, la licéité du processus de recueil des preuves constitue par ailleurs une variable aussi importante que l’acte illégal lui-même.
Dans la présente affaire, l’illégalité de la procédure de perquisition et saisie a effectivement été reconnue, ce qui a entraîné l’exclusion de certaines preuves et la réduction de la peine.
Si une assistance est nécessaire
Dans les affaires concernant des médicaments soumis à une réglementation renforcée, comme l’étomidate, il convient donc d’examiner dès le stade initial les modalités de recueil des preuves, la stratégie à adopter face à l’enquête et les questions juridiques en cause. Une intervention tardive peut avoir des conséquences défavorables.
Depuis son classement parmi les stupéfiants, les manquements aux obligations de gestion et de déclaration peuvent également être mis en cause. Les établissements médicaux et les professionnels concernés doivent donc respecter rigoureusement les règles juridiques applicables à toutes les étapes de la manipulation du produit.
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